Archives pour la catégorie Livres & Lectures

[Lecture] Les Nouveaux Royaumes Invisibles – t1: l’Heritier Oublié [Julie KAGAWA]

4e de Couverture:

Essayez seulement de ne pas croire aux fées… Elles ne disparaîtront pas pour autant.
Je m’appelle Ethan Chase. Je veux juste être normal mais les fées, elles, ne veulent pas se laisser oublier. Le seul moyen de me débarrasser d’elles pour de bon ? Pénétrer leur territoire et solliciter l’aide de la Reine du Fer, ma sœur. J’aurais préféré partir seul, ne révéler mon secret à personne. Mais Kenzie, la fille qui me fait rêver, s’est imposée dans l’aventure.Je m’appelle Ethan Chase. Et je ne vivrai peut-être pas assez longtemps pour voir se lever le jour de mon dix-huitième anniversaire.

Informations Pratiques:

  • Volume: 512 pages
  • Editeur :  Harlequin (1er mai 2013)
  • Collection : Darkiss
  • Version électronique

L’avis de la croqueuse de livres:

Parenthèse:
Me revoilà après une looooooongue absence qui se justifie par mes aventures personnelles: je n’en ai pas vraiment parlé ici mais après 7 années à travailler à temps plein, je reviens cette année sur les bancs de l’université… et croyez moi ou non, être étudiante, c’est vachement plus fatiguant que de travailler 40 heures par semaine… X_x
J’ai eu beaucoup (et j’en ai encore) de dossiers à rendre ces dernières semaines et entre les 2h30 quotidiennes de transport en commun, les 7h de cours et les 3 ou 4h de travail personnel/en groupe, j’ai un peu négligé le site…
Cela devrait aller mieux dans d’ici fin janvier mais en attendant je risque d’être encore assez lacunaire…
Merci d’avance de votre compréhension…

D’ailleurs pour me faire pardonner, voici une petite chronique sur une petite pépite… 😉

Ce livre est le premier tome d’une série qui fait suite à celle des « Royaumes Invisibles » de Julie Kagawa.
Je ne vous ai jamais parlé de cette dernière que j’ai lu il y a déjà un certain temps, non pas parce que je jugeais qu’elle n’en valait pas la peine mais au contraire parce que j’aime tellement cette série que je ne voulais pas risquer de passer à côté de son essence dans une chronique écrite si longtemps après sa lecture. Pour vous donner une idée, j’ai lu (dévoré?) la série, qui se compose de 4 tomes + 2 nouvelles, en moins de 5 jours (et je n’étais pas en vacances…).

Aussi, quand j’ai su que l’auteure allait écrire une suite, centrée sur le personnage d’Ethan, petit frère de l’héroïne, et qui se passe une décennie après, j’ai eu un sentiment très mitigé, oscillant entre « j’ai trop hâte, j’adore cet univers » et « oui. Mais si c’est moins bien et que je suis déçue? », risque que je n’étais pas sûre de vouloir prendre… Mais l’envie de retrouver l’univers du Pays de Nulle Part a été plus forte et après quelques mois, j’ai fini par céder à la tentation… Et grand bien m’en a pris!

Le contexte (attention, si vous n’avez pas lu la première série, il y a des spoils):
– Les Royaumes Invisibles
Peut-être connaissez vous le Songe d’une Nuit d’été de Shakespeare? Si vous l’avez lu, vous savez déjà qu’il existe un monde concomitant du notre. Un royaume où règnent les fées, où les créatures de nos folklores sont reines et aiment à faire des farces cruelles aux humains…
Julie Kagawa a habilement repris ces principes et créé un monde original, mais qui parlera néanmoins à ceux qui ont un peu de culture féérique. En effet, elle part du postulat que parallèle à notre monde, il existe le Pays de Nulle Part. Un endroit où vivent toute les créatures imaginées par les Hommes et qui vivent grâce à leurs croyances. Ce pays se divise (du moins officiellement) en deux Royaumes: la Cour d’été, dirigée par le Roi Obéron et sa turbulente épouse, Titania, et la Cour d’Hiver, dirigée par la glaciale Mab, accompagnée de ses trois fils.

