Archives pour l'étiquette écriture

[Concours de Yule] Les résultats!

  Bonjour à tous!

Et oui, je sais, je suis en retard… terriblement en retard même…
Donc dans un premier temps je présenterai toutes mes excuses aux trois valeureuses plumes qui ont participé à mon modeste concours.

Comme je l’ai signalé sur la page Facebook du blog, j’ai pris le parti de maintenir le concours malgré la non atteinte du quotta prévu dans le règlement, pour plusieurs raisons: c’est un premier concours, il est somme toute assez normal que je n’ai pas eu beaucoup de retours. Ensuite, vu mes longues absences depuis novembre, j’ai clairement négligé et le blog, et les obligations que j’ai prises en lançant ce concours. Et enfin, cela m’aurait vraiment chagriné de ne pas récompenser les personnes qui ont pris la peine de prendre le temps de participer.

Comme je suis une vilaine sadique, je me permets de vous faire un petit rappel des modalités du concours:

  • Rédiger une nouvelle de moins de 3000 mots respectant le thème et les indications données dans le règlement.
  • Le thème: « Un conte de Yule ». Ce dernier sera obligatoirement rédigé dans l’un des styles de la SFFF.
  • La deadline était fixée au 21 décembre 2013

Retrouvez tous les détails sur le topic concerné: ici

yule

Les modalités de jugement:

A réception les textes ont été anonymés puis transmis aux trois membres du jury qui les ont ensuite évalué.

Le jury

  • Moi même
  • Kats
  • Eirlys

Mes deux comparses sont respectivement d’Angoulême et de Paris, ne se connaissent pas et sont toutes deux de grands fans de lecture, et plus particulièrement de SFFF. J’ai toute confiance en leur jugement et leur objectivité et je profite de ce petit laïus pour les remercier chaleureusement du temps qu’elles ont accordé à ce petit concours.
Les filles, vous êtes formidables!

Les critères d’évaluation:

  • Le respect du thème
  • La qualité technique
  • Les qualités rédactionnelles
  • La qualité de l’histoire et le ressenti

Chaque membre du jury a évalué les nouvelles selon ces critères et une note finale moyenne a été attribuée à chaque récit.
Je suis consciente que cela paraît effroyablement mathématique, mais c’est ce qui me semblait être la méthode la plus juste… et au final, nous aurions presque pu nous passer de ce système car nos avis respectifs ont été assez unanimes concernant les textes reçus et le classement s’est imposé de lui même.

Toutefois nous avons été agréablement surprises de la qualité des histoires et textes reçus. Un grand merci donc aux participants pour leur investissement et le travail fourni.

 

Et enfin, ce que vous attendez tous, les résultats:

1ere: Etheldrede – « Le vieux roi du houx et le Troubadour »

2ème: Sajh Esse – « Réminiscence, évanescence, renaissance »

3ème: Syhaey – « Renouveau »

Félicitations à nos gagnants!
Je me tiens à votre disposition si vous souhaitez avoir les éventuels retours du jury sur vos textes.
Les lauréats seront contactés par courriel d’ici dimanche afin de définir les modalités d’envoi de leurs lots respectifs.

Les textes gagnants quand à eux seront prochainement publiés sur l’Ancre de Papier et disponibles en format E-pub.

Très bonne fin de journée à tous!

[Concours de Yule] ça vous dit de prendre la plume?

  Bonjour à tous!

Comme j’en parlais il y a quelques temps sur la page Facebook du blog, j’ai bien envie de vous proposer un petit concours pour les fêtes de fin d’année…

Étant férue de littérature et d’écriture, il m’a semblé naturel de vous proposer un petit concours de nouvelles.
Note importante: si j’ai moins de 5 participants, le concours sera annulé. Merci par avance de votre compréhension.

flocon

 

Le but du jeu:

Rédiger une nouvelle de moins de 3000 mots respectant le thème et les indications données dans le règlement.

