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[Lecture] Les Nouveaux Royaumes Invisibles – t1: l’Heritier Oublié [Julie KAGAWA]

4e de Couverture:

Essayez seulement de ne pas croire aux fées… Elles ne disparaîtront pas pour autant.
Je m’appelle Ethan Chase. Je veux juste être normal mais les fées, elles, ne veulent pas se laisser oublier. Le seul moyen de me débarrasser d’elles pour de bon ? Pénétrer leur territoire et solliciter l’aide de la Reine du Fer, ma sœur. J’aurais préféré partir seul, ne révéler mon secret à personne. Mais Kenzie, la fille qui me fait rêver, s’est imposée dans l’aventure.Je m’appelle Ethan Chase. Et je ne vivrai peut-être pas assez longtemps pour voir se lever le jour de mon dix-huitième anniversaire.

Informations Pratiques:

  • Volume: 512 pages
  • Editeur :  Harlequin (1er mai 2013)
  • Collection : Darkiss
  • Version électronique

L’avis de la croqueuse de livres:

Parenthèse:
Me revoilà après une looooooongue absence qui se justifie par mes aventures personnelles: je n’en ai pas vraiment parlé ici mais après 7 années à travailler à temps plein, je reviens cette année sur les bancs de l’université… et croyez moi ou non, être étudiante, c’est vachement plus fatiguant que de travailler 40 heures par semaine… X_x
J’ai eu beaucoup (et j’en ai encore) de dossiers à rendre ces dernières semaines et entre les 2h30 quotidiennes de transport en commun, les 7h de cours et les 3 ou 4h de travail personnel/en groupe, j’ai un peu négligé le site…
Cela devrait aller mieux dans d’ici fin janvier mais en attendant je risque d’être encore assez lacunaire…
Merci d’avance de votre compréhension…

D’ailleurs pour me faire pardonner, voici une petite chronique sur une petite pépite… 😉

Ce livre est le premier tome d’une série qui fait suite à celle des « Royaumes Invisibles » de Julie Kagawa.
Je ne vous ai jamais parlé de cette dernière que j’ai lu il y a déjà un certain temps, non pas parce que je jugeais qu’elle n’en valait pas la peine mais au contraire parce que j’aime tellement cette série que je ne voulais pas risquer de passer à côté de son essence dans une chronique écrite si longtemps après sa lecture. Pour vous donner une idée, j’ai lu (dévoré?) la série, qui se compose de 4 tomes + 2 nouvelles, en moins de 5 jours (et je n’étais pas en vacances…).

Aussi, quand j’ai su que l’auteure allait écrire une suite, centrée sur le personnage d’Ethan, petit frère de l’héroïne, et qui se passe une décennie après, j’ai eu un sentiment très mitigé, oscillant entre « j’ai trop hâte, j’adore cet univers » et « oui. Mais si c’est moins bien et que je suis déçue? », risque que je n’étais pas sûre de vouloir prendre… Mais l’envie de retrouver l’univers du Pays de Nulle Part a été plus forte et après quelques mois, j’ai fini par céder à la tentation… Et grand bien m’en a pris!

Le contexte (attention, si vous n’avez pas lu la première série, il y a des spoils):
– Les Royaumes Invisibles
Peut-être connaissez vous le Songe d’une Nuit d’été de Shakespeare? Si vous l’avez lu, vous savez déjà qu’il existe un monde concomitant du notre. Un royaume où règnent les fées, où les créatures de nos folklores sont reines et aiment à faire des farces cruelles aux humains…
Julie Kagawa a habilement repris ces principes et créé un monde original, mais qui parlera néanmoins à ceux qui ont un peu de culture féérique. En effet, elle part du postulat que parallèle à notre monde, il existe le Pays de Nulle Part. Un endroit où vivent toute les créatures imaginées par les Hommes et qui vivent grâce à leurs croyances. Ce pays se divise (du moins officiellement) en deux Royaumes: la Cour d’été, dirigée par le Roi Obéron et sa turbulente épouse, Titania, et la Cour d’Hiver, dirigée par la glaciale Mab, accompagnée de ses trois fils.

