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[Lecture] Les Chroniques d’Oakwood: dans l’ombre de la Demoiselle [Marianne STERN]

La Demoiselle d'Oakwood

4e de Couverture:

Oakwood, son église, sa grange abandonnée, ses tavernes, son cimetière. Et ses sorcières, au grand dam des prêtres qui se succèdent sans parvenir à éradiquer les diableries.
Lorsque la nuit tombe, les ombres s’étirent et drapent le hameau d’un manteau de noirceur, laissant à la lune le soin d’épier les plus sombres desseins. Cruelles malédictions et engeances démoniaques arpentent alors librement les rues aux faveurs de l’obscurité ; mieux vaut ne pas s’attarder en-dehors des logis, au risque de rencontrer la Mort au détour d’une bâtisse.
Pourtant, le vieux cimetière attire bien des convoitises… Certains affirmeront avoir aperçu la lueur chétive d’une lanterne au détour d’une tombe, d’autres diront avoir entendu des hurlements déchirants briser la torpeur nocturne. Les plus folles rumeurs circulent au village, mais ses habitants s’accordent à dire qu’il ne se trame rien d’anormal.
Entre spectres, pentacles, corbeaux et cadavres, quelques téméraires se risquent toutefois à des errances en solitaire. L’un en quête de l’être aimé, l’autre animé par une vengeance inassouvie, ou tout simplement, à la recherche du repos éternel. Or tous ignorent que dans l’ombre, la demoiselle d’Oakwood veille…

Informations Pratiques:

  • Volume: 199 pages
  • Editeur : Editions du Chat noir (2 janvier 2013)
  • Collection : Griffe Noire
  • Version électronique

L’avis de la croqueuse de livres:

Après une très mauvaise lecture d’une auteure française que je vous chroniquerai un autre jour (j’attends que ma mauvaise impression décante un peu pour ne pas être trop méchante 🙂 ), ce livre a été une très agréable surprise.

Déjà par quelques choix qu’a fait l’auteure:
– L’histoire se centre sur le bourg d’Oakwood. On ne sait pas où il se trouve exactement, même si divers éléments laissent entrevoir que c’est dans une contrée anglophone, probablement en Europe étant donné que les dates correspondent aux périodes des Grandes Persécutions et de l’Inquisition Espagnole.
– L’ouvrage se présente sous forme de chroniques, à savoir des épisodes de l’histoire de la bourgade qui s’étend sur une période d’une trentaine d’années (de la fin du XVe au premier tiers du XVIe siècle pour les pointilleux 😉 ) dont le fil rouge est un personnage assez charismatique : la Demoiselle d’Oakwood. Une bonne part de l’originalité se trouve dans le fait que les différentes histoires ne se suivent pas chronologiquement (on passe de 1594 à 1620 pour revenir ensuite à 1605) mais il y a une véritable logique là dedans que je vous laisserai découvrir par vous même. C’est un peu déroutant au début, mais dès qu’on a choppé le truc, ça passe beaucoup mieux car les différentes pièces du puzzle finissent par s’emboîter harmonieusement.
– 
Il y a certes une bonne part de fantastique, mais les descriptions et pas mal d’éléments (mœurs, architecture…) sont historiquement bien renseignés (et forcément, ça parle à l’historienne qui sommeille en moi… :p ).

Ensuite, après l’écriture insipide de ma précédente lecture, ces récits ont été un véritable délice pour l’amatrice de belles lettres que je suis. Effectivement, la plume de l’auteure était pour moi aussi agréable à lire que du Pierre Pevel. C’est dire! (Ceux qui me connaissent savent à quel point j’en suis fan… ^^)
Je ne suis pas une grande fan de romans gothiques, j’ai tendance à les trouver un peu trop glauque pour la pauvre petite chose sensible que je suis, mais là, étonnement, ce côté là ne m’a pas dérangée tellement les récits étaient prenants.