-La première série:
Dans la première série, le petit Ethan Chase, 4 ans, est kidnappé par des fées. Sa soeur, Meghan, qui adore son petit frère, fait alors tout pour le retrouver, au péril de sa vie. Il s’avère que sans le savoir, cette dernière est une demie-sang… et pas n’importe laquelle, puisqu’elle est la fille d’Obéron (rien que ça!). Affrontant de nombreuses épreuves dans ce monde plein d’embûches où mêmes les autochtones ne sont pas certains de survivre bien longtemps, Meghan finira par se faire une place, puisqu’elle deviendra la Reine de Fer, souveraine d’un « nouveau » royaume féérique issu de l’affection récente des Hommes pour la technologie. Après avoir sauvé son frère, Meghan quitte donc sa famille pour assumer ses nouvelles responsabilités de reine, accompagnée par son époux, Ash, l’un des fils de Mab. Ethan ne lui pardonnera jamais cet abandon.

– La nouvelle série.
Treize ans se sont écoulés. Ethan a bien grandi. Marqué par les évènements de son enfance, il a perdu son innocence et est devenu un adolescent difficile, en lutte permanente contre les fées qui lui pourrissent l’existence à cause de son « don » de vision absolue (il voit les fées dans notre monde). A cause de ces dernières, il passe pour un jeune délinquant, un marginal dont personne ne veut et qui s’est créé une carapace afin que personne ne l’approche: s’attacher c’est mettre les gens en danger.
Solitaire, il essaye malgré tout d’avoir une vie normale, ne serait-ce que pour faire plaisir à sa mère qui a déjà beaucoup souffert du départ de Meghan.
Le récit commence alors qu’Ethan fait son entrée dans un nouveau lycée, espérant que cette fois tout se passera bien. Mais sous son air de dur, renfrogné et sauvage, il ne peut pas laisser un plus faible se faire maltraiter impunément. C’est ainsi qu’il sauve un demi-sang… et se retrouve plongé encore une fois dans les histoires des fées. Et il va malgré lui y entrainer Kenzie, une fille de sa classe qui a décidé de lui coller aux basques pour percer sa coquille.
Tous deux, parachutés au Pays de Nulle Part, vont alors devoir lutter pour leur survie et celle de tous les Exilés et les Demi-sangs qui peuplent la Terre…

Je n’en dirai pas plus sur l’histoire pour ne pas vous gâcher le plaisir.
Mais l’intrigue est cohérente, même si j’en aurais voulu plus… c’est le risque quand on accroche bien à une histoire, on est toujours frustré quand ça se termine et on en veut à l’auteur de ne pas avoir d’avantage développé… donc on prend son mal en patience en attendant le tome suivant…
Le fil du récit reprend les recettes qui m’ont fait aimé les premiers opus: un monde magnifique mais cruel où il n’y a ni bons ni méchants: juste des créatures qui essayent d’assurer leur survie ou qui sont soumises à leur nature profonde. Le manichéisme n’a pas vraiment sa place ici, tous les personnages ont de bonnes raisons d’agir comme ils le font, ils sont tous légitimes dans leurs actes, même si ces derniers peuvent nous sembler contestables.

