22e Journée Mondiale du Livre et du Droit d’auteur

Aujourd’hui, c’est la 22e Journée Mondiale du livre et du droit d’auteur.
Cette manifestation créée en 1995 par l’UNESCO a pour but de promouvoir la lecture, la publication écrite et le droit d’auteur à travers le monde.
Chaque année, l’UNESCO désigne une Capitale Mondiale du Livre. En 2017, c’est Conakry, la capitale de la République de Guinée qui est primée pour sa politique volontariste dans les domaines de la création littéraire et de la lecture publique en faveur de l’alphabétisation de sa population.
L’année prochaine, c’est Athènes qui recevra cet honneur et l’appel à candidature pour 2019 est déjà en cours…
Petite anecdote pour briller en société : la date du 23 avril a été retenue pour cette journée en mémoire des morts de William Shakespeare et de Miguel de Cervantès tous deux trépassés le 23 avril 1616.
Si vous souhaitez en savoir plus rendez-vous sur le site de l’UNESCO.

A une heure où certains grands dirigeants utilisent la culture comme variable d’ajustement et voient dans le livre et la lecture publique une dépense d’argent inutile en comparaison aux armes ou au renflouement des marchés financiers, il semble bon de remettre un peu les choses en perspective.

Il semble loin le temps où Roosevelt déclarait “J’ai la ferme conviction que la démocratie ne pourra jamais être ébranlée si nous maintenons les ressources de nos bibliothèques et une intelligence nationale capable d’en faire bon usage.”

Compliquée aussi est la situation de nombreux auteurs qui vivent dans la précarité de par la prédominance de certaines maisons d’édition toutes puissantes. Il ne faut pas oublier que tous les écrivains publiés ne sont pas logés à la même enseigne que J.-K. Rowling ou G.R.R. Martin et que beaucoup ne parviennent pas à vivre décemment de leur plume.
Cette journée est aussi une bonne occasion de rendre hommage aux petites maisons d’édition qui vivent dans le respect dans de leurs auteurs que de leurs lecteurs mais qui sont accablées par la morosité ambiante. Une pensée notamment pour les Editions du Riez qui ferment leurs portes après avoir offert à mes soirées de jolies pépites comme Absynthes & démons d’Ambre Dubois ou Coeurs de Loups.
Je ne parlerai pas non plus de certains genres littéraires, à l’instar de ceux abordés ici, qui ne sont toujours pas reconnus comme tels, de par un élitisme désespérant de la société. Qui n’a jamais eu droit à un sourire condescendant en répondant « Le dernier Terry Pratchett » à la question « et toi, tu lis quoi en ce moment? » (et encore faut-il que l’interlocuteur ait déjà entendu parler de ce fantastique auteur…).
Stéphane Marsan, dirigeant des éditions Bragelonne a dit, très justement, dans un entretien au site Actualitté qu’ « On estime que l’imaginaire, c’est pour les imbéciles ou les enfants. »
Je vous conseille ce très bon article qui, même s’il n’évoque que le cas de ce petit géant des littératures de l’imaginaire et ne représente pas le cas des petites maisons d’édition sus-citées, met en avant les principes de « ségrégation culturelle et intellectuelle » et d' »acculturation » dans lesquelles nous baignons…
Bref, une journée importante de par le scrutin électoral en cours, certes, mais aussi pour la défense de ce merveilleux outil de démocratie mais aussi d’évasion qu’est le livre!