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[Lecture] Les Chroniques d’Oakwood: dans l’ombre de la Demoiselle [Marianne STERN]

La Demoiselle d'Oakwood

4e de Couverture:

Oakwood, son église, sa grange abandonnée, ses tavernes, son cimetière. Et ses sorcières, au grand dam des prêtres qui se succèdent sans parvenir à éradiquer les diableries.
Lorsque la nuit tombe, les ombres s’étirent et drapent le hameau d’un manteau de noirceur, laissant à la lune le soin d’épier les plus sombres desseins. Cruelles malédictions et engeances démoniaques arpentent alors librement les rues aux faveurs de l’obscurité ; mieux vaut ne pas s’attarder en-dehors des logis, au risque de rencontrer la Mort au détour d’une bâtisse.
Pourtant, le vieux cimetière attire bien des convoitises… Certains affirmeront avoir aperçu la lueur chétive d’une lanterne au détour d’une tombe, d’autres diront avoir entendu des hurlements déchirants briser la torpeur nocturne. Les plus folles rumeurs circulent au village, mais ses habitants s’accordent à dire qu’il ne se trame rien d’anormal.
Entre spectres, pentacles, corbeaux et cadavres, quelques téméraires se risquent toutefois à des errances en solitaire. L’un en quête de l’être aimé, l’autre animé par une vengeance inassouvie, ou tout simplement, à la recherche du repos éternel. Or tous ignorent que dans l’ombre, la demoiselle d’Oakwood veille…

Informations Pratiques:

  • Volume: 199 pages
  • Editeur : Editions du Chat noir (2 janvier 2013)
  • Collection : Griffe Noire
  • Version électronique

L’avis de la croqueuse de livres:

Après une très mauvaise lecture d’une auteure française que je vous chroniquerai un autre jour (j’attends que ma mauvaise impression décante un peu pour ne pas être trop méchante 🙂 ), ce livre a été une très agréable surprise.

Déjà par quelques choix qu’a fait l’auteure:
– L’histoire se centre sur le bourg d’Oakwood. On ne sait pas où il se trouve exactement, même si divers éléments laissent entrevoir que c’est dans une contrée anglophone, probablement en Europe étant donné que les dates correspondent aux périodes des Grandes Persécutions et de l’Inquisition Espagnole.
– L’ouvrage se présente sous forme de chroniques, à savoir des épisodes de l’histoire de la bourgade qui s’étend sur une période d’une trentaine d’années (de la fin du XVe au premier tiers du XVIe siècle pour les pointilleux 😉 ) dont le fil rouge est un personnage assez charismatique : la Demoiselle d’Oakwood. Une bonne part de l’originalité se trouve dans le fait que les différentes histoires ne se suivent pas chronologiquement (on passe de 1594 à 1620 pour revenir ensuite à 1605) mais il y a une véritable logique là dedans que je vous laisserai découvrir par vous même. C’est un peu déroutant au début, mais dès qu’on a choppé le truc, ça passe beaucoup mieux car les différentes pièces du puzzle finissent par s’emboîter harmonieusement.
– 
Il y a certes une bonne part de fantastique, mais les descriptions et pas mal d’éléments (mœurs, architecture…) sont historiquement bien renseignés (et forcément, ça parle à l’historienne qui sommeille en moi… :p ).

Ensuite, après l’écriture insipide de ma précédente lecture, ces récits ont été un véritable délice pour l’amatrice de belles lettres que je suis. Effectivement, la plume de l’auteure était pour moi aussi agréable à lire que du Pierre Pevel. C’est dire! (Ceux qui me connaissent savent à quel point j’en suis fan… ^^)
Je ne suis pas une grande fan de romans gothiques, j’ai tendance à les trouver un peu trop glauque pour la pauvre petite chose sensible que je suis, mais là, étonnement, ce côté là ne m’a pas dérangée tellement les récits étaient prenants.