Détails et règlement à télécharger ici – toute participation au concours vaut bien sûr acceptation de ces derniers.
Ne prenez pas peur en voyant la taille du règlement, il n’est pas là pour vous embêter, juste pour répondre à un maximum de questions. D’ailleurs si après ce topic et le règlement, vous en avez encore, je suis disponible par mail, sur Facebook ou éventuellement par pigeon voyageur (par contre j’ai un chat, donc je ne garantis pas d’avoir le message 😉 )

Le thème:

Un conte de Yule
Ce dernier sera obligatoirement rédigé dans l’un des styles de la SFFF.

La Deadline:

Le samedi 21 décembre 2013 à 23h59

Les lots:

Je suis consciente qu’ils sont assez modestes, mais j’espère que vous participerez plus pour le fun

et le moment de partage que pour les lots… 😉

Premier Prix:

maeveregan– Le tome 4 de Maeve Regan de Marika Gallman: « A pleines dents » édité chez Milady
– Un assortiment de 4 livres de la collection Librio à choisir dans une liste spécifiée dans le règlement
– Un marque page métallique
– 2 cartes de la Boutique de Asiancloud
– Un carnet étoile origami de la boutique de Asiancloud
– Publication de votre texte sur l’Ancre de Papier dans un topic propre, et dans un recueil epub/pdf qui sera en téléchargement gratuit via le blog

Deuxième Prix:
– Un assortiment de 3 livres de la collection Librio à choisir dans une liste spécifiée dans le règlementacv1
– Un marque page métallique
– 2 cartes de la Boutique de Asiancloud
– Un carnet étoile origami de la boutique de Asiancloud
– Publication de votre texte sur l’Ancre de Papier dans un topic propre, et dans un recueil epub/pdf qui sera en téléchargement gratuit via le blog

Troisième prix:
– Un livre de la collection Librio à choisir dans une liste spécifiée dans le règlement
– Un marque page métallique
– 2 cartes de la Boutique de Asiancloud
– Publication de votre texte sur l’Ancre de Papier dans un topic propre, et dans un recueil epub/pdf qui sera en téléchargement gratuit via le blog.

Du 4e et 5e prix:
Oui, je suis optimiste sur le nombre de participants… 😉
– Publication de votre texte sur l’Ancre de Papier dans un topic propre, et dans un recueil epub/pdf qui sera en téléchargement gratuit via le blog

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Voilà, n’hésitez pas à partager autour de vous et à participer!

Au plaisir de vous lire!

[Ecriture] Participation au Challenge Steampunk d’Elenya Editions

Bonjour à tous!

Le 14 juin dernier, Les Editions Elenya ont proposé une challenge littéraire intéressant: écrire une nouvelle en 24h sur un thème donné au dernier moment.
En l’occurrence ici: le Steampunk

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Très intéressée par le concept, je me suis inscrite sachant pertinemment que pour moi le défi serait double: écrire une nouvelle en 24h, certes, mais encore moins que cela puisque le samedi soir, j’étais invitée à l’anniversaire d’un ami.
Dans les faits, j’y ai donc passé 3h le samedi après-midi, je suis partie à la soirée et suis rentrée à 4h du matin… et me suis vaillamment relevée à 8h le dimanche, complètement enfarinée par la soirée de la veille, pour terminer dans les temps et renvoyer mon texte avant 11h30.

J’avoue que ça a été dur. D’une part, je n’ai jamais écrit de Steampunk, même si c’est un genre que j’apprécie… j’ai donc fait un beau hors sujet… et faute de temps pour corriger, j’ai laissé passer des fautes et des redondances dans mon texte. Mais j’avoue avoir été très contente d’être tout de même parvenue à envoyer un texte dans les temps. Rien que pour ça, ma participation n’a pas été vaine.

Les résultats sont tombés mercredi. Vous vous en doutez, je ne fais pas partie des lauréats, mais au fond, peu importe. L’émulation intellectuelle, l’excitation grimpante à l’approche du jour J et de l’envoi du sujet, la montée d’adrénaline dans la dernière ligne droite… En bref, toutes les émotions d’un auteur en moins de 24h… tout cela fait que cela a été une merveilleuse aventure humaine, partagée par 75 personnes et que je réitérerai avec plaisir dès la prochaine édition de ce genre de Challenge par cette petite maison pas encore très connue mais qui est gérée par des passionnés et qui a déjà toute ma sympathie.