-La première série:
Dans la première série, le petit Ethan Chase, 4 ans, est kidnappé par des fées. Sa soeur, Meghan, qui adore son petit frère, fait alors tout pour le retrouver, au péril de sa vie. Il s’avère que sans le savoir, cette dernière est une demie-sang… et pas n’importe laquelle, puisqu’elle est la fille d’Obéron (rien que ça!). Affrontant de nombreuses épreuves dans ce monde plein d’embûches où mêmes les autochtones ne sont pas certains de survivre bien longtemps, Meghan finira par se faire une place, puisqu’elle deviendra la Reine de Fer, souveraine d’un « nouveau » royaume féérique issu de l’affection récente des Hommes pour la technologie. Après avoir sauvé son frère, Meghan quitte donc sa famille pour assumer ses nouvelles responsabilités de reine, accompagnée par son époux, Ash, l’un des fils de Mab. Ethan ne lui pardonnera jamais cet abandon.

– La nouvelle série.
Treize ans se sont écoulés. Ethan a bien grandi. Marqué par les évènements de son enfance, il a perdu son innocence et est devenu un adolescent difficile, en lutte permanente contre les fées qui lui pourrissent l’existence à cause de son « don » de vision absolue (il voit les fées dans notre monde). A cause de ces dernières, il passe pour un jeune délinquant, un marginal dont personne ne veut et qui s’est créé une carapace afin que personne ne l’approche: s’attacher c’est mettre les gens en danger.
Solitaire, il essaye malgré tout d’avoir une vie normale, ne serait-ce que pour faire plaisir à sa mère qui a déjà beaucoup souffert du départ de Meghan.
Le récit commence alors qu’Ethan fait son entrée dans un nouveau lycée, espérant que cette fois tout se passera bien. Mais sous son air de dur, renfrogné et sauvage, il ne peut pas laisser un plus faible se faire maltraiter impunément. C’est ainsi qu’il sauve un demi-sang… et se retrouve plongé encore une fois dans les histoires des fées. Et il va malgré lui y entrainer Kenzie, une fille de sa classe qui a décidé de lui coller aux basques pour percer sa coquille.
Tous deux, parachutés au Pays de Nulle Part, vont alors devoir lutter pour leur survie et celle de tous les Exilés et les Demi-sangs qui peuplent la Terre…

Je n’en dirai pas plus sur l’histoire pour ne pas vous gâcher le plaisir.
Mais l’intrigue est cohérente, même si j’en aurais voulu plus… c’est le risque quand on accroche bien à une histoire, on est toujours frustré quand ça se termine et on en veut à l’auteur de ne pas avoir d’avantage développé… donc on prend son mal en patience en attendant le tome suivant…
Le fil du récit reprend les recettes qui m’ont fait aimé les premiers opus: un monde magnifique mais cruel où il n’y a ni bons ni méchants: juste des créatures qui essayent d’assurer leur survie ou qui sont soumises à leur nature profonde. Le manichéisme n’a pas vraiment sa place ici, tous les personnages ont de bonnes raisons d’agir comme ils le font, ils sont tous légitimes dans leurs actes, même si ces derniers peuvent nous sembler contestables.