En ce qui concerne l’histoire, je ne pourrai vous la détailler sous peine de spoiler une partie des intrigues, donc je m’attacherai plutôt à la trame générale et à certains protagonistes.
Pour la trame, on suit la destinée de la Demoiselle d’Oakwood, de son enfance jusqu’à 10 ans après son trépas. Pour résumer, Oakwood est une bourgade de bonne taille mais où tout le monde se connait plus ou moins et où on avait une certaine propension à crier à la sorcière au moindre aléa climatique ou virus saisonnier. Du coup, ces « braves » gens, et leur prêtre (« légèrement » fanatique) ont pris l’habitude de traquer et brûler des sorcières; en fait le plus souvent des pauvres filles qui avaient juste des mœurs dérangeant ces gens bien pensants, comme dans la réalité historique des Grandes Persécutions en somme.
A côté de cela, il y a « le Cercle ». On a très peu d’informations à son sujet, mais à priori, c’est un coven assez puissant réunissant de vrais sorciers. Dans son adolescence, Lynn, une jeune fille muette persécutée par son père, est pleinement devenue l’une d’entre eux. Depuis lors, elle s’affaire à libérer les âmes maudites par les paroles du prêtre au moment de leur trépas. Ces fameux « maudits » représentent également une bonne part des « personnages » de ces nouvelles.
En parlant des personnages, ils sont souvent torturés car soit psychopathes, soit des victimes innocentes d’une époque qui n’accorde aucune pitié aux « déviants ». Mention spéciale à John le Sanglant qui est clairement un taré abjecte mais qui malgré tout attise en moi une certaine sympathie car on le sent plus ou moins victime de ses pulsions.
Et sinon évidemment, le personnage de Lynn… finalement on la voit peu, on n’en sait pas beaucoup sur elle, mais je ne sais pas, elle a quelque chose, une fragilité qui la rend attachante.
Finalement, la plupart des protagonistes de ces récits sont des victimes. Victimes de leurs passions. Victimes de leurs vices. Victime d’une époque d’intolérance et de violence. Victimes de leur destin.

Bilan: 

 Un petit coup de cœur pour ce livre. Déjà comme dit précédemment, j’ai été enchantée par le style d’écriture. Et l’auteure a parfaitement réussi à me faire plonger dans son univers… au point même qu’elle a généré en moi une certaine frustration… j’aurais tellement aimé en apprendre plus sur Lynn et sur le Cercle… Savoir ce qu’il est advenu de l’âme de Matthew… Connaître le détail des aventures du cavalier sans visage pendant ses 10 années de pérégrinations… bref, pas mal de choses en suspend… heureusement que j’ai une imagination fertile qui me permet de boucher les trous… ^_^

En somme, un livre que je vous recommande si vous cherchez une lecture rapide, dans une ambiance gothique et très bien écrit.

Note globale: 17.5/20

[Lecture] La trilogie des gemmes [Kerstin GIER]

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Tome 1: Rouge Rubis

Informations Pratiques:

  • Volume: 352 pages
  • Editeur : Milan (03/2011)

Tome 2: Bleu Saphir

Informations Pratiques:

  • Volume: 380 pages
  • Editeur : Milan (09/2011)

Tome 3: Vert Emeraude

Informations Pratiques:

  • Volume: 425 pages
  • Editeur : Milan (03/2012)

4e de Couverture:

Longtemps, Gwendolyn pensa être une lycéenne comme les autres. Bon, d’accord, elle voyait des fantômes dans les couloirs de son lycée ; mais d’abord elle n’en voyait qu’un, et puis personne n’est parfait. Pour le reste, rien à dire. Jusqu’au jour où Gwendolyn comprit : elle n’était pas une lycéenne comme les autres. Marquée du sceau des Veilleurs du temps, elle doit désormais voyager à travers les âges, fermer un Cercle auquel elle ne comprend rien, partir à la recherche d’autres Veilleurs dans le passé, et affronter un comte du XVIIIe siècle, soi-disant immortel. Et puis quoi encore ? Tout ce qu’elle voudrait, elle, c’est que son (beau) Gideon l’embrasse pour de bon. Est-ce vraiment trop demander ? Elle est le rubis, la douzième, l’ultime voyageuse. Avec elle, le Cercle est refermé, le secret révélé. Un secret qui remonte à la nuit des temps.