En ce qui concerne l’histoire, je ne pourrai vous la détailler sous peine de spoiler une partie des intrigues, donc je m’attacherai plutôt à la trame générale et à certains protagonistes.
Pour la trame, on suit la destinée de la Demoiselle d’Oakwood, de son enfance jusqu’à 10 ans après son trépas. Pour résumer, Oakwood est une bourgade de bonne taille mais où tout le monde se connait plus ou moins et où on avait une certaine propension à crier à la sorcière au moindre aléa climatique ou virus saisonnier. Du coup, ces « braves » gens, et leur prêtre (« légèrement » fanatique) ont pris l’habitude de traquer et brûler des sorcières; en fait le plus souvent des pauvres filles qui avaient juste des mœurs dérangeant ces gens bien pensants, comme dans la réalité historique des Grandes Persécutions en somme.
A côté de cela, il y a « le Cercle ». On a très peu d’informations à son sujet, mais à priori, c’est un coven assez puissant réunissant de vrais sorciers. Dans son adolescence, Lynn, une jeune fille muette persécutée par son père, est pleinement devenue l’une d’entre eux. Depuis lors, elle s’affaire à libérer les âmes maudites par les paroles du prêtre au moment de leur trépas. Ces fameux « maudits » représentent également une bonne part des « personnages » de ces nouvelles.
En parlant des personnages, ils sont souvent torturés car soit psychopathes, soit des victimes innocentes d’une époque qui n’accorde aucune pitié aux « déviants ». Mention spéciale à John le Sanglant qui est clairement un taré abjecte mais qui malgré tout attise en moi une certaine sympathie car on le sent plus ou moins victime de ses pulsions.
Et sinon évidemment, le personnage de Lynn… finalement on la voit peu, on n’en sait pas beaucoup sur elle, mais je ne sais pas, elle a quelque chose, une fragilité qui la rend attachante.
Finalement, la plupart des protagonistes de ces récits sont des victimes. Victimes de leurs passions. Victimes de leurs vices. Victime d’une époque d’intolérance et de violence. Victimes de leur destin.

Bilan: 

 Un petit coup de cœur pour ce livre. Déjà comme dit précédemment, j’ai été enchantée par le style d’écriture. Et l’auteure a parfaitement réussi à me faire plonger dans son univers… au point même qu’elle a généré en moi une certaine frustration… j’aurais tellement aimé en apprendre plus sur Lynn et sur le Cercle… Savoir ce qu’il est advenu de l’âme de Matthew… Connaître le détail des aventures du cavalier sans visage pendant ses 10 années de pérégrinations… bref, pas mal de choses en suspend… heureusement que j’ai une imagination fertile qui me permet de boucher les trous… ^_^

En somme, un livre que je vous recommande si vous cherchez une lecture rapide, dans une ambiance gothique et très bien écrit.

Note globale: 17.5/20

[Lecture] Fées et Amazones [Olivier LEDROIT]

fées et amazones - Ledroit

4e de Couverture:

Une ode au beau sexe, par le flamboyant dessinateur de Wika

Connu pour son talent à réaliser d’incroyables planches épiques fourmillant de détails, Olivier Ledroit sait aussi se montrer délicat pour évoquer le corps et la sensualité. Il nous le montre ici de la plus belle des manières ! Pour le plaisir des yeux : fées, geishas, démones, et autres sorcières se succèdent, toutes plus somptueuses les unes que les autres, le tout avec ce soupçon de steampunk si cher au dessinateur de Wika.
Variant les techniques, en couleur ou en noir et blanc, sans jamais basculer dans la pornographie, cet auteur à nul autre pareil met à l honneur le beau sexe dans un splendide recueil d illustrations, sobrement intitulé Fées et Amazones.

Informations Pratiques:

  • Volume: 128 pages
  • Editeur :  Glénat (3 juin 2015)
  • Collection : Bande Dessinée
  • Version électronique

L’avis de la croqueuse de livres:

Bonjour à tous!
Si vous avez l’habitude de me lire, vous avez dû comprendre que j’ai un attrait certain pour le Steampunk et la fantasy, mais aussi pour l’art.
Alors forcément, quand je tombe sur un livre qui propose d’unir les trois, je ne peux que me jeter dessus avec avidité. 🙂

Olivier Ledroit est un artiste connu notamment pour certains opus des « Chroniques de la Lune Noire » et plus récemment pour sa série « Wika ». Il a un talent certain et mélange habilement un style résolument baroque avec des notes de comics. Je relèverai aussi son incroyable sens du détail. Je ne suis pas forcément fan de certaines planches particulièrement chargées, mais force est d’admettre que ce Artbook « Fées et Amazones » est loin de ces écueils pour ne conserver que délicatesse et poésie.