En ce qui concerne les personnages, j’ai retrouvé avec plaisir ceux à qui je m’étais attachée dans la première série. Notamment Grimalkin, toujours égal à lui même avec sa fameuse réponse à tout: « je suis un chat! » (si vous aimez le Chat du Cheshire dans Alice au Pays des Merveilles, je ne doute pas que vous apprécierez ce félin là… fourbe à souhait et… tellement chat!)…
J’ai aussi été ravie de retrouver la Muse Noire qui a ici un rôle assez central, elle est toujours aussi capricieuse et calculatrice, un pur bonheur.
Pour ce qui est de la galerie de nouveaux personnages, je ne citerai que les trois principaux:
– Ethan: On est bien loin du petit garçon aux grands yeux bleus innocents et si craquant de la première série. Treize ans après, on retrouve un jeune homme, qui a perdu toute candeur, solitaire et dur. Le changement est somme toute assez logique après tout ce qu’il a traversé. Au fil du tome, sa carapace se fendille et on retrouve un peu du petit garçon plein d’espoirs, mais un petit garçon qui sait que le monstre qui se cache sous son lit est réel et qui s’est armé en conséquence.
– Kenzie: au début, je craignais l’ado gosse de riches, complètement écervelée. Mais c’était mal connaître Madame Kagawa qui n’a pas son pareil pour donner de la profondeur à ses personnages. Kenzie est un personnage qui apporte de la fraicheur à l’histoire, mais aussi un aspect plus dramatique. Elle est foncièrement attachante et c’est vraiment un protagoniste intéressant.
– Keirran: L’autre personnage principal. Je n’en dirai pas beaucoup sur lui pour ne pas vous spoiler, même si pour ma part, j’ai rapidement compris qui il était. Mais encore une fois, on a un personnage avec un héritage, une histoire, qui font qu’il agit d’une certaine façon, tout à fait tangible. Il est aussi en lutte contre lui même et même si certaines de ses réactions peuvent paraître discutables, je les trouve tout à fait cohérentes.

Vous aurez sans doute compris que je manque cruellement d’objectivité, ce blog n’a pas la prétention d’être objectif, mais de partager un ressenti, des émotions. Et à travers ces pages, j’ai eu des émotions car Julie Kagawa est l’une des rares auteures à réussir la prouesse de me faire voyager pleinement dans son monde,  il suffit de clore les paupières et la magie opère. Ce récit a ses défauts bien sûr… mais je n’ai aucune envie de m’appesantir dessus, d’ailleurs, j’écris ces lignes une semaine après l’avoir terminé et… je ne m’en souviens même pas, c’est dire! (si, le seul qui me vient à l’esprit là maintenant tout de suite, c’est que c’était trop court!)

Bilan: 

 Je craignais que cette suite me déçoive, soit moins bonne que la première série. J’avais tort.
Cette chronique est plus longue que celles que je fais habituellement parce que j’ai à cœur de rendre hommage à ce récit… j’aurais pu faire encore plus long alors profitez de votre chance que je sache me tenir! 😉
J’ai retrouvé tout ce que j’avais aimé dans les Royaumes invisibles: des personnages attachants, un monde cruel empreint de poésie et d’une beauté étrange, une histoire prenante qui m’a fait rire et pleurer.
Je ne peux donc que conseiller cette série que vous aimerez aussi si vous appréciez le Songe d’une Nuit d’été, Alice au Pays des Merveilles et que vous êtes sensibles au Folklore.

Notez toutefois que c’est du young adult, avec tout ce que cela implique. Donc inéluctablement, beaucoup n’aimeront pas. Mais si suite à mes précédentes chroniques, vous vous sentez une quelconque affinité avec mes goûts littéraires, foncez! C’est un beau voyage qui vous attend.

Autre chose: il n’est pas indispensable d’avoir lu la première série pour apprécier et comprendre celle-ci car Ethan (qui est la narrateur), explique pas mal de choses. Ceci dit, si vous avez le courage, lisez la car vous comprendrez mieux certaines choses et vous n’en apprécierez que d’avantage le sens du détail de l’auteure.

Note globale: 19,5/20

[Lecture] La nuit du solstice : Tome 1 & 2 : Solstice d’hiver – Un coeur indompté [J.L. SMITH]

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4e de Couverture:

Selon la légende, il y a bien longtemps, les passages reliant la Terre au Féérie Féerie ont été scellés, éloignant à jamais les humains de ce monde où les contes vivent encore. Seule la magicienne Morgana Shee détient le secret du dernier enchantement qui en ouvre les portes. On raconte que sa résidence est construite sur le dernier passage existant…La maison sur la colline est un lieu étrange. Irrésistiblement attirée par le mystère qui s’en dégage, Claudia implore sa grande sœur, Alys, ainsi que les jumeaux Charles et Janie, de l’y accompagner. Là-bas, grâce à une formule obscure qui leur permet de traverser les miroirs, ils sont transportés dans un autre univers, la Féérie. Féerie, où la magie règne. Un monde où la sorcière Morgana, gardienne des portes, a disparu. Or le solstice d’hiver approche, seul moment d’ouverture du dernier passage. Et maintenant que les portes ne sont plus gardées, le terrible mage noir Cadal prévoit de l’utiliser pour envahir et asservir les humains. Pour l’en empêcher, Claudia, Alys, Charles et Janie vont devoir libérer Morgana, retenue prisonnière par un sombre enchantement. Mais comment retrouver la sorcière protectrice dans ce monde aussi étranger qu’imprévisible? Trouver le passage ou se perdre à jamais…
 

Informations Pratiques:

  • Volume: 488 pages
  • Editeur :  Michel Lafon (21 juin 2012)
  • Collection : /
  • Version papier

L’avis de la croqueuse de livres:

Tout d’abord, désolée de m’être faite un peu rare ces temps-ci… mais j’ai une bonne excuse, depuis quelques semaines je n’arrête pas de courir entre le travail, des oraux de concours et la reprise de mes études. Sans compter qu’avec l’arrivée de l’automne, j’ai une bonne crève qui s’éternise depuis 3 semaines…
Peu de temps pour rédiger des chroniques mais aussi pour lire. Même si j’avoue que le temps que j’ai passé à lire ce livre n’est pas uniquement dû à mon emploi du temps chargé… Effectivement, si j’ai été séduite par la couverture sublime et le 4e de couverture qui me paraissait assez sympa, j’ai eu beaucoup plus de mal à accrocher à cette histoire.

A la base de l’histoire, on fait la connaissance d’une gentille fratrie de 3 soeurs et un frère ayant tous des caractères assez disparates. Suite à un concours de circonstances et à l’intervention d’une renarde, ils découvrent que de l’autre côté d’un passage, ici figuré par une multitude de miroirs, il existe un monde étrange, celui des sorciers et des fées.
Nous les suivrons alors dans leur quête de la sorcière Morgana qui est sensée pouvoir empêcher un méchant sorcier d’envahir notre monde.

Sur le fond j’ai trouvé l’idée intéressante car je suis toujours curieuse de voir comment sont traitées les thématiques relatives aux fées, d’autant plus qu’ici le tout est mâtiné de légendes celtes et arthuriennes dont je suis friande.
Sur la forme je suis plutôt circonspecte. Il y a de bonnes idées, vraiment, mais j’ai la désagréable impression que tout est bâclé, que l’auteur n’explique pas des choses qui devraient l’être et surtout que les personnages sont creux.
Outre les enfants qui sont trop adultes à mon sens, les adultes eux au contraire sont puérils au possible. Les artefacts, tout comme les créatures féériques auraient pu être intéressants s’ils étaient expliqués, à l’instar de l’organisation du monde féérique.
Le personnage de Janie, antipathique mais brillant, est selon moi le plus intéressant… et celui de son jumeau, Charles, le plus inutile. La soeur de Morgana est aussi un personnage qui aurait pu avoir des ressources s’il avait été mieux exploité; là il apparait plus évaporé qu’autre chose.
Seul le personnage de Merlin dans le tome 2 m’a semblé un peu plus abouti que les autres mais je regrette encore une fois de ne pas en avoir su d’avantage et qu’on nous lâche des faits dans plus d’explication.

Pour les points positifs, car il y en a bien quelques uns, j’ai aimé la version de l’auteure de la légende arthurienne, elle est originale et assez cohérente. J’ai trouvé intéressante aussi la façon dont le système de magie est traité avec le système des crosses, je déplore cependant les explications trop lacunaires à ce sujet.

Bref, de bonnes idées, mais largement sous exploitées avec un style d’écriture à mon sens plus que médiocre.
Je n’ai jamais rien lu d’autre de JL Smith, même si j’ai vaguement suivi l’adaptation de ses livres en séries TV (Vampire Diaries et The Secret Circle) et j’ai cru comprendre que la Nuit du Solstice était son premier livre… ceci dit, il y a des premiers romans qui me laissent un goût beaucoup moins amer en bouche.

