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[Lecture] Les Chroniques de MacKayla Lane – 5 tomes [Karen Marie MONING]

sériefievre

 

Un article un peu différent aujourd’hui puisque je traite d’une série entière que j’ai dévorée en un peu plus d’une semaine.

La série: 

Cette série se compose de 5 tomes parus chez J’ai Lu entre 2009 et 2012, uniquement en version papier:
– Fièvre Noire [413 pages]
– Fièvre Rouge [448 pages]
– Fièvre Faë [470 pages]
– Fièvre Fatale [597 pages]
– Fièvre d’Ombres – [889 pages]

L’histoire:

MacKayla Lane est une « fille du sud » qui vit une existence douce et tranquille jusqu’à ce qu’on lui annonce que sa sœur Alina, partie faire ses études en Irlande, a été sauvagement assassinée dans une ruelle de Dublin.
Dès lors, elle n’a plus qu’une idée en tête: retrouver le meurtrier de sa sœur et la venger. Elle s’envole donc pour Dublin, loin de se douter de ce qui l’attend.
Effectivement, une fois sur place, elle commence à voir des créatures étranges et menaçantes. C’est suite à sa rencontre avec le mystérieux et irritant libraire, Jéricho Barrons, qu’elle comprendra qu’elle n’a pas d’hallucinations mais qu’il s’agit en fait de Faës, de sombres créatures se nourrissant d’humains et qu’elle fait partie des rares personnes à pouvoir les voir sous leur véritable apparence. Effectivement, Mac est en fait une Sidhe-Seer (une « voyeuse de Sidhe »).
A partir de là, la douce et superficielle Mac va sombrer dans un univers terrifiant où les Faës de l’Ombre (Unseelies) et de Lumière (Seelies), mènent une partie d’échecs dont les humains ne sont que des pions sans importance et où l’enjeu est de mettre la main sur un livre maléfique créé des centaines de milliers d’années auparavant par le roi des Unseelies : le Sinsar Dubh qui semble de surcroît avoir un lien direct avec la mort de sa sœur…
Mac n’aura d’autre choix que de s’endurcir et d’apprendre à utiliser ses capacités au mieux pour trouver des alliés et survivre dans ce nouveau monde de ténèbres…

L’avis de la croqueuse de livres:

Je ne vous en dirai pas d’avantage sur l’histoire, sinon je risque de vous gâcher le plaisir en vous révélant des choses importantes.

La première chose que je dirais à propos de cette série est qu’elle n’est pas à mettre entre toutes les mains: âmes sensibles s’abstenir. En effet, outre des scènes assez osées, il y a également des passages très violents et difficiles, à la limite (ou dépassant les limites, selon le point de vue) du sordide.

Pour autant, cela ne m’a pas empêchée de dévorer littéralement ces presque 3000 pages de bonheur en papier…
Cela faisait très longtemps que je n’avais pas été happée à ce point dans une histoire et tenue en haleine du début à la fin par cette dernière.
Les personnages sont obscurs et mystérieux, l’univers extrêmement complexe et bien ficelé et la trame presque sans temps morts.
Pour une fois, l’histoire ne se passe pas aux Etats-Unis mais en Irlande, l’île d’Emeraude, magique et au folklore aussi riche que sa saison pluvieuse… J’ai aussi apprécié que l’auteure se plonge dans l’univers de la culture celte et de ses mythes complexes pour arriver à les remanier d’une façon tout à fait fascinante et cohérente.

Le personnage principal, Mac, m’a inspiré des choses très variables tout au cours de l’histoire, tantôt m’énervant par son égocentrisme et sa superficialité, tantôt m’étonnant par son courage et sa débrouillardise… J’avoue qu’au final, je ne saurais pas dire si je l’apprécie ou pas. Et c’est le cas pour quasiment tous les personnages de cette série: ils ont tous des côtés positifs et négatifs… brefs, ils sont loin d’être parfaits et c’est ce qui les rend crédibles au final car ils ne sont pas lisses, tout comme le monde dans lequel ils évoluent.

C’est une autre chose que j’ai largement apprécié dans cette histoire, il n’y a pas de manichéisme exacerbé, pas de bons ni de mauvais: juste des gens essayant de survivre, certains utilisant juste des méthodes plus brutales que les autres. Même les Unseelies paraissent moins détestables tant ils sont en fait pathétiques (attention, ce n’est pas pour autant que j’aimerais en croiser un pour lui faire un câlin de réconfort hein…).
Il ne faut jamais se fier aux apparences et c’est la cruelle leçon qu’apprendra Mac tout au long de ses mésaventures.

Cette saga est une ôde au gris qui fait réfléchir et nous montre qu’un comportement destructeur conduit inéluctablement à la destruction: en se battant, les faës ont détruit leur monde, comme les humains sont en train de détruire le leur sans même en avoir conscience… aussi, les faës sont-ils vraiment plus « nuisibles » que les Hommes?
Dans le même registre, quelle est vraiment une attitude honorable et sincère? Se comporter comme nous l’inculque un système de valeurs « civilisées » et artificielles forgé par des siècles d’évolution ou un retour à l’instinct, en respect avec ce que l’on est au fond de soi?