Je me permets de vous mettre quelques planches, liées directement à la galerie de Glénat car des images valent mieux que de longs discours :

Bilan: 

 J’ai été complètement charmée par cet ouvrage et si je l’ai pris en version electronique pour me faire une idée, je sais d’ores et déjà que je me le procurerai également en version papier (ne serait-ce que pour pourchasser l’auteur et en avoir une dédicace 😉 ).

A noter également qu’actuellement, Glénat expose Olivier Ledroit dans sa galerie sur Paris jusqu’à la fin du mois ( lien ici )

Et si vous souhaitez découvrir un peu plus l’artiste, n’hésitez pas à faire un tour sur son site web : http://www.olivier-ledroit.com

ps: si vous voulez me faire plaisir, n’hésitez pas à m’offrir une de ces toiles… ;p

Note globale: 19/20

[Lecture] La trilogie des gemmes [Kerstin GIER]

 la-trilogie-des-gemmes

Tome 1: Rouge Rubis

Informations Pratiques:

  • Volume: 352 pages
  • Editeur : Milan (03/2011)

Tome 2: Bleu Saphir

Informations Pratiques:

  • Volume: 380 pages
  • Editeur : Milan (09/2011)

Tome 3: Vert Emeraude

Informations Pratiques:

  • Volume: 425 pages
  • Editeur : Milan (03/2012)

4e de Couverture:

Longtemps, Gwendolyn pensa être une lycéenne comme les autres. Bon, d’accord, elle voyait des fantômes dans les couloirs de son lycée ; mais d’abord elle n’en voyait qu’un, et puis personne n’est parfait. Pour le reste, rien à dire. Jusqu’au jour où Gwendolyn comprit : elle n’était pas une lycéenne comme les autres. Marquée du sceau des Veilleurs du temps, elle doit désormais voyager à travers les âges, fermer un Cercle auquel elle ne comprend rien, partir à la recherche d’autres Veilleurs dans le passé, et affronter un comte du XVIIIe siècle, soi-disant immortel. Et puis quoi encore ? Tout ce qu’elle voudrait, elle, c’est que son (beau) Gideon l’embrasse pour de bon. Est-ce vraiment trop demander ? Elle est le rubis, la douzième, l’ultime voyageuse. Avec elle, le Cercle est refermé, le secret révélé. Un secret qui remonte à la nuit des temps.

L’avis de la croqueuse de livres:

Pour la première chronique de la reprise officielle de l’Ancre de papier, j’ai décidé de vous parler d’un livre qui n’est pas forcément très récent, mais qui a en ce moment une actualité intéressante. Il s’agit de la Trilogie des gemmes de Kerstin Gier.
En effet, cette trilogie a été adaptée au cinéma et le 2e opus, Bleu Saphir, est sorti en salle très récemment. Je n’ai pas encore eu l’occasion de voir ces films, mais d’après quelques amis qui ont eu cette chance, l’adaptation, si elle n’est pas à 100% fidèle aux livres, vaut tout de même la peine d’être vue.

Avant toute chose, il faut savoir que cette trilogie est à classer dans les romans jeunesse, mais cela n’ôte en rien la qualité de ces textes.

Gwendolyn est une jeune anglaise qui vit dans une grande maison avec sa grand-mère acariâtre, la belle-soeur de cette dernière, sa tante & sa fille Charlotte, sa maman et son frère et enfin le domestique de la maison, le flegmatique Mr Bernhard. Elle est un peu considérée comme le vilain petit canard de sa famille, contrairement à Charlotte, qui a le même âge, et sur qui repose l’héritage familial. En effet, cette odieuse rouquine est sensée être « le Rubis », l’héritière de la lignée familiale ayant la capacité d’effectuer des voyages dans le temps; pour cela, la jeune fille est entraînée depuis des années par une mystérieuse société secrète.
Mais finalement, il s’avère que ce n’est pas Charlotte, mais Gwendolyn qui a hérité de cette étonnante capacité et elle se retrouve à faire d’incontrôlables sauts dans le temps, avant qu’on ne la conduise à la rencontre de la société secrète, dominée par l’inquiétant Comte de Saint Germain, qui lui permettra de contenir son « don » en lui faisant faire des sauts dans le temps contrôlés par un étrange appareil. Elle apprend alors qu’elle n’est pas la seule voyageuse dans le temps et que le seul autre encore en vie, le séduisant Gidéon de Villiers, sera son partenaire pour de mystérieuses missions à travers les époques.