Si jamais le cœur vous en dit, mon texte est disponible en ligne ou en téléchargement ICI.
(ou ici, si la police de la V1 est trop difficile à lire pour vous ^_^)

N’hésitez pas à me laisser vos commentaires! 😉

[Nouvelle] Une nuit dans la forêt des Pierres Sombres

Participation à un concours d’écriture… Thème: « Tu n’oseras jamais… on parie ? »

foret

Une nuit dans la forêt des Pierres Sombres

Nan mais qu’est ce qui m’avait pris d’accepter ?  C’était tout moi ça : on me lance un pari stupide et je fonce tête baissée comme un adolescent qui carbure aux hormones. On pourrait croire qu’à trente ans on est doté d’une maturité suffisante pour éviter ce genre d’écueil, pensez-vous !  Et maintenant je me retrouvais dans une belle panade…

Enfin Bref, vous l’aurez compris, toute cette histoire de fou a commencé avec un défi idiot que m’avait lancé mon amie Anna — au passage, je ne sais pas encore si elle sera toujours mon amie si je me sors vivante cette aventure ; je me laisse le temps de la réflexion…

Comme tous les samedis, nous déjeunions ensemble et pendant que je finissais goulument mon éclair au café, notre conversation avait dérivé sur de vieilles légendes locales et plus particulièrement sur ce bois réputé hanté qu’il y avait à proximité de là. J’ai toujours été une abominable cartésienne ; aussi Anna, qui elle avait un certain penchant pour l’ésotérisme, tentait-elle régulièrement de me faire revenir sur mes positions à l’aide d’argumentaires tous plus farfelus les uns que les autres. Ce jour-là, excédée que je me refuse encore à admettre que l’inexplicable pouvait parfaitement être vrai, elle m’avait lancé ce challenge :

–  Tu n’oseras jamais passer une nuit seule dans la forêt des Pierres Noires, il paraît que même les gardes forestiers n’y mettent pas les pieds la nuit, dit-elle en frissonnant à cette simple pensée.

–  On parie ? Si je relève ton défi, tu ne me bassineras plus avec toutes tes histoires à dormir debout, d’accord ?

–  Ok, mais si tu perds ? Demanda-t-elle, goguenarde.

–  Si je perds ? ça n’arrivera pas, mais si ça peut te faire plaisir, je clamerai haut et fort sur mon blog que je crois au paranormal. Lui répondis-je, sûre que je n’aurais pas à le faire.

–  Ça roule Ali !

Là-dessus, nous avions achevé le repas en définissant les détails de mon expédition. Pour Anna, afin que tout ça soit valable, il fallait que je me passe de toute technologie durant cette fameuse nuit : pas de lampe de poche, pas de réchaud et ne parlons même pas d’un GPS. Elle m’interdit même de prendre une tente ! Quelle sadique tout de même. Elle savait que j’avais une sainte horreur des insectes…

Je serrai les dents à l’énoncé de tout ce dont j’allais devoir me passer car, je l’avoue sans aucune honte, je suis totalement accro à mon petit confort et tout ce qui le compose. Au fond, j’étais plus effrayée de devoir passer une quinzaine d’heures sans internet que de potentiellement croiser l’un des spectres dont m’avait parlé Anna.

Le soir même, elle m’avait donc déposée à l’orée de la forêt, uniquement chargée d’un sac à dos. Elle me fit un petit signe de la main, démarra et disparut quelques instants plus tard, la route redevenant désespérément déserte.

Le soleil n’était pas encore couché mais je réprimai un frisson en me retournant vers l’étendue arborée. Cette forêt avait quelque chose d’inquiétant. La perspective de tomber sur un tueur en série échappé de l’asile par exemple… Ou sur un ours !

Je ravalais bien vite ces craintes stupides. Il n’y avait pas d’ours dans cette partie du pays. Et si je commençais à me laisser aller à ces divagations ridicules, la nuit allait être très longue. Je respirai un grand coup, relevai la tête, bombai le torse et m’avançai sous la frondaison encore baignée par les rayons du soleil déclinant.