En ce qui concerne les personnages, j’ai retrouvé avec plaisir ceux à qui je m’étais attachée dans la première série. Notamment Grimalkin, toujours égal à lui même avec sa fameuse réponse à tout: « je suis un chat! » (si vous aimez le Chat du Cheshire dans Alice au Pays des Merveilles, je ne doute pas que vous apprécierez ce félin là… fourbe à souhait et… tellement chat!)…
J’ai aussi été ravie de retrouver la Muse Noire qui a ici un rôle assez central, elle est toujours aussi capricieuse et calculatrice, un pur bonheur.
Pour ce qui est de la galerie de nouveaux personnages, je ne citerai que les trois principaux:
– Ethan: On est bien loin du petit garçon aux grands yeux bleus innocents et si craquant de la première série. Treize ans après, on retrouve un jeune homme, qui a perdu toute candeur, solitaire et dur. Le changement est somme toute assez logique après tout ce qu’il a traversé. Au fil du tome, sa carapace se fendille et on retrouve un peu du petit garçon plein d’espoirs, mais un petit garçon qui sait que le monstre qui se cache sous son lit est réel et qui s’est armé en conséquence.
– Kenzie: au début, je craignais l’ado gosse de riches, complètement écervelée. Mais c’était mal connaître Madame Kagawa qui n’a pas son pareil pour donner de la profondeur à ses personnages. Kenzie est un personnage qui apporte de la fraicheur à l’histoire, mais aussi un aspect plus dramatique. Elle est foncièrement attachante et c’est vraiment un protagoniste intéressant.
– Keirran: L’autre personnage principal. Je n’en dirai pas beaucoup sur lui pour ne pas vous spoiler, même si pour ma part, j’ai rapidement compris qui il était. Mais encore une fois, on a un personnage avec un héritage, une histoire, qui font qu’il agit d’une certaine façon, tout à fait tangible. Il est aussi en lutte contre lui même et même si certaines de ses réactions peuvent paraître discutables, je les trouve tout à fait cohérentes.

Vous aurez sans doute compris que je manque cruellement d’objectivité, ce blog n’a pas la prétention d’être objectif, mais de partager un ressenti, des émotions. Et à travers ces pages, j’ai eu des émotions car Julie Kagawa est l’une des rares auteures à réussir la prouesse de me faire voyager pleinement dans son monde,  il suffit de clore les paupières et la magie opère. Ce récit a ses défauts bien sûr… mais je n’ai aucune envie de m’appesantir dessus, d’ailleurs, j’écris ces lignes une semaine après l’avoir terminé et… je ne m’en souviens même pas, c’est dire! (si, le seul qui me vient à l’esprit là maintenant tout de suite, c’est que c’était trop court!)

Bilan: 

 Je craignais que cette suite me déçoive, soit moins bonne que la première série. J’avais tort.
Cette chronique est plus longue que celles que je fais habituellement parce que j’ai à cœur de rendre hommage à ce récit… j’aurais pu faire encore plus long alors profitez de votre chance que je sache me tenir! 😉
J’ai retrouvé tout ce que j’avais aimé dans les Royaumes invisibles: des personnages attachants, un monde cruel empreint de poésie et d’une beauté étrange, une histoire prenante qui m’a fait rire et pleurer.
Je ne peux donc que conseiller cette série que vous aimerez aussi si vous appréciez le Songe d’une Nuit d’été, Alice au Pays des Merveilles et que vous êtes sensibles au Folklore.

Notez toutefois que c’est du young adult, avec tout ce que cela implique. Donc inéluctablement, beaucoup n’aimeront pas. Mais si suite à mes précédentes chroniques, vous vous sentez une quelconque affinité avec mes goûts littéraires, foncez! C’est un beau voyage qui vous attend.

Autre chose: il n’est pas indispensable d’avoir lu la première série pour apprécier et comprendre celle-ci car Ethan (qui est la narrateur), explique pas mal de choses. Ceci dit, si vous avez le courage, lisez la car vous comprendrez mieux certaines choses et vous n’en apprécierez que d’avantage le sens du détail de l’auteure.

Note globale: 19,5/20

[Lecture] La Meute du Phenix t.1: Trey Coleman [Suzanne WRIGHT]

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4e de Couverture:

Incapable de se transformer en louve, Taryn Warner a toujours été méprisée par sa meute malgré son puissant don de guérison. Quand son père décide de l’unir de force à Roscoe Weston un Alpha violent et dominateur qui lui promet de la briser, Taryn refuse de se soumettre. C’est alors que Trey Coleman, dangereux Alpha connu pour sa sauvagerie, lui propose un marché : s’unir temporairement – à lui. Il y gagnerait une alliance et elle sa liberté. Mais faire semblant comporte aussi des risques. D’autant que leur attirance l’un pour l’autre semble hors de contrôle.

