Tous les articles par Ginie

Historienne de formation, transfuge des domaines de la communication, passionnée par les livres sous toutes leurs formes, je n'ai d'autre aspiration que de vous faire partager mes lectures, mes modestes écrits... j'espère que vous prendrez du plaisir à me lire et vous souhaite bon voyage à bord de l'Ancre de Papier. A bientôt!

[Lecture] Les Chroniques des Gardella, tome 1 : Chasseurs de vampires [Colleen GLEASON]

Les Chroniques des Gardella, tome 1 : Chasseurs de vampires

4e de Couverture:

A chaque génération, un membre de la famille Gardella doit assumer la lourde responsabilité de l’héritage familial : cette fois, c’est Victoria Gardella qui devient « Vénatore », chasseuse de vampires. Dans le Londres de l’époque victorienne, la jeune femme se révèle une redoutable adversaire des créatures des ténèbres. Jusqu’au jour où une passion dévastatrice s’en mêle.

Victoria se retrouve écartelée entre son devoir familial et le célibataire le plus en vue de la capitale, le fascinant marquis Philip de Rockley. A l’heure d’affronter le vampire le plus puissant de toute l’Histoire, Victoria va devoir choisir entre son devoir et ses sentiments…

Informations Pratiques:

  • Poche: 410 pages
  • Editeur : City Editions (6 juin 2012)
  • Collection : City poche
  • Version papier

L’avis de la croqueuse de livres:

J’avoue que j’ai été globalement assez déçue par ce livre, tant sur le fond que sur la forme.

Tout d’abord sur la forme:

A mon sens ce livre n’est pas à classer dans la littérature jeunesse (je l’ai trouvé dans le rayon littérature enfant/jeunesse chez Decitre) – même si ce n’est pas omniprésent, il y a tout de même des scènes assez crues qui pourraient choquer les plus jeunes.
L’Editeur a fait un travail excecrable: fautes en pagaille, coquilles, mise en page plus qu’approximative, erreurs de traduction… bref, catastrophique. A plusieurs reprises cela a failli m’empêcher de terminer ce livre… Cela me semble plutôt limite de la part d’un éditeur comme Hachette…

Ensuite au niveau du fond:

L’idée de base est plutôt bonne, notamment le fait que l’action se déroule à l’époque victorienne. Je regrette toutefois les descriptions un peu brouillonne. Au niveau du vocabulaire par contre on remarque de certains efforts. Cependant, je pense que la traduction a sans doute quelques lacunes car il y a de nombreuses redondances au niveau du vocabulaire, ce qui donne parfois des passages un peu lourds.
L’histoire en elle même est assez sympathique. La fin est un peu convenue mais sans doute indispensable pour l’évolution de l’héroine.
Les personnages: je trouve dommage que les personnages n’aient pas été plus travaillés. Il y a aussi des incohérences dans certaines scènes et dans les personnalités même des protagonistes. Comme Victoria qui est tantôt très mature et consciente de sa mission, tantôt futile et inconsistante. Les personnages de Eustacia et Max auraient pu être très intéressants si on en avait su un peu plus. Peut-être est-ce le cas dans les tomes suivant, mais ici on laisse trop de choses en suspend pour donner véritablement envie de lire la suite. On a aussi une différence un peu trop marquée entre ces personnages de l’ombre (le petit groupe des chasseurs de Vampires) et ceux de la haute société anglaise (la mère de Victoria et ses amies sont assez irritantes à la longue…)
Ce que j’aurais aimé: avoir plus de détails sur la communauté des Venatores et qu’on explique d’avantage ce qu’est une Vis Bulla. Je regrette aussi le fait que l’héroine n’ai pas plus de difficulté que cela à affronter des Vampires qui sont sensés être plus puissants que le vampire de base (les Gardiens) alors qu’elle n’a qu’une dizaine de ces créatures sur son tableau de chasse.

Bilan:

Au final, un livre qui se lit plutôt bien, une histoire assez agréable mais sans grande surprise. Je ne suis pas certaine de lire la suite. Surtout par crainte de retrouver un travail d’édition aussi baclé que dans ce tome 1.

Note globale: 12/20

[Lecture] La Trilogie des Lames du Cardinal [Pierre PEVEL]

 Tome 1 – Les Lames du Cardinal

La Trilogie des Lames du Cardinal - Pierre PEVEL

 Résumé: 

Paris, an de grâce 1633. Louis XIII règne sur la France et Richelieu la gouverne.