C’est ainsi l’habileté de l’auteure à jouer avec nos nerfs, nos certitudes et nos suppositions (qui au final se sont presque toutes avérées illusoires dans mon cas, chose qui m’arrive assez rarement) qui rend l’histoire aussi palpitante: les choses ne sont jamais figées et rien n’est joué d’avance, personne n’inspire vraiment confiance et si on n’est pas capable de se remettre en question, on ne survit pas. Bref, on se sent perdu et désemparé du début à la fin, comme Mac.
Les seuls bémols que je pourrais apporter (car nul n’est parfait) c’est, d’une part, que sur les derniers tomes il y a un peu de trop de scènes de sexe à mon goût et qui n’étaient pas forcément toutes justifiées pour l’histoire. Et d’autre part, le fait que le druidisme soit clairement assimilé à la magie noire. (on va dire que c’était un parti pris de l’auteure)
Le fait que la narration saute de Mac à Dani sans crier gare était aussi un peu perturbant parfois. J’imagine que l’auteure préparait le terrain pour la suite à venir…

Quand j’ai commencé à lire ces chroniques, je ne m’attendais pas à une telle évolution de l’histoire ou des personnages et même si je ne suis pas habituellement fan des univers post-apocalyptiques ou autres choses du genre, c’est amené ici d’une telle façon qu’arrivée à la fin du tome 5, je n’ai qu’une chose à dire: ENCORE!

Bilan: 

Je pense que vous aurez compris que j’ai été complètement envoûtée par cet univers et que je suis frustrée que cela soit « déjà » terminé, notamment parce qu’un certain nombre de questions restent en suspens. (mon mari ne serait sans doute pas d’accord avec moi, il commençait à se lasser que j’éteigne la lampe à 3h du matin tellement je ne parvenais pas à lâcher mon livre… aller, juste un petit chapitre de plus… ^_^)

J’attends donc avec impatience la « suite » puisque dans les mois qui viennent sortira « Les chroniques de Dany Mega O’Malley – 1 – Iced » chez J’ai Lu.
En attendant, je patienterai en m’attaquant à la série des Highlanders qui se déroule dans le même univers et conte l’histoire de personnages apparaissant dans les Chroniques de MacKayla Lane.

Je tiens aussi à remercier Clo de m’avoir poussée à lire cette série. 🙂

Note Globale: 19/20

[Lecture] Nightside, T1 – Vieux démons – [Simon R. GREEN]

 Nightside, T1 - Vieux démons - Simon R. Green

4e de Couverture:

Je m’appelle Taylor, John Taylor. Ma carte de visite dit que je suis un détective privé, mais en fait je suis plutôt un expert pour retrouver les objets perdus. Cela fait partie du don avec lequel je suis né, dans le Nightside. J’en suis parti il y a pas mal de temps, pour sauver ma peau et ce qu’il me restait de raison. Aujourd’hui, je gagne ma vie dans les rues ensoleillées de Londres. Mais ces derniers temps, les clients se font rares. Aussi, lorsque Joanna Barrett a débarqué dans mon bureau, suintant la richesse par tous les pores de sa peau, pour me demander de retrouver sa fille qui avait fait une fugue, je n’ai pas pu dire non. C’est alors que j’ai découvert où sa fille s’était barrée. Dans le Nightside : deux kilomètres carré d’enfer en plein cœur de Londres, un endroit où il est toujours trois heures du mat’ ; où l’on croise des mythes à tous les coins de rue ; où l’on peut boire un pot avec un monstre. Rien n’y est comme il parait et tout y est possible. J’avais juré de ne jamais y remettre les pieds. Mais une jeune fille est en danger, et sa mère compte sur moi. Alors je n’ai pas le choix : il faut que je rentre à la maison…

Informations Pratiques:

  • Poche: 253 pages
  • Editeur : Bragelonne (18/12/2010)
  • Collection : /
  • Version numérique

L’avis de la croqueuse de livres:

Un livre dans la lignée des « Dossiers Dresden » de Jim Butcher: un anti-héros au passé mystérieux qui n’a aucune envie que qui que ce soit se repose sur lui.
C’est un peu un leitmotiv dans l’Urban Fantasy, les héros masculins y sont souvent des détectives blasés qui ont déjà un fort passif derrière eux. Par opposition aux romans dont les héroïnes sont des femmes, souvent jeunes et inexpérimentées qui découvrent leurs capacités au fil des pages, nous avons donc ici un personnage principal loin d’être naïf, qui se blinde contre toute forme d’émotion.

Cependant, ce héros a le complexe du « chevalier servant », il ne peux pas résister à une dame en détresse. Et c’est ce qui le décide à retourner dans le NigthSide, la face sombre de Londres… un quartier accessible sous certaines conditions qui abrite des créatures plus effrayantes les unes que les autres (et les plus terribles ne sont pas forcément celles qui en ont l’air…) et où même la loi de la jungle fait pâle figure…
On apprend au fil de la narration que John Taylor est originaire de ce quartier et que pour une raison que même lui ignore, il est craint par la majorité de la population qui hante le Nightside et recherché par celle qui reste… et ce n’est pas ce premier tome qui apportera de véritable réponses au pourquoi du comment.

Ceci dit, on ne s’ennuie pas pour autant, au contraire, je n’ai pas vu venir une bonne partie des rebondissements qui ont jalonné l’ouvrage et la fin m’a complètement surprise.
J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre, un peu sombre, narré un peu comme le ferait un privé des années 50 qui ne mâche pas ses mots. Le Nightside recèle aussi des mystères que l’auteur nous donne envie de percer et son lot de personnages énigmatiques et magnétiques dont on a pas forcément envie de connaître la nature profonde mais qui n’en restent pas moins intriguants.

Bilan: 

Comme je n’aime pas rester sur ma faim, il est évident que je lirai la suite de cette série, même si elle n’est pas en tête de ma PAL (Pile à Lire).

Note globale: 13/10