J’avoue que la trilogie est un peu difficile à résumer sans spoiler car tout est construit comme un complexe puzzle dont les pièces sont mises en places tout au long des trois tomes pour arriver à un dénouement qui a tout de même réussi à me surprendre.
Au début de ma lecture, j’avais quelques appréhensions car la thématique des voyages dans le temps est une de celles qui me donnent le plus de migraines étant donné que je cherche sans cesse à y trouver des incohérences (si vous avez lu mon billet sur « les Voies d’Anubis », cela vous rappellera des souvenirs 🙂  ).
Et bien j’ai été agréablement surprise car le sujet est assez bien traité et je n’ai pas eu à vider de tube d’aspirine pour finir la série: tout s’emboîte bien et je n’ai pas détecté d’incohérence majeure.

Au niveau des personnages, j’ai souvent des soucis avec les personnages principaux à qui j’ai irrémédiablement envie de mettre quelques baffes, mais cela n’a pas été le cas avec Gwendolyn. Sans allez jusqu’à dire qu’elle a du charisme, c’est une jeune fille attachante qui réagit de façon « réaliste » à tout ce qui lui tombe dessus, même si atermoiements amoureux sont parfois un peu pénibles, mais bon, elle reste une ado, c’est donc assez normal. Gidéon est aussi parfois tête à claques, mais au final c’est un jeune homme bien qui essaye simplement de survivre dans une vie qu’on lui a imposée alors que ses rêves sont ailleurs.
Par ailleurs, il y a une belle palette de personnages secondaires, tous assez bien travaillés et qui ont tous de bonnes raisons d’agir/réagir comme ils le font, aussi odieux soient-ils. Mentions spéciale à Monsieur Berhard, Xemerius et Madame Rossini.

Bilan: 

Je ne peux pas dire grand chose de plus sans vous dévoiler l’intrigue, mais je conseille cette lecture pour les moments où vous souhaitez vous plonger dans une histoire sympa et assez rapide à lire.

Et si vous avez vu les films n’hésitez pas à me laisser un petit commentaire pour me donner votre avis. 😉

Note globale: 14.5/20

[Lecture] Les Nouveaux Royaumes Invisibles – t1: l’Heritier Oublié [Julie KAGAWA]

4e de Couverture:

Essayez seulement de ne pas croire aux fées… Elles ne disparaîtront pas pour autant.
Je m’appelle Ethan Chase. Je veux juste être normal mais les fées, elles, ne veulent pas se laisser oublier. Le seul moyen de me débarrasser d’elles pour de bon ? Pénétrer leur territoire et solliciter l’aide de la Reine du Fer, ma sœur. J’aurais préféré partir seul, ne révéler mon secret à personne. Mais Kenzie, la fille qui me fait rêver, s’est imposée dans l’aventure.Je m’appelle Ethan Chase. Et je ne vivrai peut-être pas assez longtemps pour voir se lever le jour de mon dix-huitième anniversaire.

Informations Pratiques:

  • Volume: 512 pages
  • Editeur :  Harlequin (1er mai 2013)
  • Collection : Darkiss
  • Version électronique

L’avis de la croqueuse de livres:

Parenthèse:
Me revoilà après une looooooongue absence qui se justifie par mes aventures personnelles: je n’en ai pas vraiment parlé ici mais après 7 années à travailler à temps plein, je reviens cette année sur les bancs de l’université… et croyez moi ou non, être étudiante, c’est vachement plus fatiguant que de travailler 40 heures par semaine… X_x
J’ai eu beaucoup (et j’en ai encore) de dossiers à rendre ces dernières semaines et entre les 2h30 quotidiennes de transport en commun, les 7h de cours et les 3 ou 4h de travail personnel/en groupe, j’ai un peu négligé le site…
Cela devrait aller mieux dans d’ici fin janvier mais en attendant je risque d’être encore assez lacunaire…
Merci d’avance de votre compréhension…

D’ailleurs pour me faire pardonner, voici une petite chronique sur une petite pépite… 😉

Ce livre est le premier tome d’une série qui fait suite à celle des « Royaumes Invisibles » de Julie Kagawa.
Je ne vous ai jamais parlé de cette dernière que j’ai lu il y a déjà un certain temps, non pas parce que je jugeais qu’elle n’en valait pas la peine mais au contraire parce que j’aime tellement cette série que je ne voulais pas risquer de passer à côté de son essence dans une chronique écrite si longtemps après sa lecture. Pour vous donner une idée, j’ai lu (dévoré?) la série, qui se compose de 4 tomes + 2 nouvelles, en moins de 5 jours (et je n’étais pas en vacances…).