Informations Pratiques:

  • Volume:  573 pages
  • Editeur :  Milady ( 27 septembre 2013)
  • Collection : Bit-Lit
  • Version électronique

L’avis de la croqueuse de livres:

A priori, Milady misait beaucoup sur cette nouvelle sortie et j’avoue sans peine que le résumé ainsi que la couverture plutôt bien travaillée m’ont donné très envie de le lire.
J’ai été d’autant plus… perturbée, à la lecture de ce roman…

Je ne développerai pas l’histoire, le résumé du 4e de couverture le fait très bien.
J’ai bien accroché au concept, c’est de la romance classique mais les tempéraments des personnages sont bien travaillés et l’évolution de la relation entre ces deux êtres abîmés par la vie est plutôt cohérente et bien amenée.
Le concept des âmes soeurs est bien trouvé et assez bien expliqué. J’ai aussi apprécié le fait qu’il existe diverses sortes de métamorphes et pas uniquement des loups, même si les autres espèces ne sont pas vraiment évoquées. Les jeux politiques entre les meutes auraient pu être d’avantage approfondis car l’idée me semble aussi intéressante.
En ce qui concerne les personnages secondaires, pour la plupart, je les ai trouvés suffisamment consistants pour que l’histoire prenne corps, notamment ceux de Dante et Tao, qui vont certainement être les protagonistes principaux des tomes à venir.

Passons maintenant à ce qui m’a dérangée dans ce livre et qui pourrait se résumer à deux mots: vulgarité et sexe.
Je n’ai rien contre les scènes de sexe si elles apportent quelque chose à l’histoire. Mais là en l’occurrence, non seulement cela représente 30% du volume total du livre (je dis ça à la louche, mais je ne pense pas être très éloignée de la vérité), mais en plus les scènes en question m’ont pour certaines mise assez mal à l’aise. Je n’ai aucune affinité avec le SM, pour moi la domination ressemble trop à une forme de viol pour que j’accroche. Que cela soit entendu, je comprends que certaines personnes puissent trouver leur compte là dedans, mais ce n’est pas mon cas. Et je ne m’attendais pas du tout, au vu du résumé, à une telle débauche de scènes SM, rendues encore plus crues par le langage utilisé.
Effectivement, du début à la fin du roman, la vulgarité fait sa loi.
Pour certaines scènes, j’ai trouvé que c’était plutôt sympathique et approprié, notamment les premières joutes verbales entre la grand-mère de Trey et Taryn qui m’ont faite sourire, mais la grossièreté omniprésente m’a vite fatiguée; ce que je trouve assez dommage car l’auteure écrit plutôt bien.
Je crois sincèrement qu’on aurait aussi bien pu ressentir la force de caractère de Taryn sans ce déballage continuel d’obscénités qui a aussi contribué à me rendre antipathiques des personnages sensés être des boute-en-train, à l’instar de Dominic.

En gros, si vous n’aimez pas les insanités et que vous n’avez aucun attrait pour le sado-masochisme, passez votre chemin, ce livre n’est clairement pas fait pour vous…
Inutile de préciser qu’il n’est pas à mettre entre toutes les mains… Une mention « interdit aux moins de 18 ans » sur la couverture ne serait pas superflue je crois…

Bilan: 

 Si l’on fait abstraction des scènes de sexe omniprésentes et du fait que les personnages jurent comme des charretiers, l’histoire est plutôt sympathique et les personnages principaux bien travaillés.
Malheureusement, pour ma part, je suis incapable de passer outre ces éléments et il me paraît assez évident que je ne lirai pas la suite.
Encore une fois, je regrette que Milady ait abandonné des séries avec une trame scénaristique fouillée pour se laisser aller à publier ce genre de choses…

Note globale: 9/20

[Lecture] Rue Farfadet: Les extraordinaires et fantastiques enquêtes de Sylvo Sylvain, détective privé. [Raphaël ALBERT]

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4e de Couverture:

Panam, dans les années 1880 : les humains ont repris depuis longtemps la main sur les Peuples Anciens. Sylvo Sylvain a posé son havresac dans la rue Farfadet, gouailleuse à souhait. Chapeau melon vissé sur le crâne, clope au bec, en compagnie de son fidèle ami Pixel, il exerce la profession exaltante de détective privé et les affaires sont nombreuses ! Des adultères à photographier, des maris jaloux, des femmes trompées, etc. Ni très rémunérateur, ni très glorieux que tout ceci. Alors, Sylvo fréquente assidûment les bars, les cafés et les lieux de plaisir en tout genre où son charme envoûte ces dames…
Jusqu’au jour où, lors d’une banale enquête de routine, il se trouve mêlé à une machination dépassant l’entendement. Le voilà, bien malgré lui, chargé de l’affaire par l’un des trois puissants ducs de Panam. Saura-t-il tirer son épingle de ce jeu compliqué et dangereux ?

Informations Pratiques:

  • Volume: 280 pages
  • Editeur :  Editions Mnémos (6 juin 2013)
  • Collection : Helios
  • Version électronique

L’avis de la croqueuse de livres:

Dans une quête entamée depuis l’année dernière de découvrir de nouveaux auteurs français et de mieux connaître certaines maisons d’édition spécialisées dans la SFFF, j’ai parcouru le catalogue des Éditions Memnos et j’ai flashé sur ce livre qui vient de sortir en poche (il a déjà été édité en version brochée en 2010).

Me voilà donc à découvrir un Paris alternatif, rebaptisé Panam, à la fin du XIXe. L’auteur prend audacieusement le parti de nous présenter une uchronie reposant sur quelques modifications non négligeables de l’Histoire, comme l’immersion des créatures fantastiques dans les rues de la Capitale. Ainsi, entre les centaures taxis, cheminent des nains, des gobelins, farfadets et autres petites gens qui bien loin des contes de fées se parent ici de tous les travers du poulbot de base et d’une verve digne d’un Gavroche.
Panam est une ville grouillante, magnifique et détestable, où la révolte tantôt murmure tantôt gronde. C’est dans ce décor que l’on retrouve un elfe échoué là après son bannissement de sa forêt natale: Sylvo Sylvain, accompagné de son fidèle et minuscule ami, Pixel.
Sylvo, un antihéros, un peu trop porté sur la bouteille, qui aurait pu rivaliser avec les figures du roman noir des années 50, se retrouve malgré lui embringué dans une sale histoire qui mêle politique, argent, mafia. Ne cherchant qu’à sauver sa peau mais sans pour autant arriver à se détacher complètement d’une certaine envie de faire ce qui est juste, il va rencontrer une galerie de personnages, hauts en couleurs ou non, et se prendre aussi quelques gnons au passage.

J’avoue avoir été charmée par la plume de l’auteur qui est pour moi du même acabit que celle de Pierre Pevel, ce qui, vu ma grande admiration de cet écrivain, n’est pas peu dire.
Je ne suis pas une passionnée de polar, et c’est clairement ce que nous avons ici puisque l’on y retrouve tout ce qui donne son âme au polar hardboiled, mais j’ai malgré tout bien accroché grâce au côté urban fantasy tant les choses sont bien décrites.
Effectivement, en nous baladant de Mygale à la butte Momie en passant par les rives de la Veine, Raphaël Albert nous dépeint un Panam pittoresque et attachant (et pourtant je ne suis pas une grande fan de Paris), enchaînant les clins d’œil à un rythme tel que j’en ai certainement manqué beaucoup. J’ai particulièrement aimé les jeux de mots sur les noms de certains personnages.
Bref, plus que pour l’intrigue, j’ai eu un véritable coup de cœur pour le style d’écriture et de narration de l’auteur.
En ce qui concerne l’histoire, l’enquête se déroule sur plusieurs niveaux, empêchant ainsi d’en deviner trop rapidement le dénouement, pour mon plus grand plaisir. L’intrigue est solide et bien menée et même en n’étant pas amatrice d’enquête policière, j’ai apprécié son déroulement, même si la fin m’a laissé un goût amer, sans doute suis-je trop fleur bleue… mais je n’en dirai pas d’avantage.

