[Lecture] Les Chroniques d’Oakwood: dans l’ombre de la Demoiselle [Marianne STERN]

La Demoiselle d'Oakwood

4e de Couverture:

Oakwood, son église, sa grange abandonnée, ses tavernes, son cimetière. Et ses sorcières, au grand dam des prêtres qui se succèdent sans parvenir à éradiquer les diableries.
Lorsque la nuit tombe, les ombres s’étirent et drapent le hameau d’un manteau de noirceur, laissant à la lune le soin d’épier les plus sombres desseins. Cruelles malédictions et engeances démoniaques arpentent alors librement les rues aux faveurs de l’obscurité ; mieux vaut ne pas s’attarder en-dehors des logis, au risque de rencontrer la Mort au détour d’une bâtisse.
Pourtant, le vieux cimetière attire bien des convoitises… Certains affirmeront avoir aperçu la lueur chétive d’une lanterne au détour d’une tombe, d’autres diront avoir entendu des hurlements déchirants briser la torpeur nocturne. Les plus folles rumeurs circulent au village, mais ses habitants s’accordent à dire qu’il ne se trame rien d’anormal.
Entre spectres, pentacles, corbeaux et cadavres, quelques téméraires se risquent toutefois à des errances en solitaire. L’un en quête de l’être aimé, l’autre animé par une vengeance inassouvie, ou tout simplement, à la recherche du repos éternel. Or tous ignorent que dans l’ombre, la demoiselle d’Oakwood veille…

Informations Pratiques:

  • Volume: 199 pages
  • Editeur : Editions du Chat noir (2 janvier 2013)
  • Collection : Griffe Noire
  • Version électronique

L’avis de la croqueuse de livres:

Après une très mauvaise lecture d’une auteure française que je vous chroniquerai un autre jour (j’attends que ma mauvaise impression décante un peu pour ne pas être trop méchante 🙂 ), ce livre a été une très agréable surprise.

Déjà par quelques choix qu’a fait l’auteure:
– L’histoire se centre sur le bourg d’Oakwood. On ne sait pas où il se trouve exactement, même si divers éléments laissent entrevoir que c’est dans une contrée anglophone, probablement en Europe étant donné que les dates correspondent aux périodes des Grandes Persécutions et de l’Inquisition Espagnole.
– L’ouvrage se présente sous forme de chroniques, à savoir des épisodes de l’histoire de la bourgade qui s’étend sur une période d’une trentaine d’années (de la fin du XVe au premier tiers du XVIe siècle pour les pointilleux 😉 ) dont le fil rouge est un personnage assez charismatique : la Demoiselle d’Oakwood. Une bonne part de l’originalité se trouve dans le fait que les différentes histoires ne se suivent pas chronologiquement (on passe de 1594 à 1620 pour revenir ensuite à 1605) mais il y a une véritable logique là dedans que je vous laisserai découvrir par vous même. C’est un peu déroutant au début, mais dès qu’on a choppé le truc, ça passe beaucoup mieux car les différentes pièces du puzzle finissent par s’emboîter harmonieusement.
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Il y a certes une bonne part de fantastique, mais les descriptions et pas mal d’éléments (mœurs, architecture…) sont historiquement bien renseignés (et forcément, ça parle à l’historienne qui sommeille en moi… :p ).

Ensuite, après l’écriture insipide de ma précédente lecture, ces récits ont été un véritable délice pour l’amatrice de belles lettres que je suis. Effectivement, la plume de l’auteure était pour moi aussi agréable à lire que du Pierre Pevel. C’est dire! (Ceux qui me connaissent savent à quel point j’en suis fan… ^^)
Je ne suis pas une grande fan de romans gothiques, j’ai tendance à les trouver un peu trop glauque pour la pauvre petite chose sensible que je suis, mais là, étonnement, ce côté là ne m’a pas dérangée tellement les récits étaient prenants.

En ce qui concerne l’histoire, je ne pourrai vous la détailler sous peine de spoiler une partie des intrigues, donc je m’attacherai plutôt à la trame générale et à certains protagonistes.
Pour la trame, on suit la destinée de la Demoiselle d’Oakwood, de son enfance jusqu’à 10 ans après son trépas. Pour résumer, Oakwood est une bourgade de bonne taille mais où tout le monde se connait plus ou moins et où on avait une certaine propension à crier à la sorcière au moindre aléa climatique ou virus saisonnier. Du coup, ces « braves » gens, et leur prêtre (« légèrement » fanatique) ont pris l’habitude de traquer et brûler des sorcières; en fait le plus souvent des pauvres filles qui avaient juste des mœurs dérangeant ces gens bien pensants, comme dans la réalité historique des Grandes Persécutions en somme.
A côté de cela, il y a « le Cercle ». On a très peu d’informations à son sujet, mais à priori, c’est un coven assez puissant réunissant de vrais sorciers. Dans son adolescence, Lynn, une jeune fille muette persécutée par son père, est pleinement devenue l’une d’entre eux. Depuis lors, elle s’affaire à libérer les âmes maudites par les paroles du prêtre au moment de leur trépas. Ces fameux « maudits » représentent également une bonne part des « personnages » de ces nouvelles.
En parlant des personnages, ils sont souvent torturés car soit psychopathes, soit des victimes innocentes d’une époque qui n’accorde aucune pitié aux « déviants ». Mention spéciale à John le Sanglant qui est clairement un taré abjecte mais qui malgré tout attise en moi une certaine sympathie car on le sent plus ou moins victime de ses pulsions.
Et sinon évidemment, le personnage de Lynn… finalement on la voit peu, on n’en sait pas beaucoup sur elle, mais je ne sais pas, elle a quelque chose, une fragilité qui la rend attachante.
Finalement, la plupart des protagonistes de ces récits sont des victimes. Victimes de leurs passions. Victimes de leurs vices. Victime d’une époque d’intolérance et de violence. Victimes de leur destin.

Bilan: 

 Un petit coup de cœur pour ce livre. Déjà comme dit précédemment, j’ai été enchantée par le style d’écriture. Et l’auteure a parfaitement réussi à me faire plonger dans son univers… au point même qu’elle a généré en moi une certaine frustration… j’aurais tellement aimé en apprendre plus sur Lynn et sur le Cercle… Savoir ce qu’il est advenu de l’âme de Matthew… Connaître le détail des aventures du cavalier sans visage pendant ses 10 années de pérégrinations… bref, pas mal de choses en suspend… heureusement que j’ai une imagination fertile qui me permet de boucher les trous… ^_^

En somme, un livre que je vous recommande si vous cherchez une lecture rapide, dans une ambiance gothique et très bien écrit.

Note globale: 17.5/20