Aussi, quand j’ai su que l’auteure allait écrire une suite, centrée sur le personnage d’Ethan, petit frère de l’héroïne, et qui se passe une décennie après, j’ai eu un sentiment très mitigé, oscillant entre « j’ai trop hâte, j’adore cet univers » et « oui. Mais si c’est moins bien et que je suis déçue? », risque que je n’étais pas sûre de vouloir prendre… Mais l’envie de retrouver l’univers du Pays de Nulle Part a été plus forte et après quelques mois, j’ai fini par céder à la tentation… Et grand bien m’en a pris!

Le contexte (attention, si vous n’avez pas lu la première série, il y a des spoils):
– Les Royaumes Invisibles
Peut-être connaissez vous le Songe d’une Nuit d’été de Shakespeare? Si vous l’avez lu, vous savez déjà qu’il existe un monde concomitant du notre. Un royaume où règnent les fées, où les créatures de nos folklores sont reines et aiment à faire des farces cruelles aux humains…
Julie Kagawa a habilement repris ces principes et créé un monde original, mais qui parlera néanmoins à ceux qui ont un peu de culture féérique. En effet, elle part du postulat que parallèle à notre monde, il existe le Pays de Nulle Part. Un endroit où vivent toute les créatures imaginées par les Hommes et qui vivent grâce à leurs croyances. Ce pays se divise (du moins officiellement) en deux Royaumes: la Cour d’été, dirigée par le Roi Obéron et sa turbulente épouse, Titania, et la Cour d’Hiver, dirigée par la glaciale Mab, accompagnée de ses trois fils.

-La première série:
Dans la première série, le petit Ethan Chase, 4 ans, est kidnappé par des fées. Sa soeur, Meghan, qui adore son petit frère, fait alors tout pour le retrouver, au péril de sa vie. Il s’avère que sans le savoir, cette dernière est une demie-sang… et pas n’importe laquelle, puisqu’elle est la fille d’Obéron (rien que ça!). Affrontant de nombreuses épreuves dans ce monde plein d’embûches où mêmes les autochtones ne sont pas certains de survivre bien longtemps, Meghan finira par se faire une place, puisqu’elle deviendra la Reine de Fer, souveraine d’un « nouveau » royaume féérique issu de l’affection récente des Hommes pour la technologie. Après avoir sauvé son frère, Meghan quitte donc sa famille pour assumer ses nouvelles responsabilités de reine, accompagnée par son époux, Ash, l’un des fils de Mab. Ethan ne lui pardonnera jamais cet abandon.

– La nouvelle série.
Treize ans se sont écoulés. Ethan a bien grandi. Marqué par les évènements de son enfance, il a perdu son innocence et est devenu un adolescent difficile, en lutte permanente contre les fées qui lui pourrissent l’existence à cause de son « don » de vision absolue (il voit les fées dans notre monde). A cause de ces dernières, il passe pour un jeune délinquant, un marginal dont personne ne veut et qui s’est créé une carapace afin que personne ne l’approche: s’attacher c’est mettre les gens en danger.
Solitaire, il essaye malgré tout d’avoir une vie normale, ne serait-ce que pour faire plaisir à sa mère qui a déjà beaucoup souffert du départ de Meghan.
Le récit commence alors qu’Ethan fait son entrée dans un nouveau lycée, espérant que cette fois tout se passera bien. Mais sous son air de dur, renfrogné et sauvage, il ne peut pas laisser un plus faible se faire maltraiter impunément. C’est ainsi qu’il sauve un demi-sang… et se retrouve plongé encore une fois dans les histoires des fées. Et il va malgré lui y entrainer Kenzie, une fille de sa classe qui a décidé de lui coller aux basques pour percer sa coquille.
Tous deux, parachutés au Pays de Nulle Part, vont alors devoir lutter pour leur survie et celle de tous les Exilés et les Demi-sangs qui peuplent la Terre…

Je n’en dirai pas plus sur l’histoire pour ne pas vous gâcher le plaisir.
Mais l’intrigue est cohérente, même si j’en aurais voulu plus… c’est le risque quand on accroche bien à une histoire, on est toujours frustré quand ça se termine et on en veut à l’auteur de ne pas avoir d’avantage développé… donc on prend son mal en patience en attendant le tome suivant…
Le fil du récit reprend les recettes qui m’ont fait aimé les premiers opus: un monde magnifique mais cruel où il n’y a ni bons ni méchants: juste des créatures qui essayent d’assurer leur survie ou qui sont soumises à leur nature profonde. Le manichéisme n’a pas vraiment sa place ici, tous les personnages ont de bonnes raisons d’agir comme ils le font, ils sont tous légitimes dans leurs actes, même si ces derniers peuvent nous sembler contestables.