Le Cardinal, l’une des personnalités les plus puissantes et les plus menacées de son temps, doit sans cesse se garder des ennemis de la Couronne. L’espionnage, l’assassinat, la guerre, tout est bon pour parvenir à leurs fins… et même la sorcellerie, qui est l’œuvre des plus fourbes adversaires du royaume : les dragons !
Ces redoutables créatures surgies de la nuit des temps se dissimulent parmi les humains, ourdissant de sombres complots pour la reconquête du pouvoir. Déjà la Cour d’Espagne est tombée entre leurs griffes…
Alors, en cette nuit de printemps, Richelieu décide de jouer sa carte maîtresse. Il reçoit en secret un bretteur exceptionnel, un officier dévoué que la trahison et le déshonneur n’ont pourtant pas épargné : le capitaine La Fargue. Car l’heure est venue de reformer l’élite secrète qu’il commandait jadis, une compagnie d’aventuriers et de combattants hors du commun, rivalisant d’élégance, de courage et d’astuce, ne redoutant nul danger.
Les Lames du Cardinal !

 Infos pratiques 

  • Broché: 304 pages
  • Editeur : Bragelonne (1er Janvier 2008)
  • Collection : Fantasy
  • Version ebook

 Tome 2 – L’Alchimiste des Ombres

La Trilogie des Lames du Cardinal - Pierre PEVEL

 Résumé:  

Paris, 1633. Les dragons menacent le royaume.

Surgis de la nuit des temps, ils sont avides de pouvoir et décidés à restaurer leur règne absolu. Usant de sorcellerie, ils ont pris apparence humaine et créé une puissante société secrète, la Griffe noire, qui conspire déjà dans les plus grandes cours d’Europe.
Pour déjouer leurs sinistres complots, Richelieu a reformé son unité d’élite, une compagnie clandestine d’aventuriers et de duellistes rivalisant de courage, d’élégance et d’astuce. Six hommes et une femme aux talents exceptionnels prêts à braver tous les dangers et à risquer leur vie pour la Couronne : les Lames du Cardinal.
Mais alors qu’ils ont rendez-vous, par une nuit d’orage, avec une espionne italienne aussi belle que dangereuse qui prétend détenir les clés d’un complot à venir, ils sont loin d’imaginer l’ampleur de la tragédie qui va s’abattre sur la France et les obliger à affronter leur plus terrible adversaire : l’Alchimiste des ombres…

 Infos pratiques:

  • Broché: 304 pages
  • Editeur : Bragelonne (18 juin 2009)
  • Collection : Fantasy
  • Version ebook

Tome 3 – Le Dragon des Arcanes

La Trilogie des Lames du Cardinal - Pierre PEVEL

 Résumé:

Paris, 1633. Les dragons menacent le royaume.
Surgis de la nuit des temps, ils sont décidés à restaurer leur règne absolu. Usant de sorcellerie, ils ont pris apparence humaine et créé une puissante société secrète, la Griffe noire, qui conspire dans les plus grandes cours royales d’Europe.
Pour déjouer leurs complots, Richelieu dispose d’une compagnie d’aventuriers et de duellistes rivalisant de courage, d’élégance et d’astuce. Des hommes et une femme aux talents exceptionnels, prêts à braver tous les dangers et à risquer leur vie pour la Couronne : les Lames du Cardinal.
Mais alors qu’ils approchent du Mont-Saint-Michel à la faveur de la nuit, ils savent que le prochain défi pourrait être le dernier. Car, outre les plans de leurs ennemis, il va leur falloir percer les secrets de l’ordre des Soeurs châtelaines qui réside en ces lieux sacrés. Cette fois le courage et la loyauté ne suffiront pas. Rapière au poing, les Lames devront se résoudre à tout sacrifier s’ils veulent sauver Paris de la destruction.

Infos pratiques 

  • Broché: 320 pages
  • Editeur : Bragelonne (17 septembre 2010)
  • Collection : Fantasy
  • Version ebook

L’avis de la croqueuse de livres:

J’ai adoré les deux premiers tomes. J’ai été un peu plus mitigée sur le 3e.