Bilan: 

 Une lecture longue et difficile que je ne conseille pas malgré quelques bons côtés qui ont été mis au rebut par tous ses défauts.

Note globale: 10/20

[Lecture] Absynthes & Démons [Ambre DUBOIS]

4e de Couverture:

« Qui est réellement Lord Nermeryl ? Le diable, comme le laisse sous-entendre la rumeur ? Ou un jeune dandy un peu trop excentrique dont le passe-temps morbide est d’enquêter sur des affaires surnaturelles ?

Au fil des énigmes, en compagnie de sa fidèle compagne, la Corneille, le jeune homme goûte la saveur des âmes des êtres humains, découvrant les travers de l’humanité et y apportant sa propre justice… d’une manière bien singulière… »

Informations Pratiques:

  • Volume: 184 pages
  • Editeur : Les Editions du Riez (octobre 2011)
  • Collection : Brumes Etranges
  • Version Electronique

L’avis de la croqueuse de livres:

Cela fait un petit moment que je voulais lire ce recueil… entre la couverture d’Anne-Claire Payet qui est juste magnifique et le résumé qui est plus qu’alléchant, cet opus des Editions Du Riez ne pouvait que me faire saliver d’envie.
Aussi, quand je me suis rendue compte (j’avoue, je suis un peu longue à la détente) qu’il était disponible en version numérique pour une somme modique, je me suis jetée dessus telle une bête sauvage.
Et grand bien m’en a pris!

 Nous avons ici un recueil de 9 nouvelles. Nouvelles qui ont pour personnages principaux Lord Jorian Nermeryl, un dandy étrange qui inspire la crainte à ceux qu’il rencontre, et La Corneille, sombre et singulier volatile qui l’accompagne tant pour l’assister que pour le surveiller.
Lord Nermeryl est un enquêteur d’un genre un peu particulier dont la spécialité est de régler des affaires surnaturelles pour quiconque a reçu sa carte de visite.
Chacune des nouvelles reprend donc une enquête menée par ce binôme insolite, dans une Angleterre du XIXe siècle décrite avec finesse. Chaque texte apporte quelques informations sur le héros et nous conduit subtilement vers le dénouement final du recueil.
Au fil des récits, nous rencontrerons tour à tour fantômes, vampires, fae et anciennes divinités, toujours dans une ambiance à la fois sombre et romantique, mais sans tomber dans le sordide.
Certaines des fins m’ont surprise, d’autres moins, mais toutes étaient appropriées et finalement assez logiques.

En ce qui concerne les personnages, j’ai été séduite par les personnalités de nos deux protagonistes.
Lord Nermeryl, dandy arrogant (terme dont a peut-être un peu abusé l’auteure au fil des pages), désenchanté et en proie à des besoins charnels importants, tant pour soulager son corps que pour nourrir son âme.  Pour les personnes que cela pourrait surprendre, le monsieur est bisexuel et on le voit souvent en compagnie de jeunes éphèbes au cours du récit. Les scènes érotiques sont assez présentes dans chaque texte mais pas vulgaires, tout est décrit avec subtilité et pudeur. Au niveau du tempérament du dandy, j’ai ressenti beaucoup de mélancolie et de souffrance. C’est un personnage à la fois sans pitié, mais pas dénué de morale pour autant, malgré le maître qu’il sert. D’une certaine façon, je l’ai même trouvé plutôt attachant et j’attendais la fin de la dernière nouvelle avec impatience, pour lui.
La Corneille quant à elle recèle quelques surprises. Elle a une relation assez complexe et ambiguë avec Jorian. Elle est, tout au long des récits, tiraillée entre sa mission et les sentiments très humains que le dandy lui inspire. Il était assez cocasse au début de voir un volatile faire des crises de jalousie, telle une maîtresse blessée, à chaque incartade de son compagnon de route, mais on s’y habitue assez vite et au fil des pages, cela apparaît logique et naturel.