Je marchai pendant un moment qui sembla durer des heures et finis par tomber sur une clairière. Au centre de celle-ci se dressaient six gros rochers sombres, ceux qui avaient donné son nom à ce lieu. Comme convenu avec Anna, je m’avançai dans le cercle formé par cinq d’entre elles et posai mon sac près du rocher central, un peu plus plat que les autres. On aurait presque dit un autel primitif, mais j’avoue que je goutais peu à ce genre d’anecdotes pittoresques ; aussi m’installai-je dos contre la pierre en grognant et mangeai un morceau.

Tout se passa fort bien jusqu’au moment où j’entrepris de dormir, aussi m’enroulai-je dans mon sac de couchage en riant doucement de la naïveté d’Anna.

Je sombrai à peine dans le sommeil quand une présence me fit rouvrir les yeux. Je m’assis prestement et me retrouvai nez à nez avec ce qui ressemblait furieusement à un loup… le hic ? Il n’était pas plus sensé y avoir de loup que d’ours dans ce secteur. Mais j’avoue que celui-ci semblait particulièrement réel et furieux, ce que m’indiquaient ses babines retroussées et ses grognements menaçants. Je reculais mais fut bloquée par le rocher dans mon dos, c’est alors que le loup devant moi, hurla à la lune, d’autres cris lui répondant au loin. Pétrifiée, j’entendais ses acolytes qui approchaient…

Voilà comment je m’étais retrouvée là… à cause d’un stupide pari.

Perdue que j’étais dans mes réflexions, je n’avais pas vu les quatre autres loups m’encercler.  Chacun s’était posté devant l’un des rochers, y compris celui qui m’avait réveillée. Je les fixai, perplexe, quand je perçus d’étranges lueurs voletant entre les arbres et arrivant de toutes part. Plus ces dernières se rapprochaient, plus j’arrivais à les distinguer : on aurait dit des fées. Oui oui, des fées, ces petites créatures ailées et scintillantes.

L’une d’elles se posta devant moi et me tendit une pivoine mauve en riant de sa voix cristalline. Je pris la fleur, toujours aussi stupéfaite devant les loups, impassibles. J’entendis alors une voix résonner « Tu n’as rien à faire ici, mortelle ! Rendors-toi ! ». Je me retournai et aperçus le plus bel homme qu’il m’ait été donné de voir : grand, le teint halé, des yeux verts perçants… et vêtu de peaux de bêtes. Le plus étonnant étant sans doute les bois de cerfs qui ornaient sa tête. J’allais lui répondre quand je me réveillai subitement dans la clairière déserte.

Je souris. Tout cela n’était finalement qu’un rêve. Je tentai de me relever, pensant à la tête que ferait Anna devant mon triomphe, mais quelque chose dans ma main me gênait.

Je l’ouvris et y trouvai une pivoine mauve…

[Nouvelle] Les contes de la Forêt des Marais

marais

Evena courait à en perdre haleine, éperdument elle essayait d’échapper aux murmures menaçants de la forêt… Elle était vivante, elle en était intimement convaincue…