La forme: 

3 tomes, 3 histoires indépendantes. Mais il est quand même indispensable d’avoir lu les  tomes précédents pour bien comprendre les enjeux et les évolutions des personnages.
Ceci dit, le découpage est plutôt approprié et les évènements suivent une logique tout à fait pertinente.
Les livres sont merveilleusement bien écrits et le découpage des chapitres en version ebook est tout à fait correct.

Le fond: 

Si vous avez aimé les Trois Mousquetaires de Dumas et que vous êtes fans de fantasy, ce livre est pour vous.
Pierre Pevel est un auteur qui se documente sans doute beaucoup avant de se lancer dans un ouvrage car ses descriptions de Paris et de la vie de l’époque sont précises et réalistes, jusque dans les détails scabreux (foi d’historienne). Par ailleurs, on retrouve des faits historiques réels mêlés à la fiction de façon très habile (voir des dragons à coté de Richelieu parait presque naturel, c’est dire) et c’est avec plaisir que l’on croise au détour des pages des figures emblématiques des romans de cape et d’épée: D’Artagnan, Athos, monsieur de Treville… et il y a même une explication fort intéressante au Masque de Fer.
Les personnages sont plaisants. Personnellement j’ai eu un très gros faible pour Saint Lucq (j’aime les hommes mystérieux… Mais j’avoue que je suis un peu restée sur ma faim, j’aurais apprécié d’en apprendre d’avantage sur lui) et Marciac le charmeur qui a maintes fois apporté une touche de comique non superflue.
Les deux premiers tomes sont juste formidables, je les ai dévorés en un rien de temps. De l’action, la découverte des personnages, la trame qui se met en place. Ici les Dragons sont abordés d’une façon très interessante: ce sont des descendants des grands Dragons tels qu’on les connait et ils ont subi la même décadence que l’on voit dans la plupart des grandes civilisations. Ils sont retors, ambitieux, cruels et sûrs de leur supériorité sur les Humains. On a aussi de nombreuses déclinaisons de créatures découlant des Dragons: dragonnets, Wyvernes, Dracks… Et le mélange est heureux.
Pour le troisième tome, je suis un peu plus mitigée:

Attention Spoiler (surlignez à l’aide de votre souris pour lire le texte)

Il y a une véritable hécatombe parmi les Lames. 
Avant même le début du tome, Amaldes se fait tuer. Certes. Au cours du tome, deux autres lames trouveront la mort. J’avoue que je suis une grande sensible, mais je n’aime pas quand des personnages que j’aime bien passent à trepas. 

Je n’ai pas non plus apprécié le traitement réservé à Agnès. Même si on pouvait déjà le subodorer dans les tomes précédents. 
Quand à la fin, je l’ai trouvée un peu trop rapide. Le « boss final » est vaincu presque trop facilement. Et j’aurais apprécié un épilogue un peu plus conséquant. Mais ça c’est parce que lorsque j’aime un livre, j’ai toujours un mal fou à me séparer des personnages et à me résoudre à le remettre dans mes rayonnages…

fin du spoiler

Bilan: 

Que dire d’autre à part que j’ai adoré? En même temps Pierre Pevel m’avait déjà émerveillée avec les « Enchantements D’Ambremer » et j’avoue que je n’ai pas été déçue de m’être lancée dans les aventures des Lames.
Incontestablement un très bon livre que je conseillerai sans problème.

Note globale: 17,5/20

[Nouvelle] Une nuit dans la forêt des Pierres Sombres

Participation à un concours d’écriture… Thème: « Tu n’oseras jamais… on parie ? »

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Une nuit dans la forêt des Pierres Sombres

Nan mais qu’est ce qui m’avait pris d’accepter ?  C’était tout moi ça : on me lance un pari stupide et je fonce tête baissée comme un adolescent qui carbure aux hormones. On pourrait croire qu’à trente ans on est doté d’une maturité suffisante pour éviter ce genre d’écueil, pensez-vous !  Et maintenant je me retrouvais dans une belle panade…

Enfin Bref, vous l’aurez compris, toute cette histoire de fou a commencé avec un défi idiot que m’avait lancé mon amie Anna — au passage, je ne sais pas encore si elle sera toujours mon amie si je me sors vivante cette aventure ; je me laisse le temps de la réflexion…

