[Lecture] A l’ombre des pleurs [Cécile GUILLOT]

4e de Couverture:

Une poésie cruelle et délicate, des univers dans lesquels le sang et la magie s’entremêlent au cœur de récits troublants… Voici le voyage proposé par la plume de Cécile Guillot avec le recueil A l’ombre des pleurs. Sept histoires au parfum envoûtant, autant d’occasions pour s’évader aux frontières de l’imaginaire : Vampire tourmenté en proie à ses instincts, sorcelleries antiques et dangereuses, créatures à la séduction mortelle, âmes écorchées porteuses d’un message aux vivants… Les ténèbres ouvrent leur porte sur un monde où beauté et souffrance flirtent avec les rêves les plus inattendus.

Informations Pratiques:

L’avis de la croqueuse de livres:

 « Une poésie cruelle et délicate », voilà qui résume bien ce recueil.

Cécile Guillot a une plume très particulière, d’un douceur que j’ai rarement vu dans les littératures de l’imaginaire. Et quand elle met cette plume au service de nouvelles aussi tragiques que sensibles, il se dégage une atmosphère très particulière qui oscille entre le romantique (dans le sens littéraire du terme)  et le malsain.

Car ces nouvelles m’ont troublée et parfois mises très mal à l’aise tant elles étaient sordides, à l’instar de « Une petite fille si attentionnée » ou « Dans la chambre d’enfant« . D’autres, au contraire, étaient mélancoliques et cruelles mais sans vraiment choquer comme « Coeur de Cristal » ou « De larmes et de sang« .
Dans tous les cas, à aucun moment je n’ai été indifférente à l’atmosphère gothique et sombre de ces textes.
D’autant plus que dans chacun d’entre eux, l’auteure nous fait voyager à travers des facettes obscures mais tellement indissociables de la nature humaine. Dans « La fille aux barbelés » est une ôde à l’acceptation de la différence mais souligne combien l’être humain peut se montrer barbare. Dans « Rodways‘, qui démontre combien la liberté peut demander un terrible tribut, l’auteure dresse un constat malheureusement réaliste de ce qui pourrait arriver à quiconque se lancerait dans la même aventure que Lisa. Dans « Coeur de Cristal« , on voit que l’excès de confiance peut jouer le jeu de l’égoïsme et se retourner contre celui qui a tendu la main. Dans « Liberame« , on ressent le malaise de celui qui ne se sent pas à sa place dans notre société bâtie sur l’individualisme et rongée par le matérialisme. Dans « Nuit d’Obsidienne à Montego Bay« , on voit combien l’appel du pouvoir peut être supérieur à celui du coeur.
Ce recueil dans lequel le célèbre adage « ils vécurent heureux » n’a aucunement sa place, dresse un constat terrible et dérangeant sur la nature de l’Homme. C’est peut-être ce qui m’a laissé ce goût âcre et pénible sur la langue lorsque je l’ai terminé. J’aime quand les histoires se terminent sur un note positive. J’ai besoin de cela pour me sentir bien à la fin d’une lecture.
Ici ma soif de « tout est bien qui finit bien » n’a pas été étanchée.
Je ne peux cependant pas laisser un avis négatif sur ce livre. Je n’ai pas plus aimé que cela, ce sont ici mes goûts personnels qui guident mon ressenti, mais je suis obligée d’admettre que Cécile Guillot nous livre ici des textes d’une grande sensibilité, bien écrits, avec ce style gothique et délicat qui, si je m’en réfère à la lecture de « Fille d’Hécate », semble être sa marque de fabrique.

Bilan: 

 Ce recueil ne m’a pas spécialement plu pour les raison évoquées ci-dessus, mais il ne m’a pas déplu pour autant.
Je ne peux que le conseiller à ceux que les ambiances sordides et sombres ne gênent pas, car il est vraiment bien écrit et les histoires sont bien ficelées.

Note: ce recueil, publié à la base par les Editions Cauchemar, qui ont fermé en 2011, a été repris par les éditions du Chat Noir, mais uniquement en version numérique. La version papier n’est plus disponible, sauf peut-être d’occasion.

Note globale: 16/20