Certains des autres protagonistes rencontrés dans les textes sont aussi touchants, torturés, désespérément humain. J’ai aussi aimé ces personnages tout en nuances, complexes, prisonniers de leurs états d’âmes: cette âme apparaissant le plus souvent comme un fardeau que comme une bénédiction. Mention spéciale au fossoyeur de « l’Orgue » et à Lucifer.

Pour ce qui est des enquêtes, je vous laisserai les découvrir, mais sachez que, moi qui ai une grande réticence avec les histoires qui ne se terminent pas en « Happy End », j’ai pourtant beaucoup apprécié ce recueil ou les fins heureuses ne sont pas légion.
La façon dont les textes sont menés, avec un style fluide et maîtrisé de la part de l’auteure, sonne tellement juste et ils sont rédigés avec une telle douceur que même moi, j’ai savouré ces fins souvent cruelles.

Bilan: 

J’avais déjà été charmée par Coeurs de Loups et voici un autre coup de cœur à dédier aux Editions Du Riez qui ne fait que me convaincre de la qualité des textes publiés chez cet éditeur.
Vous aurez compris que je vous conseille mille fois cet ouvrage si les quelques détails mentionnés plus haut ne vous dérangent pas.
Pour ma part, je pense placer un autre roman de Ambre DUBOIS, les Damnés de Dana paru aux Editions du Chat Noir, un peu plus haut dans ma PAL… 

Note globale: 18/20

[Lecture] Fille D’Avalon, t.1: Derrière le Voile [Jenna BLACK]

4e de Couverture:

« Quand ma mère s’est pointée à mon récital de chant ivre morte pour la énième fois, j’ai craqué : j’ai décidé de fuguer pour retrouver mon père – un faë très puissant – en Avalon, seul lieu au monde où le commun des mortels et les elfes peuvent cohabiter. Moi qui croyais choisir une vie meilleure, jamais je ne m’étais autant trompée. Mais bien entendu, je l’ai compris trop tard… ».

Informations Pratiques:

  • Volume: 318 pages
  • Editeur : J’ai Lu (27/02/2013)
  • Collection : Darklight
  • Version Papier

L’avis de la croqueuse de livres:

Ce qui m’a attirée dans ce livre, c’est le titre tout d’abord. Avalon. Lieu de mystères et de légendes. Férue de légendes avec un penchant pour les celtes et la table ronde, j’avoue que cela a éveillé ma curiosité. Après j’ai lu le résumé et j’ai vu qu’en plus il y avait des Fae. Outre le fait que j’apprécie ces créatures, j’ai une fâcheuse tendance à me jeter sur les livres les concernant, ça me change des sempiternels vampires.
Ce qui m’a un peu plus effrayée était l’auteure. Jenna Black est aussi à l’origine de la série Morgan Kingsley et si j’avais apprécié son style d’écriture, j’avais vachement moins accroché avec son trip pour le sado-masochisme décomplexé… Ceci dit, puisque l’héroïne de Fille d’Avalon est une toute jeune fille, j’espérais sincèrement que l’auteure se passerait de ce genre de fantaisies…
C’est donc pleine de circonspection que j’ai entamé cette lecture.

L’histoire en elle-même est sans surprise, même assez fade et prévisible. En sus, on a une héroïne assez irritante, un peu candide et complètement cœur d’artichaut qui découvre qu’elle a des pouvoirs hors-du-commun et qui devient la convoitise de pas mal de monde. Des « méchants » lisses et mégalos et certains personnages cumulant les clichés complètent le tableau.

Ceci dit il y a quand même un peu de positif:
– Le concept même d’Avalon: il s’agit d’une enclave dans laquelle le monde des fae et des humains cohabitent sans que l’une des deux ethnies ne puisse passer de l’autre côté. J’ai trouvé l’idée plutôt intéressante, même si à mon sens il aurait pu être intéressant de mieux poser les bases de l’organisation politique et sociale de la cité.
– Certains personnages secondaires semblent prometteurs: notamment Keane, Kimber et Alistair (que je n’ai pas pu m’empêcher d’associer au père de Drago Malfoy pendant toute ma lecture… des fois il ne vaut mieux pas chercher)
– La question de l’alcoolisme est évoquée avec une relative justesse.
– L’auteure a réussi à ne pas tomber dans l’éternel écueil du manichéisme en évoquant la Cour des Lumières et celle des Ténèbres. Elle a aussi posé quelques pistes intéressantes sur les Fae donc j’attends de voir l’exploitation dans les prochains tomes.