En ce qui concerne les personnages, j’ai retrouvé avec plaisir ceux à qui je m’étais attachée dans la première série. Notamment Grimalkin, toujours égal à lui même avec sa fameuse réponse à tout: « je suis un chat! » (si vous aimez le Chat du Cheshire dans Alice au Pays des Merveilles, je ne doute pas que vous apprécierez ce félin là… fourbe à souhait et… tellement chat!)…
J’ai aussi été ravie de retrouver la Muse Noire qui a ici un rôle assez central, elle est toujours aussi capricieuse et calculatrice, un pur bonheur.
Pour ce qui est de la galerie de nouveaux personnages, je ne citerai que les trois principaux:
– Ethan: On est bien loin du petit garçon aux grands yeux bleus innocents et si craquant de la première série. Treize ans après, on retrouve un jeune homme, qui a perdu toute candeur, solitaire et dur. Le changement est somme toute assez logique après tout ce qu’il a traversé. Au fil du tome, sa carapace se fendille et on retrouve un peu du petit garçon plein d’espoirs, mais un petit garçon qui sait que le monstre qui se cache sous son lit est réel et qui s’est armé en conséquence.
– Kenzie: au début, je craignais l’ado gosse de riches, complètement écervelée. Mais c’était mal connaître Madame Kagawa qui n’a pas son pareil pour donner de la profondeur à ses personnages. Kenzie est un personnage qui apporte de la fraicheur à l’histoire, mais aussi un aspect plus dramatique. Elle est foncièrement attachante et c’est vraiment un protagoniste intéressant.
– Keirran: L’autre personnage principal. Je n’en dirai pas beaucoup sur lui pour ne pas vous spoiler, même si pour ma part, j’ai rapidement compris qui il était. Mais encore une fois, on a un personnage avec un héritage, une histoire, qui font qu’il agit d’une certaine façon, tout à fait tangible. Il est aussi en lutte contre lui même et même si certaines de ses réactions peuvent paraître discutables, je les trouve tout à fait cohérentes.

Vous aurez sans doute compris que je manque cruellement d’objectivité, ce blog n’a pas la prétention d’être objectif, mais de partager un ressenti, des émotions. Et à travers ces pages, j’ai eu des émotions car Julie Kagawa est l’une des rares auteures à réussir la prouesse de me faire voyager pleinement dans son monde,  il suffit de clore les paupières et la magie opère. Ce récit a ses défauts bien sûr… mais je n’ai aucune envie de m’appesantir dessus, d’ailleurs, j’écris ces lignes une semaine après l’avoir terminé et… je ne m’en souviens même pas, c’est dire! (si, le seul qui me vient à l’esprit là maintenant tout de suite, c’est que c’était trop court!)

Bilan: 

 Je craignais que cette suite me déçoive, soit moins bonne que la première série. J’avais tort.
Cette chronique est plus longue que celles que je fais habituellement parce que j’ai à cœur de rendre hommage à ce récit… j’aurais pu faire encore plus long alors profitez de votre chance que je sache me tenir! 😉
J’ai retrouvé tout ce que j’avais aimé dans les Royaumes invisibles: des personnages attachants, un monde cruel empreint de poésie et d’une beauté étrange, une histoire prenante qui m’a fait rire et pleurer.
Je ne peux donc que conseiller cette série que vous aimerez aussi si vous appréciez le Songe d’une Nuit d’été, Alice au Pays des Merveilles et que vous êtes sensibles au Folklore.

Notez toutefois que c’est du young adult, avec tout ce que cela implique. Donc inéluctablement, beaucoup n’aimeront pas. Mais si suite à mes précédentes chroniques, vous vous sentez une quelconque affinité avec mes goûts littéraires, foncez! C’est un beau voyage qui vous attend.