L’avis de la croqueuse de livres:

Pour la première chronique de la reprise officielle de l’Ancre de papier, j’ai décidé de vous parler d’un livre qui n’est pas forcément très récent, mais qui a en ce moment une actualité intéressante. Il s’agit de la Trilogie des gemmes de Kerstin Gier.
En effet, cette trilogie a été adaptée au cinéma et le 2e opus, Bleu Saphir, est sorti en salle très récemment. Je n’ai pas encore eu l’occasion de voir ces films, mais d’après quelques amis qui ont eu cette chance, l’adaptation, si elle n’est pas à 100% fidèle aux livres, vaut tout de même la peine d’être vue.

Avant toute chose, il faut savoir que cette trilogie est à classer dans les romans jeunesse, mais cela n’ôte en rien la qualité de ces textes.

Gwendolyn est une jeune anglaise qui vit dans une grande maison avec sa grand-mère acariâtre, la belle-soeur de cette dernière, sa tante & sa fille Charlotte, sa maman et son frère et enfin le domestique de la maison, le flegmatique Mr Bernhard. Elle est un peu considérée comme le vilain petit canard de sa famille, contrairement à Charlotte, qui a le même âge, et sur qui repose l’héritage familial. En effet, cette odieuse rouquine est sensée être « le Rubis », l’héritière de la lignée familiale ayant la capacité d’effectuer des voyages dans le temps; pour cela, la jeune fille est entraînée depuis des années par une mystérieuse société secrète.
Mais finalement, il s’avère que ce n’est pas Charlotte, mais Gwendolyn qui a hérité de cette étonnante capacité et elle se retrouve à faire d’incontrôlables sauts dans le temps, avant qu’on ne la conduise à la rencontre de la société secrète, dominée par l’inquiétant Comte de Saint Germain, qui lui permettra de contenir son « don » en lui faisant faire des sauts dans le temps contrôlés par un étrange appareil. Elle apprend alors qu’elle n’est pas la seule voyageuse dans le temps et que le seul autre encore en vie, le séduisant Gidéon de Villiers, sera son partenaire pour de mystérieuses missions à travers les époques.

J’avoue que la trilogie est un peu difficile à résumer sans spoiler car tout est construit comme un complexe puzzle dont les pièces sont mises en places tout au long des trois tomes pour arriver à un dénouement qui a tout de même réussi à me surprendre.
Au début de ma lecture, j’avais quelques appréhensions car la thématique des voyages dans le temps est une de celles qui me donnent le plus de migraines étant donné que je cherche sans cesse à y trouver des incohérences (si vous avez lu mon billet sur « les Voies d’Anubis », cela vous rappellera des souvenirs 🙂  ).
Et bien j’ai été agréablement surprise car le sujet est assez bien traité et je n’ai pas eu à vider de tube d’aspirine pour finir la série: tout s’emboîte bien et je n’ai pas détecté d’incohérence majeure.

Au niveau des personnages, j’ai souvent des soucis avec les personnages principaux à qui j’ai irrémédiablement envie de mettre quelques baffes, mais cela n’a pas été le cas avec Gwendolyn. Sans allez jusqu’à dire qu’elle a du charisme, c’est une jeune fille attachante qui réagit de façon « réaliste » à tout ce qui lui tombe dessus, même si atermoiements amoureux sont parfois un peu pénibles, mais bon, elle reste une ado, c’est donc assez normal. Gidéon est aussi parfois tête à claques, mais au final c’est un jeune homme bien qui essaye simplement de survivre dans une vie qu’on lui a imposée alors que ses rêves sont ailleurs.
Par ailleurs, il y a une belle palette de personnages secondaires, tous assez bien travaillés et qui ont tous de bonnes raisons d’agir/réagir comme ils le font, aussi odieux soient-ils. Mentions spéciale à Monsieur Berhard, Xemerius et Madame Rossini.