Sinistre et vivante.
Les susurrements lugubres se faisaient de plus en plus pressants, l’obligeant à aller au-delà de ses propres forces et ne lui laissant guère le temps de reprendre son souffle…
Soudain, elle trébucha, mais par chance, elle parvint à maintenir son équilibre précaire et à poursuivre sa course effrénée contre la menace latente, persuadée que cette racine, objet de son hypothétique chute s’était placée là volontairement, pour la faire choir…
Les branchages des arbres tentaient de l’attraper au passage, mais elle était insaisissable, telle la fumée volatile qui s’échappait de la maison où elle avait grandit et qui l’avait connu si heureuse.
Elle n’en pouvait plus, tout lui semblait vain, elle repensait à sa famille, qui elle, avait déjà succombé aux assauts de la forêt quelques heures plus tôt. Elle était seule, perdue, et à bout de souffle. Elle ne rêvait plus que d’une chose, laisser les arbres la prendre, que tout cela finisse et qu’elle soit enfin en paix… Elle allait abandonner quand elle aperçut une lueur au loin. Cela lui redonna l’énergie nécessaire pour tenter de l’atteindre.
Au bout de quelques minutes durant lesquelles les grognements de la forêt lui parurent encore plus effrayants, elle arriva près de cette lueur. Elle émanait d’une modeste chaumière qui se trouvait là, comme perdue au cœur de cette mer verdâtre, lovée dans une clairière qui semblait presque hospitalière malgré les arbres inquiétants qui la bordaient…
Elle continua de courir jusque devant la porte, s’accordant quelques secondes pour reprendre son souffle avant de se résoudre à frapper. Elle allait le faire lorsque la porte s’ouvrit d’elle-même dans un grincement angoissant, puis une voix éraillée parvenant de l’intérieur l’invita à entrer.
Elle hésita quelques instants puis sentant la rumeur menaçante des arbres qui allait bientôt la rattraper, elle prit une grande inspiration et se décida à rentrer.
L’intérieur était modeste, une table, deux chaises, un bahut, une bibliothèque sur laquelle reposaient quelques livres poussiéreux et dans un recoin, un lit à la couverture grisâtre. Près de la cheminée il y avait un rocking-chair qui se balançait de manière lancinante, elle ne pouvait pas bien distinguer la silhouette qui y était installée et qui lui tournait le dos en marmonnant une mélopée incompréhensible.
Elle s’approcha lentement, ne se rendant même pas compte que la porte s’était refermée derrière elle. Elle arriva vers la silhouette qui se retourna alors brusquement vers elle avec un sourire édentée, la faisant reculer de quelques pas.
Elle observa rapidement la personne qui lui faisait face… si c’était bien une personne.
Il s’agissait d’une vieille femme, très vieille même, son petit corps frêle semblait tellement noueux qu’on aurait pu la croire faite de bois sous les plis de sa robe de toile sombre. Son visage était aussi ridé que la surface d’une marre dans laquelle on aurait négligemment lancé quelques galets épars, mais son regard d’ébène était tellement perçant qu’Evena avait l’impression qu’il pénétrait son âme troublée.
La vieille femme la fixa un moment dans le silence, la rumeur des arbres s’était tue semble t-il, mais cette soudaine quiétude était aussi inquiétante pour la jeune fille.
Puis l’ancêtre sourit, d’une façon qu’Evena voulut penser bienveillante, pour se rassurer elle-même. La jeune fille remarqua alors qu’une chaise se trouvais derrière elle, pourtant elle aurait juré qu’elle n’y était pas la minute d’avant… Mais la vieille lui fit un signe de la main l’invitant à s’asseoir, et malgré ses craintes et l’atmosphère étrange de la chaumière, Evena se sentit obligée d’obéir.
La vieille femme sourit de nouveau puis se mit à parler, d’une voix rauque qui craquait à l’oreille telle du bois sec :

« Grandiose éloquence,
Enivrement des sens,
Qui par l’aube précoce
Résonne en échos féroces.

La souche sèche et morbide,
Forte sous la lune gravide,
S’approche, dans le silence subtil,
De la frêle proie fébrile.

Plus nulle issue possible,
Elle s’écroule, trop fragile,
Et la forêt la dévore, sinistre prédateur,
Funeste destin dans l’inquiétant décor.

Pauvre âme égarée,
Perdue dans la Forêt des Marais,
Dans le sang son destin fut scellé.
Et désormais, son spectre assoiffé,
Hante aussi ces lieux maudits abhorrés,
Dans l’attente d’une nouvelle proie affolée… »

La vieille s’interrompit et observa Evena quelques instants, la jeune fille était comme pétrifiée par l’oraison de la vieille femme, mais en même temps, l’intérêt et la curiosité se lisaient sur son visage figé.
La vieille sourit, elle avait trouvé. Elle déclama alors :

«_ Telle est la loi de la forêt maudite. Quiconque y entre ne peut plus en sortir. Les arbres ne le permettent pas et les impudents ne font pas long feu, ils rejoignent rapidement les spectres de l’armée des Marais…
_ Mais, qui… qui… tenta maladroitement d’articuler Evena.
_ Je suis leur Mère à tous. Elle s’interrompit un instant devant le visage horrifié de la jeune et fragile jeune fille, puis poursuivit avec un rictus macabre, Et toi, tu es désormais mon élève. »