Comme tous les samedis, nous déjeunions ensemble et pendant que je finissais goulument mon éclair au café, notre conversation avait dérivé sur de vieilles légendes locales et plus particulièrement sur ce bois réputé hanté qu’il y avait à proximité de là. J’ai toujours été une abominable cartésienne ; aussi Anna, qui elle avait un certain penchant pour l’ésotérisme, tentait-elle régulièrement de me faire revenir sur mes positions à l’aide d’argumentaires tous plus farfelus les uns que les autres. Ce jour-là, excédée que je me refuse encore à admettre que l’inexplicable pouvait parfaitement être vrai, elle m’avait lancé ce challenge :

–  Tu n’oseras jamais passer une nuit seule dans la forêt des Pierres Noires, il paraît que même les gardes forestiers n’y mettent pas les pieds la nuit, dit-elle en frissonnant à cette simple pensée.

–  On parie ? Si je relève ton défi, tu ne me bassineras plus avec toutes tes histoires à dormir debout, d’accord ?

–  Ok, mais si tu perds ? Demanda-t-elle, goguenarde.

–  Si je perds ? ça n’arrivera pas, mais si ça peut te faire plaisir, je clamerai haut et fort sur mon blog que je crois au paranormal. Lui répondis-je, sûre que je n’aurais pas à le faire.

–  Ça roule Ali !

Là-dessus, nous avions achevé le repas en définissant les détails de mon expédition. Pour Anna, afin que tout ça soit valable, il fallait que je me passe de toute technologie durant cette fameuse nuit : pas de lampe de poche, pas de réchaud et ne parlons même pas d’un GPS. Elle m’interdit même de prendre une tente ! Quelle sadique tout de même. Elle savait que j’avais une sainte horreur des insectes…

Je serrai les dents à l’énoncé de tout ce dont j’allais devoir me passer car, je l’avoue sans aucune honte, je suis totalement accro à mon petit confort et tout ce qui le compose. Au fond, j’étais plus effrayée de devoir passer une quinzaine d’heures sans internet que de potentiellement croiser l’un des spectres dont m’avait parlé Anna.

Le soir même, elle m’avait donc déposée à l’orée de la forêt, uniquement chargée d’un sac à dos. Elle me fit un petit signe de la main, démarra et disparut quelques instants plus tard, la route redevenant désespérément déserte.

Le soleil n’était pas encore couché mais je réprimai un frisson en me retournant vers l’étendue arborée. Cette forêt avait quelque chose d’inquiétant. La perspective de tomber sur un tueur en série échappé de l’asile par exemple… Ou sur un ours !

Je ravalais bien vite ces craintes stupides. Il n’y avait pas d’ours dans cette partie du pays. Et si je commençais à me laisser aller à ces divagations ridicules, la nuit allait être très longue. Je respirai un grand coup, relevai la tête, bombai le torse et m’avançai sous la frondaison encore baignée par les rayons du soleil déclinant.

Je marchai pendant un moment qui sembla durer des heures et finis par tomber sur une clairière. Au centre de celle-ci se dressaient six gros rochers sombres, ceux qui avaient donné son nom à ce lieu. Comme convenu avec Anna, je m’avançai dans le cercle formé par cinq d’entre elles et posai mon sac près du rocher central, un peu plus plat que les autres. On aurait presque dit un autel primitif, mais j’avoue que je goutais peu à ce genre d’anecdotes pittoresques ; aussi m’installai-je dos contre la pierre en grognant et mangeai un morceau.

Tout se passa fort bien jusqu’au moment où j’entrepris de dormir, aussi m’enroulai-je dans mon sac de couchage en riant doucement de la naïveté d’Anna.

Je sombrai à peine dans le sommeil quand une présence me fit rouvrir les yeux. Je m’assis prestement et me retrouvai nez à nez avec ce qui ressemblait furieusement à un loup… le hic ? Il n’était pas plus sensé y avoir de loup que d’ours dans ce secteur. Mais j’avoue que celui-ci semblait particulièrement réel et furieux, ce que m’indiquaient ses babines retroussées et ses grognements menaçants. Je reculais mais fut bloquée par le rocher dans mon dos, c’est alors que le loup devant moi, hurla à la lune, d’autres cris lui répondant au loin. Pétrifiée, j’entendais ses acolytes qui approchaient…

Voilà comment je m’étais retrouvée là… à cause d’un stupide pari.