Bilan: 

Une lecture qui passe bien mais sans plus. Je n’ai pas été transcendée. J’attends donc de voir si les choses deviennent plus intéressantes dans les prochains tomes car je pense malgré tout qu’il y a du potentiel.

Note globale: 12,5/20

[Lecture] Les Chroniques de MacKayla Lane – 5 tomes [Karen Marie MONING]

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Un article un peu différent aujourd’hui puisque je traite d’une série entière que j’ai dévorée en un peu plus d’une semaine.

La série: 

Cette série se compose de 5 tomes parus chez J’ai Lu entre 2009 et 2012, uniquement en version papier:
– Fièvre Noire [413 pages]
– Fièvre Rouge [448 pages]
– Fièvre Faë [470 pages]
– Fièvre Fatale [597 pages]
– Fièvre d’Ombres – [889 pages]

L’histoire:

MacKayla Lane est une « fille du sud » qui vit une existence douce et tranquille jusqu’à ce qu’on lui annonce que sa sœur Alina, partie faire ses études en Irlande, a été sauvagement assassinée dans une ruelle de Dublin.
Dès lors, elle n’a plus qu’une idée en tête: retrouver le meurtrier de sa sœur et la venger. Elle s’envole donc pour Dublin, loin de se douter de ce qui l’attend.
Effectivement, une fois sur place, elle commence à voir des créatures étranges et menaçantes. C’est suite à sa rencontre avec le mystérieux et irritant libraire, Jéricho Barrons, qu’elle comprendra qu’elle n’a pas d’hallucinations mais qu’il s’agit en fait de Faës, de sombres créatures se nourrissant d’humains et qu’elle fait partie des rares personnes à pouvoir les voir sous leur véritable apparence. Effectivement, Mac est en fait une Sidhe-Seer (une « voyeuse de Sidhe »).
A partir de là, la douce et superficielle Mac va sombrer dans un univers terrifiant où les Faës de l’Ombre (Unseelies) et de Lumière (Seelies), mènent une partie d’échecs dont les humains ne sont que des pions sans importance et où l’enjeu est de mettre la main sur un livre maléfique créé des centaines de milliers d’années auparavant par le roi des Unseelies : le Sinsar Dubh qui semble de surcroît avoir un lien direct avec la mort de sa sœur…
Mac n’aura d’autre choix que de s’endurcir et d’apprendre à utiliser ses capacités au mieux pour trouver des alliés et survivre dans ce nouveau monde de ténèbres…

L’avis de la croqueuse de livres:

Je ne vous en dirai pas d’avantage sur l’histoire, sinon je risque de vous gâcher le plaisir en vous révélant des choses importantes.

La première chose que je dirais à propos de cette série est qu’elle n’est pas à mettre entre toutes les mains: âmes sensibles s’abstenir. En effet, outre des scènes assez osées, il y a également des passages très violents et difficiles, à la limite (ou dépassant les limites, selon le point de vue) du sordide.

Pour autant, cela ne m’a pas empêchée de dévorer littéralement ces presque 3000 pages de bonheur en papier…
Cela faisait très longtemps que je n’avais pas été happée à ce point dans une histoire et tenue en haleine du début à la fin par cette dernière.
Les personnages sont obscurs et mystérieux, l’univers extrêmement complexe et bien ficelé et la trame presque sans temps morts.
Pour une fois, l’histoire ne se passe pas aux Etats-Unis mais en Irlande, l’île d’Emeraude, magique et au folklore aussi riche que sa saison pluvieuse… J’ai aussi apprécié que l’auteure se plonge dans l’univers de la culture celte et de ses mythes complexes pour arriver à les remanier d’une façon tout à fait fascinante et cohérente.