Bilan: 

Je ne peux pas dire grand chose de plus sans vous dévoiler l’intrigue, mais je conseille cette lecture pour les moments où vous souhaitez vous plonger dans une histoire sympa et assez rapide à lire.

Et si vous avez vu les films n’hésitez pas à me laisser un petit commentaire pour me donner votre avis. 😉

Note globale: 14.5/20

[Lecture] Rue Farfadet: Les extraordinaires et fantastiques enquêtes de Sylvo Sylvain, détective privé. [Raphaël ALBERT]

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4e de Couverture:

Panam, dans les années 1880 : les humains ont repris depuis longtemps la main sur les Peuples Anciens. Sylvo Sylvain a posé son havresac dans la rue Farfadet, gouailleuse à souhait. Chapeau melon vissé sur le crâne, clope au bec, en compagnie de son fidèle ami Pixel, il exerce la profession exaltante de détective privé et les affaires sont nombreuses ! Des adultères à photographier, des maris jaloux, des femmes trompées, etc. Ni très rémunérateur, ni très glorieux que tout ceci. Alors, Sylvo fréquente assidûment les bars, les cafés et les lieux de plaisir en tout genre où son charme envoûte ces dames…
Jusqu’au jour où, lors d’une banale enquête de routine, il se trouve mêlé à une machination dépassant l’entendement. Le voilà, bien malgré lui, chargé de l’affaire par l’un des trois puissants ducs de Panam. Saura-t-il tirer son épingle de ce jeu compliqué et dangereux ?

Informations Pratiques:

  • Volume: 280 pages
  • Editeur :  Editions Mnémos (6 juin 2013)
  • Collection : Helios
  • Version électronique

L’avis de la croqueuse de livres:

Dans une quête entamée depuis l’année dernière de découvrir de nouveaux auteurs français et de mieux connaître certaines maisons d’édition spécialisées dans la SFFF, j’ai parcouru le catalogue des Éditions Memnos et j’ai flashé sur ce livre qui vient de sortir en poche (il a déjà été édité en version brochée en 2010).

Me voilà donc à découvrir un Paris alternatif, rebaptisé Panam, à la fin du XIXe. L’auteur prend audacieusement le parti de nous présenter une uchronie reposant sur quelques modifications non négligeables de l’Histoire, comme l’immersion des créatures fantastiques dans les rues de la Capitale. Ainsi, entre les centaures taxis, cheminent des nains, des gobelins, farfadets et autres petites gens qui bien loin des contes de fées se parent ici de tous les travers du poulbot de base et d’une verve digne d’un Gavroche.
Panam est une ville grouillante, magnifique et détestable, où la révolte tantôt murmure tantôt gronde. C’est dans ce décor que l’on retrouve un elfe échoué là après son bannissement de sa forêt natale: Sylvo Sylvain, accompagné de son fidèle et minuscule ami, Pixel.
Sylvo, un antihéros, un peu trop porté sur la bouteille, qui aurait pu rivaliser avec les figures du roman noir des années 50, se retrouve malgré lui embringué dans une sale histoire qui mêle politique, argent, mafia. Ne cherchant qu’à sauver sa peau mais sans pour autant arriver à se détacher complètement d’une certaine envie de faire ce qui est juste, il va rencontrer une galerie de personnages, hauts en couleurs ou non, et se prendre aussi quelques gnons au passage.