Passons plutôt aux personnages. Sylvo tout d’abord… comment ne pas aimer Sylvo? Il est charmant, charmeur, blasé et au final plutôt sensible sous sa carapace un peu grande-gueule. Il est plutôt attachant et on n’a qu’une envie: en apprendre plus sur son passé, trouble et certainement très douloureux pour le peu qu’on nous en dévoile. Seul élément tangible de ce passé qui le suit encore: Pixel, un petit bonhomme mélange entre la fée Clochette et Tom Sawyer, gouailleur et courageux, mais surtout, fidèle à Sylvo. Pixel est une adorable tête à claques, mais on sent que sans lui, Sylvo aurait sombré depuis longtemps.
Ces deux personnages un poil goguenards et cyniques apportent également un humour acide et rafraichissant qui confère à ce roman son originalité.
Je n’évoquerai pas les autres personnages pour ne pas risquer de spoiler, mais certains sont particulièrement délectables, tels Broons ou Harry.

Bilan: 

 Une merveilleuse plume, des personnages savoureux, une intrigue qui tient la route: Rue Farfadet tient ses promesses en réunissant tous les ingrédients qu’on attend d’un bon livre.
Inutile de dire que le tome 2 des aventures de Sylvo a rejoint ma PAL, même s’il n’est pas en haut de la pile. 😉

Note globale: 17,5/20

[Lecture] La nuit du solstice : Tome 1 & 2 : Solstice d’hiver – Un coeur indompté [J.L. SMITH]

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4e de Couverture:

Selon la légende, il y a bien longtemps, les passages reliant la Terre au Féérie Féerie ont été scellés, éloignant à jamais les humains de ce monde où les contes vivent encore. Seule la magicienne Morgana Shee détient le secret du dernier enchantement qui en ouvre les portes. On raconte que sa résidence est construite sur le dernier passage existant…La maison sur la colline est un lieu étrange. Irrésistiblement attirée par le mystère qui s’en dégage, Claudia implore sa grande sœur, Alys, ainsi que les jumeaux Charles et Janie, de l’y accompagner. Là-bas, grâce à une formule obscure qui leur permet de traverser les miroirs, ils sont transportés dans un autre univers, la Féérie. Féerie, où la magie règne. Un monde où la sorcière Morgana, gardienne des portes, a disparu. Or le solstice d’hiver approche, seul moment d’ouverture du dernier passage. Et maintenant que les portes ne sont plus gardées, le terrible mage noir Cadal prévoit de l’utiliser pour envahir et asservir les humains. Pour l’en empêcher, Claudia, Alys, Charles et Janie vont devoir libérer Morgana, retenue prisonnière par un sombre enchantement. Mais comment retrouver la sorcière protectrice dans ce monde aussi étranger qu’imprévisible? Trouver le passage ou se perdre à jamais…
 

Informations Pratiques:

  • Volume: 488 pages
  • Editeur :  Michel Lafon (21 juin 2012)
  • Collection : /
  • Version papier

L’avis de la croqueuse de livres:

Tout d’abord, désolée de m’être faite un peu rare ces temps-ci… mais j’ai une bonne excuse, depuis quelques semaines je n’arrête pas de courir entre le travail, des oraux de concours et la reprise de mes études. Sans compter qu’avec l’arrivée de l’automne, j’ai une bonne crève qui s’éternise depuis 3 semaines…
Peu de temps pour rédiger des chroniques mais aussi pour lire. Même si j’avoue que le temps que j’ai passé à lire ce livre n’est pas uniquement dû à mon emploi du temps chargé… Effectivement, si j’ai été séduite par la couverture sublime et le 4e de couverture qui me paraissait assez sympa, j’ai eu beaucoup plus de mal à accrocher à cette histoire.

A la base de l’histoire, on fait la connaissance d’une gentille fratrie de 3 soeurs et un frère ayant tous des caractères assez disparates. Suite à un concours de circonstances et à l’intervention d’une renarde, ils découvrent que de l’autre côté d’un passage, ici figuré par une multitude de miroirs, il existe un monde étrange, celui des sorciers et des fées.
Nous les suivrons alors dans leur quête de la sorcière Morgana qui est sensée pouvoir empêcher un méchant sorcier d’envahir notre monde.