Le personnage principal, Mac, m’a inspiré des choses très variables tout au cours de l’histoire, tantôt m’énervant par son égocentrisme et sa superficialité, tantôt m’étonnant par son courage et sa débrouillardise… J’avoue qu’au final, je ne saurais pas dire si je l’apprécie ou pas. Et c’est le cas pour quasiment tous les personnages de cette série: ils ont tous des côtés positifs et négatifs… brefs, ils sont loin d’être parfaits et c’est ce qui les rend crédibles au final car ils ne sont pas lisses, tout comme le monde dans lequel ils évoluent.

C’est une autre chose que j’ai largement apprécié dans cette histoire, il n’y a pas de manichéisme exacerbé, pas de bons ni de mauvais: juste des gens essayant de survivre, certains utilisant juste des méthodes plus brutales que les autres. Même les Unseelies paraissent moins détestables tant ils sont en fait pathétiques (attention, ce n’est pas pour autant que j’aimerais en croiser un pour lui faire un câlin de réconfort hein…).
Il ne faut jamais se fier aux apparences et c’est la cruelle leçon qu’apprendra Mac tout au long de ses mésaventures.

Cette saga est une ôde au gris qui fait réfléchir et nous montre qu’un comportement destructeur conduit inéluctablement à la destruction: en se battant, les faës ont détruit leur monde, comme les humains sont en train de détruire le leur sans même en avoir conscience… aussi, les faës sont-ils vraiment plus « nuisibles » que les Hommes?
Dans le même registre, quelle est vraiment une attitude honorable et sincère? Se comporter comme nous l’inculque un système de valeurs « civilisées » et artificielles forgé par des siècles d’évolution ou un retour à l’instinct, en respect avec ce que l’on est au fond de soi?

C’est ainsi l’habileté de l’auteure à jouer avec nos nerfs, nos certitudes et nos suppositions (qui au final se sont presque toutes avérées illusoires dans mon cas, chose qui m’arrive assez rarement) qui rend l’histoire aussi palpitante: les choses ne sont jamais figées et rien n’est joué d’avance, personne n’inspire vraiment confiance et si on n’est pas capable de se remettre en question, on ne survit pas. Bref, on se sent perdu et désemparé du début à la fin, comme Mac.
Les seuls bémols que je pourrais apporter (car nul n’est parfait) c’est, d’une part, que sur les derniers tomes il y a un peu de trop de scènes de sexe à mon goût et qui n’étaient pas forcément toutes justifiées pour l’histoire. Et d’autre part, le fait que le druidisme soit clairement assimilé à la magie noire. (on va dire que c’était un parti pris de l’auteure)
Le fait que la narration saute de Mac à Dani sans crier gare était aussi un peu perturbant parfois. J’imagine que l’auteure préparait le terrain pour la suite à venir…

Quand j’ai commencé à lire ces chroniques, je ne m’attendais pas à une telle évolution de l’histoire ou des personnages et même si je ne suis pas habituellement fan des univers post-apocalyptiques ou autres choses du genre, c’est amené ici d’une telle façon qu’arrivée à la fin du tome 5, je n’ai qu’une chose à dire: ENCORE!

Bilan: 

Je pense que vous aurez compris que j’ai été complètement envoûtée par cet univers et que je suis frustrée que cela soit « déjà » terminé, notamment parce qu’un certain nombre de questions restent en suspens. (mon mari ne serait sans doute pas d’accord avec moi, il commençait à se lasser que j’éteigne la lampe à 3h du matin tellement je ne parvenais pas à lâcher mon livre… aller, juste un petit chapitre de plus… ^_^)

J’attends donc avec impatience la « suite » puisque dans les mois qui viennent sortira « Les chroniques de Dany Mega O’Malley – 1 – Iced » chez J’ai Lu.
En attendant, je patienterai en m’attaquant à la série des Highlanders qui se déroule dans le même univers et conte l’histoire de personnages apparaissant dans les Chroniques de MacKayla Lane.

Je tiens aussi à remercier Clo de m’avoir poussée à lire cette série. 🙂

Note Globale: 19/20