J’avoue avoir été charmée par la plume de l’auteur qui est pour moi du même acabit que celle de Pierre Pevel, ce qui, vu ma grande admiration de cet écrivain, n’est pas peu dire.
Je ne suis pas une passionnée de polar, et c’est clairement ce que nous avons ici puisque l’on y retrouve tout ce qui donne son âme au polar hardboiled, mais j’ai malgré tout bien accroché grâce au côté urban fantasy tant les choses sont bien décrites.
Effectivement, en nous baladant de Mygale à la butte Momie en passant par les rives de la Veine, Raphaël Albert nous dépeint un Panam pittoresque et attachant (et pourtant je ne suis pas une grande fan de Paris), enchaînant les clins d’œil à un rythme tel que j’en ai certainement manqué beaucoup. J’ai particulièrement aimé les jeux de mots sur les noms de certains personnages.
Bref, plus que pour l’intrigue, j’ai eu un véritable coup de cœur pour le style d’écriture et de narration de l’auteur.
En ce qui concerne l’histoire, l’enquête se déroule sur plusieurs niveaux, empêchant ainsi d’en deviner trop rapidement le dénouement, pour mon plus grand plaisir. L’intrigue est solide et bien menée et même en n’étant pas amatrice d’enquête policière, j’ai apprécié son déroulement, même si la fin m’a laissé un goût amer, sans doute suis-je trop fleur bleue… mais je n’en dirai pas d’avantage.

Passons plutôt aux personnages. Sylvo tout d’abord… comment ne pas aimer Sylvo? Il est charmant, charmeur, blasé et au final plutôt sensible sous sa carapace un peu grande-gueule. Il est plutôt attachant et on n’a qu’une envie: en apprendre plus sur son passé, trouble et certainement très douloureux pour le peu qu’on nous en dévoile. Seul élément tangible de ce passé qui le suit encore: Pixel, un petit bonhomme mélange entre la fée Clochette et Tom Sawyer, gouailleur et courageux, mais surtout, fidèle à Sylvo. Pixel est une adorable tête à claques, mais on sent que sans lui, Sylvo aurait sombré depuis longtemps.
Ces deux personnages un poil goguenards et cyniques apportent également un humour acide et rafraichissant qui confère à ce roman son originalité.
Je n’évoquerai pas les autres personnages pour ne pas risquer de spoiler, mais certains sont particulièrement délectables, tels Broons ou Harry.

Bilan: 

 Une merveilleuse plume, des personnages savoureux, une intrigue qui tient la route: Rue Farfadet tient ses promesses en réunissant tous les ingrédients qu’on attend d’un bon livre.
Inutile de dire que le tome 2 des aventures de Sylvo a rejoint ma PAL, même s’il n’est pas en haut de la pile. 😉

Note globale: 17,5/20

[Lecture] Le protectorat de l’ombrelle, t:1: Sans âme [Gail CARRIGER]

4e de Couverture:

Miss Alexia Tarabotti doit composer avec quelques contraintes sociales.

Primo, elle n’a pas d’âme. Deuxio, elle est toujours célibataire. Tertio, elle vient de se faire grossièrement attaquer par un vampire qui, ne lui avait pas été présenté !
Que faire ? Rien de bien, apparemment, car Alexia tue accidentellement le vampire. Lord Maccon – beau et compliqué, écossais et loup-garou – est envoyé par la reine Victoria pour enquêter sur l’affaire.
Des vampires indésirables s’en mêlent, d’autres disparaissent, et tout le monde pense qu’Alexia est responsable. Mais que se trame -t-il réellement dans la bonne société londonienne ?

 

Informations Pratiques:

  • Volume: 324 pages
  • Editeur :  Orbit (12 janvier 2011)
  • Collection : Orbit
  • Version Electronique

L’avis de la croqueuse de livres:

Toujours dans ma lubie actuelle orientée sur l’époque victorienne, je me suis lancée dans la lecture du premier tome d’une série que je voulais lire depuis longtemps: Le Protectorat de l’Ombrelle.