Sur le fond j’ai trouvé l’idée intéressante car je suis toujours curieuse de voir comment sont traitées les thématiques relatives aux fées, d’autant plus qu’ici le tout est mâtiné de légendes celtes et arthuriennes dont je suis friande.
Sur la forme je suis plutôt circonspecte. Il y a de bonnes idées, vraiment, mais j’ai la désagréable impression que tout est bâclé, que l’auteur n’explique pas des choses qui devraient l’être et surtout que les personnages sont creux.
Outre les enfants qui sont trop adultes à mon sens, les adultes eux au contraire sont puérils au possible. Les artefacts, tout comme les créatures féériques auraient pu être intéressants s’ils étaient expliqués, à l’instar de l’organisation du monde féérique.
Le personnage de Janie, antipathique mais brillant, est selon moi le plus intéressant… et celui de son jumeau, Charles, le plus inutile. La soeur de Morgana est aussi un personnage qui aurait pu avoir des ressources s’il avait été mieux exploité; là il apparait plus évaporé qu’autre chose.
Seul le personnage de Merlin dans le tome 2 m’a semblé un peu plus abouti que les autres mais je regrette encore une fois de ne pas en avoir su d’avantage et qu’on nous lâche des faits dans plus d’explication.

Pour les points positifs, car il y en a bien quelques uns, j’ai aimé la version de l’auteure de la légende arthurienne, elle est originale et assez cohérente. J’ai trouvé intéressante aussi la façon dont le système de magie est traité avec le système des crosses, je déplore cependant les explications trop lacunaires à ce sujet.

Bref, de bonnes idées, mais largement sous exploitées avec un style d’écriture à mon sens plus que médiocre.
Je n’ai jamais rien lu d’autre de JL Smith, même si j’ai vaguement suivi l’adaptation de ses livres en séries TV (Vampire Diaries et The Secret Circle) et j’ai cru comprendre que la Nuit du Solstice était son premier livre… ceci dit, il y a des premiers romans qui me laissent un goût beaucoup moins amer en bouche.

Bilan: 

 Une lecture longue et difficile que je ne conseille pas malgré quelques bons côtés qui ont été mis au rebut par tous ses défauts.

Note globale: 10/20

[Lecture] Le protectorat de l’ombrelle, t:1: Sans âme [Gail CARRIGER]

4e de Couverture:

Miss Alexia Tarabotti doit composer avec quelques contraintes sociales.

Primo, elle n’a pas d’âme. Deuxio, elle est toujours célibataire. Tertio, elle vient de se faire grossièrement attaquer par un vampire qui, ne lui avait pas été présenté !
Que faire ? Rien de bien, apparemment, car Alexia tue accidentellement le vampire. Lord Maccon – beau et compliqué, écossais et loup-garou – est envoyé par la reine Victoria pour enquêter sur l’affaire.
Des vampires indésirables s’en mêlent, d’autres disparaissent, et tout le monde pense qu’Alexia est responsable. Mais que se trame -t-il réellement dans la bonne société londonienne ?

 

Informations Pratiques:

  • Volume: 324 pages
  • Editeur :  Orbit (12 janvier 2011)
  • Collection : Orbit
  • Version Electronique

L’avis de la croqueuse de livres:

Toujours dans ma lubie actuelle orientée sur l’époque victorienne, je me suis lancée dans la lecture du premier tome d’une série que je voulais lire depuis longtemps: Le Protectorat de l’Ombrelle.

Je m’attendais à quelque chose d’assez sobre (oui, malgré le résumé…) et j’ai ainsi été surprise du (gros) brin de folie dont a fait preuve Gail Carriger dans la rédaction de son récit. Effectivement, si le 19e est bien présent par de nombreux aspects, on est loin du côté un peu « coincé » qu’on retrouve généralement à cette époque. Je conçois que cela puisse perturber les puristes, ayant moi-même à mon actif quelques années sur les bancs d’une fac d’Histoire, je grince souvent des dents face aux anachronismes, fautes de langages et autres joyeusetés qui peuvent nuire à l’historicité d’un récit d’époque.
En l’occurrence, ici, cela ne m’a absolument pas dérangée tant les personnages sont truculents et l’histoire prenante.