Perdue que j’étais dans mes réflexions, je n’avais pas vu les quatre autres loups m’encercler.  Chacun s’était posté devant l’un des rochers, y compris celui qui m’avait réveillée. Je les fixai, perplexe, quand je perçus d’étranges lueurs voletant entre les arbres et arrivant de toutes part. Plus ces dernières se rapprochaient, plus j’arrivais à les distinguer : on aurait dit des fées. Oui oui, des fées, ces petites créatures ailées et scintillantes.

L’une d’elles se posta devant moi et me tendit une pivoine mauve en riant de sa voix cristalline. Je pris la fleur, toujours aussi stupéfaite devant les loups, impassibles. J’entendis alors une voix résonner « Tu n’as rien à faire ici, mortelle ! Rendors-toi ! ». Je me retournai et aperçus le plus bel homme qu’il m’ait été donné de voir : grand, le teint halé, des yeux verts perçants… et vêtu de peaux de bêtes. Le plus étonnant étant sans doute les bois de cerfs qui ornaient sa tête. J’allais lui répondre quand je me réveillai subitement dans la clairière déserte.

Je souris. Tout cela n’était finalement qu’un rêve. Je tentai de me relever, pensant à la tête que ferait Anna devant mon triomphe, mais quelque chose dans ma main me gênait.

Je l’ouvris et y trouvai une pivoine mauve…

[Nouvelle] Les contes de la Forêt des Marais

marais

Evena courait à en perdre haleine, éperdument elle essayait d’échapper aux murmures menaçants de la forêt… Elle était vivante, elle en était intimement convaincue…

Sinistre et vivante.
Les susurrements lugubres se faisaient de plus en plus pressants, l’obligeant à aller au-delà de ses propres forces et ne lui laissant guère le temps de reprendre son souffle…
Soudain, elle trébucha, mais par chance, elle parvint à maintenir son équilibre précaire et à poursuivre sa course effrénée contre la menace latente, persuadée que cette racine, objet de son hypothétique chute s’était placée là volontairement, pour la faire choir…
Les branchages des arbres tentaient de l’attraper au passage, mais elle était insaisissable, telle la fumée volatile qui s’échappait de la maison où elle avait grandit et qui l’avait connu si heureuse.
Elle n’en pouvait plus, tout lui semblait vain, elle repensait à sa famille, qui elle, avait déjà succombé aux assauts de la forêt quelques heures plus tôt. Elle était seule, perdue, et à bout de souffle. Elle ne rêvait plus que d’une chose, laisser les arbres la prendre, que tout cela finisse et qu’elle soit enfin en paix… Elle allait abandonner quand elle aperçut une lueur au loin. Cela lui redonna l’énergie nécessaire pour tenter de l’atteindre.
Au bout de quelques minutes durant lesquelles les grognements de la forêt lui parurent encore plus effrayants, elle arriva près de cette lueur. Elle émanait d’une modeste chaumière qui se trouvait là, comme perdue au cœur de cette mer verdâtre, lovée dans une clairière qui semblait presque hospitalière malgré les arbres inquiétants qui la bordaient…
Elle continua de courir jusque devant la porte, s’accordant quelques secondes pour reprendre son souffle avant de se résoudre à frapper. Elle allait le faire lorsque la porte s’ouvrit d’elle-même dans un grincement angoissant, puis une voix éraillée parvenant de l’intérieur l’invita à entrer.
Elle hésita quelques instants puis sentant la rumeur menaçante des arbres qui allait bientôt la rattraper, elle prit une grande inspiration et se décida à rentrer.
L’intérieur était modeste, une table, deux chaises, un bahut, une bibliothèque sur laquelle reposaient quelques livres poussiéreux et dans un recoin, un lit à la couverture grisâtre. Près de la cheminée il y avait un rocking-chair qui se balançait de manière lancinante, elle ne pouvait pas bien distinguer la silhouette qui y était installée et qui lui tournait le dos en marmonnant une mélopée incompréhensible.
Elle s’approcha lentement, ne se rendant même pas compte que la porte s’était refermée derrière elle. Elle arriva vers la silhouette qui se retourna alors brusquement vers elle avec un sourire édentée, la faisant reculer de quelques pas.
Elle observa rapidement la personne qui lui faisait face… si c’était bien une personne.
Il s’agissait d’une vieille femme, très vieille même, son petit corps frêle semblait tellement noueux qu’on aurait pu la croire faite de bois sous les plis de sa robe de toile sombre. Son visage était aussi ridé que la surface d’une marre dans laquelle on aurait négligemment lancé quelques galets épars, mais son regard d’ébène était tellement perçant qu’Evena avait l’impression qu’il pénétrait son âme troublée.
La vieille femme la fixa un moment dans le silence, la rumeur des arbres s’était tue semble t-il, mais cette soudaine quiétude était aussi inquiétante pour la jeune fille.
Puis l’ancêtre sourit, d’une façon qu’Evena voulut penser bienveillante, pour se rassurer elle-même. La jeune fille remarqua alors qu’une chaise se trouvais derrière elle, pourtant elle aurait juré qu’elle n’y était pas la minute d’avant… Mais la vieille lui fit un signe de la main l’invitant à s’asseoir, et malgré ses craintes et l’atmosphère étrange de la chaumière, Evena se sentit obligée d’obéir.
La vieille femme sourit de nouveau puis se mit à parler, d’une voix rauque qui craquait à l’oreille telle du bois sec :