Je m’attendais à quelque chose d’assez sobre (oui, malgré le résumé…) et j’ai ainsi été surprise du (gros) brin de folie dont a fait preuve Gail Carriger dans la rédaction de son récit. Effectivement, si le 19e est bien présent par de nombreux aspects, on est loin du côté un peu « coincé » qu’on retrouve généralement à cette époque. Je conçois que cela puisse perturber les puristes, ayant moi-même à mon actif quelques années sur les bancs d’une fac d’Histoire, je grince souvent des dents face aux anachronismes, fautes de langages et autres joyeusetés qui peuvent nuire à l’historicité d’un récit d’époque.
En l’occurrence, ici, cela ne m’a absolument pas dérangée tant les personnages sont truculents et l’histoire prenante.

Miss Alexia Tarrabotti, vieille fille (de 26 ans) d’origine Italienne par son père, a une fâcheuse tendance à s’attirer des ennuis. Dôtée d’une famille aussi frivole qu’envahissante, elle est dépourvue d’âme; ce qui fait que tout contact physique d’une créature surnaturelle avec la demoiselle, annule les pouvoirs de cette dernière et la rend humaine (les vampires perdent leurs crocs, les loup-garous leur fourrure…). On appelle les personnes comme Alexia des « paranaturels », ces derniers étant aussi rarissimes que craints par les « surnaturels », car ils avaient longtemps été employés comme chasseurs afin d’éradiquer les vampires et autres bêtes à poils.
Dans cet univers, les créatures surnaturelles sont connues et intégrées par les humains, du moins en Angleterre, on apprendra durant le récit que ce n’est pas le cas partout. Une institution nommé le BUR est chargée de contrôler les créatures surnaturelles (les référencer, enquêter en cas de crime les impliquant…), ce dernier est dirigé par le Comte Connal Maccon qui est accessoirement l’Alpha de la meute locale.
Alexia se trouve embarquée malgré elle (même si son sale caractère ne l’aide pas à éviter ce genre d’écueils) dans une sombre machination qui pourrait bien poser problème pour toute la communauté surnaturelle, effectivement, des vampires et des garous disparaissent sans laisser de traces. D’abord soupçonnée, Alexia prend les choses en main et enquête sur l’affaire, au grand dam de lord Maccon, un brin macho sur les bords.

L’histoire en elle-même est sympa, mais un peu cousue de fil blanc.
Ce sont surtout les personnages qui m’ont fait accrocher à l’histoire. Je n’en citerai que quelques uns, mais honnêtement, ils valent presque tous le détour (sauf peut-être les deux demi-soeurs d’Alexia qui sont superficielles au possible).
Alexia: 26 ans, pas d’âme et toujours pas mariée car sa mère a refusé de faire des frais pour son introduction dans la bonne société londonienne, jugeant son physique trop ingrat et son caractère trop imbuvable pour que cela vaille l’investissement. On sent qu’elle est le mouton noir de sa famille, et malgré son physique certes atypique mais toutefois agréable, elle manque cruellement de confiance en elle. Cela ne l’empêche cependant pas d’être très cultivée (n’ayant pas eu à minauder comme les jeunes femmes de son âge, elle a pu se concentrer sur les études) et d’avoir un tempérament bien trempé qui la fait souvent passer outre les convenances et les conventions sociales de l’époque. Alexia est indépendante, téméraire et brillante. Pour moi c’est la femme idéale. 🙂
Lord Maccon: macho, buté, impulsif, protecteur. Je pense que ces mots pourraient résumer la personnalité de l’Alpha local de Londres. On en sait assez peu sur son passé, hormis qu’il vient d’Ecosse et qu’il est craint par tous les loups-garou. C’est un personnage néanmoins attachant à sa façon et qui forme un binôme cocasse avec son second, le Docteur Llyal (qui lui est posé, réfléchi, stoïque en toutes circonstances).
Lord Adelkama: un très vieux vampire aux mœurs… disons, dissolues. Mais qui vaut vraiment le coup d’œil.
Miss Ivy: la meilleure amie d’Alexia, qui est aussi prude que son amie est audacieuse. Ses goûts vestimentaires sont presque aussi distrayants que ceux de Lord Adelkama…

Le livre est une succession de situations drôles et cocasses qui font qu’il se lit très vite et qu’il coule tout seul. D’aucuns trouveront que c’est trop, personnellement j’ai aimé.