Miss Alexia Tarrabotti, vieille fille (de 26 ans) d’origine Italienne par son père, a une fâcheuse tendance à s’attirer des ennuis. Dôtée d’une famille aussi frivole qu’envahissante, elle est dépourvue d’âme; ce qui fait que tout contact physique d’une créature surnaturelle avec la demoiselle, annule les pouvoirs de cette dernière et la rend humaine (les vampires perdent leurs crocs, les loup-garous leur fourrure…). On appelle les personnes comme Alexia des « paranaturels », ces derniers étant aussi rarissimes que craints par les « surnaturels », car ils avaient longtemps été employés comme chasseurs afin d’éradiquer les vampires et autres bêtes à poils.
Dans cet univers, les créatures surnaturelles sont connues et intégrées par les humains, du moins en Angleterre, on apprendra durant le récit que ce n’est pas le cas partout. Une institution nommé le BUR est chargée de contrôler les créatures surnaturelles (les référencer, enquêter en cas de crime les impliquant…), ce dernier est dirigé par le Comte Connal Maccon qui est accessoirement l’Alpha de la meute locale.
Alexia se trouve embarquée malgré elle (même si son sale caractère ne l’aide pas à éviter ce genre d’écueils) dans une sombre machination qui pourrait bien poser problème pour toute la communauté surnaturelle, effectivement, des vampires et des garous disparaissent sans laisser de traces. D’abord soupçonnée, Alexia prend les choses en main et enquête sur l’affaire, au grand dam de lord Maccon, un brin macho sur les bords.

L’histoire en elle-même est sympa, mais un peu cousue de fil blanc.
Ce sont surtout les personnages qui m’ont fait accrocher à l’histoire. Je n’en citerai que quelques uns, mais honnêtement, ils valent presque tous le détour (sauf peut-être les deux demi-soeurs d’Alexia qui sont superficielles au possible).
Alexia: 26 ans, pas d’âme et toujours pas mariée car sa mère a refusé de faire des frais pour son introduction dans la bonne société londonienne, jugeant son physique trop ingrat et son caractère trop imbuvable pour que cela vaille l’investissement. On sent qu’elle est le mouton noir de sa famille, et malgré son physique certes atypique mais toutefois agréable, elle manque cruellement de confiance en elle. Cela ne l’empêche cependant pas d’être très cultivée (n’ayant pas eu à minauder comme les jeunes femmes de son âge, elle a pu se concentrer sur les études) et d’avoir un tempérament bien trempé qui la fait souvent passer outre les convenances et les conventions sociales de l’époque. Alexia est indépendante, téméraire et brillante. Pour moi c’est la femme idéale. 🙂
Lord Maccon: macho, buté, impulsif, protecteur. Je pense que ces mots pourraient résumer la personnalité de l’Alpha local de Londres. On en sait assez peu sur son passé, hormis qu’il vient d’Ecosse et qu’il est craint par tous les loups-garou. C’est un personnage néanmoins attachant à sa façon et qui forme un binôme cocasse avec son second, le Docteur Llyal (qui lui est posé, réfléchi, stoïque en toutes circonstances).
Lord Adelkama: un très vieux vampire aux mœurs… disons, dissolues. Mais qui vaut vraiment le coup d’œil.
Miss Ivy: la meilleure amie d’Alexia, qui est aussi prude que son amie est audacieuse. Ses goûts vestimentaires sont presque aussi distrayants que ceux de Lord Adelkama…

Le livre est une succession de situations drôles et cocasses qui font qu’il se lit très vite et qu’il coule tout seul. D’aucuns trouveront que c’est trop, personnellement j’ai aimé.

Bilan: 

 Un livre que je conseille à toute personne aimant l’époque victorienne qui a besoin de rire et qui aime les personnages hauts en couleurs.

Note globale: 18/20