« Grandiose éloquence,
Enivrement des sens,
Qui par l’aube précoce
Résonne en échos féroces.

La souche sèche et morbide,
Forte sous la lune gravide,
S’approche, dans le silence subtil,
De la frêle proie fébrile.

Plus nulle issue possible,
Elle s’écroule, trop fragile,
Et la forêt la dévore, sinistre prédateur,
Funeste destin dans l’inquiétant décor.

Pauvre âme égarée,
Perdue dans la Forêt des Marais,
Dans le sang son destin fut scellé.
Et désormais, son spectre assoiffé,
Hante aussi ces lieux maudits abhorrés,
Dans l’attente d’une nouvelle proie affolée… »

La vieille s’interrompit et observa Evena quelques instants, la jeune fille était comme pétrifiée par l’oraison de la vieille femme, mais en même temps, l’intérêt et la curiosité se lisaient sur son visage figé.
La vieille sourit, elle avait trouvé. Elle déclama alors :

«_ Telle est la loi de la forêt maudite. Quiconque y entre ne peut plus en sortir. Les arbres ne le permettent pas et les impudents ne font pas long feu, ils rejoignent rapidement les spectres de l’armée des Marais…
_ Mais, qui… qui… tenta maladroitement d’articuler Evena.
_ Je suis leur Mère à tous. Elle s’interrompit un instant devant le visage horrifié de la jeune et fragile jeune fille, puis poursuivit avec un rictus macabre, Et toi, tu es désormais mon élève. »

[Poème] Les Aigles de la Vie

taigle

Aigle d’espoir, aigle du soir
Prince majestueux dansant dans le noir
Tu t’envoles tout la haut, libre comme le vent
Et sous tes ailes sublimes glisse le temps.

Aigle du jour, Aigle d’amour,
Astre parmi les astres tu ne connais pas de détour
Le vent s’engouffre en toi et la Lumière t’attends
Tu la suis tu es tel que rien ne te surprends.

Aigles de la vie, Frères du jour et de la nuit
Vous êtes mes guides, vous êtes mon âme
Et quand vous dansez dans le ciel la vie s’enflamme
Sur l’air de la pluie, sur la musique du soleil ou sans aucun Bruit.

Aigle de feu, aigle de glace,
Toujours ensemble, frères ennemis,
Chacun épiant l’autre pour trouver sa place
Chacun trébuchant sur les voies de l’envie.

Aigle de rêve, trêve après trêve.
Princes envoûtants, maîtres du ciel
Partageant le royaume de vos immenses ailes
De votre fierté que rien ne vous enlève.

Gardiens des étoiles, sentinelles du Soleil,
La Dame Lune vous appelle et je m’émerveille
Plus rien ne vous arrête quand la bise chante
Grâce à vous mes maux s’estompent dans un léger bruissement

Les feuilles des arbres virevoltent sous le souffle de vos ailes
Et mon esprit s’envole vers des monts et merveilles
Renaît l’espoir perdu grâce a votre bienveillance
Et plus jamais mon cœur n’est sous surveillance

Aigle du jour, Aigle de la nuit,
Majestueux princes aux robes d’or et d’argent
Gardiens de mes rêves, seigneurs des vents
Avec vous résonne à nouveau en mon âme meurtrie
Le mot qui me délivre de ma tenébreuse prison de brumes,
Liberté.