Bilan: 

 Un livre que je conseille à toute personne aimant l’époque victorienne qui a besoin de rire et qui aime les personnages hauts en couleurs.

Note globale: 18/20

[Lecture] Steampunk Chronicles t.05: L’Etrange secret de Finley Jayne [ Kady CROSS ]

4e de Couverture:

Finley Jayne voudrait bien n’être qu’une jeune fille comme les autres. Mais, depuis quelque temps, elle sent se développer en elle une part sombre qui lui donne d’étonnants pouvoirs. Des pouvoirs qu’elle va bientôt mettre à l’épreuve d’une terrifiante machination…

Informations Pratiques:

  • Volume: 87 pages
  • Editeur : Editions Harlequin (21 mai 2012)
  • Collection : Darkiss
  • Version Electronique

L’avis de la croqueuse de livres:

Un petit moment que je n’ai rien posté ici… et pourtant l’article était prêt depuis un moment… congés obligent, j’espère que vous me pardonnerez. 😉

J’ai lu cette préquelle après le tome 1. Et je pense que c’était une bonne idée car finalement d’avoir lu le premier tome avant m’a permis de bien mieux comprendre les subtilités de cette préquelle. Je partirai donc aussi du principe que vous avez lu mon article sur le tome 1 (cliquez ici). Nous retrouvons donc Finley avant sa rencontre avec Griffin & Cie. Son dédoublement de personnalité a commencé à avoir lieu quelques temps avant auparavant et elle est complètement désemparée. La nouvelle commence alors qu’elle vient de se faire renvoyer d’un poste d’employée de maison pour avoir frappé la gouvernante. Alors qu’elle est de retour chez sa mère, un peu honteuse, Lady Morton vient en personne la chercher afin qu’elle devienne la dame de compagnie de sa fille.
La jeune fille en question doit prochainement épouser un lord beaucoup plus âgé qu’elle et n’en semble pas vraiment ravie… A juste titre.
Il s’avère que les intentions de ce dernier sont loin d’être honorables. C’est la raison pour laquelle Mme Morton, sachant que Finley est une personne loyale (elle avait frappé la gouvernante pour protéger un enfant) et incroyablement forte, a embauché cette dernière, espérant qu’elle pourrait protéger sa fille.  Et grand bien lui en a pris car Finley, qui s’attache très vite à la pétillante jeune fille, fera en effet tout son possible pour la préserver de la machination dont elle fait l’objet.

Ce récit est une grosse nouvelle d’une centaine de pages, ce qui est en soi assez peu. Mais elle est loin d’être bâclée pour autant. Pour tout dire, je l’ai même trouvée encore mieux construite que le tome 1.
L’intrigue est solide, les personnages intéressants. J’ai été heureuse de faire mieux connaissance avec les parents de Finley qu’on voit assez peu dans le premier tome de la série, ici on comprend un peu mieux sa mère et l’attachement de Finley à sa famille. Cette dernière est aussi plus touchante que dans le premier opus puisqu’ici elle est vraiment LE personnage central. On est conforté dans le fait que c’est une jeune fille qui a de solides valeurs et qu’elle est prête à beaucoup pour protéger ceux à qui elle tient. Bref, sincère et tourmentée, tout ce que j’aime. 🙂
Ce qui est très sympa c’est qu’on fait déjà connaissance avec les rouages de l’univers de Kady Cross, Griffin est même évoqué alors que Finley ne l’a pas encore rencontré. J’ai pu comprendre beaucoup de choses qui m’avait peut-être échappées dans le premier opus grâce à cette préquelle et m’imprégner d’avantage de plusieurs particularités de cet univers.

Bilan: 

 Une histoire courte très sympa que je conseille aux gens qui voudraient se lancer dans la lecture de Steampunk Chronicle car elle en pose bien les bases et permet de se familiariser avec le monde que l’auteure a voulu mettre en place.

Note globale: 17,5/20