Autre chose: il n’est pas indispensable d’avoir lu la première série pour apprécier et comprendre celle-ci car Ethan (qui est la narrateur), explique pas mal de choses. Ceci dit, si vous avez le courage, lisez la car vous comprendrez mieux certaines choses et vous n’en apprécierez que d’avantage le sens du détail de l’auteure.

Note globale: 19,5/20

[Lecture] La Meute du Phenix t.1: Trey Coleman [Suzanne WRIGHT]

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4e de Couverture:

Incapable de se transformer en louve, Taryn Warner a toujours été méprisée par sa meute malgré son puissant don de guérison. Quand son père décide de l’unir de force à Roscoe Weston un Alpha violent et dominateur qui lui promet de la briser, Taryn refuse de se soumettre. C’est alors que Trey Coleman, dangereux Alpha connu pour sa sauvagerie, lui propose un marché : s’unir temporairement – à lui. Il y gagnerait une alliance et elle sa liberté. Mais faire semblant comporte aussi des risques. D’autant que leur attirance l’un pour l’autre semble hors de contrôle.

Informations Pratiques:

  • Volume:  573 pages
  • Editeur :  Milady ( 27 septembre 2013)
  • Collection : Bit-Lit
  • Version électronique

L’avis de la croqueuse de livres:

A priori, Milady misait beaucoup sur cette nouvelle sortie et j’avoue sans peine que le résumé ainsi que la couverture plutôt bien travaillée m’ont donné très envie de le lire.
J’ai été d’autant plus… perturbée, à la lecture de ce roman…

Je ne développerai pas l’histoire, le résumé du 4e de couverture le fait très bien.
J’ai bien accroché au concept, c’est de la romance classique mais les tempéraments des personnages sont bien travaillés et l’évolution de la relation entre ces deux êtres abîmés par la vie est plutôt cohérente et bien amenée.
Le concept des âmes soeurs est bien trouvé et assez bien expliqué. J’ai aussi apprécié le fait qu’il existe diverses sortes de métamorphes et pas uniquement des loups, même si les autres espèces ne sont pas vraiment évoquées. Les jeux politiques entre les meutes auraient pu être d’avantage approfondis car l’idée me semble aussi intéressante.
En ce qui concerne les personnages secondaires, pour la plupart, je les ai trouvés suffisamment consistants pour que l’histoire prenne corps, notamment ceux de Dante et Tao, qui vont certainement être les protagonistes principaux des tomes à venir.

Passons maintenant à ce qui m’a dérangée dans ce livre et qui pourrait se résumer à deux mots: vulgarité et sexe.
Je n’ai rien contre les scènes de sexe si elles apportent quelque chose à l’histoire. Mais là en l’occurrence, non seulement cela représente 30% du volume total du livre (je dis ça à la louche, mais je ne pense pas être très éloignée de la vérité), mais en plus les scènes en question m’ont pour certaines mise assez mal à l’aise. Je n’ai aucune affinité avec le SM, pour moi la domination ressemble trop à une forme de viol pour que j’accroche. Que cela soit entendu, je comprends que certaines personnes puissent trouver leur compte là dedans, mais ce n’est pas mon cas. Et je ne m’attendais pas du tout, au vu du résumé, à une telle débauche de scènes SM, rendues encore plus crues par le langage utilisé.
Effectivement, du début à la fin du roman, la vulgarité fait sa loi.
Pour certaines scènes, j’ai trouvé que c’était plutôt sympathique et approprié, notamment les premières joutes verbales entre la grand-mère de Trey et Taryn qui m’ont faite sourire, mais la grossièreté omniprésente m’a vite fatiguée; ce que je trouve assez dommage car l’auteure écrit plutôt bien.
Je crois sincèrement qu’on aurait aussi bien pu ressentir la force de caractère de Taryn sans ce déballage continuel d’obscénités qui a aussi contribué à me rendre antipathiques des personnages sensés être des boute-en-train, à l’instar de Dominic.

En gros, si vous n’aimez pas les insanités et que vous n’avez aucun attrait pour le sado-masochisme, passez votre chemin, ce livre n’est clairement pas fait pour vous…
Inutile de préciser qu’il n’est pas à mettre entre toutes les mains… Une mention « interdit aux moins de 18 ans » sur la couverture ne serait pas superflue je crois…

Bilan: 

 Si l’on fait abstraction des scènes de sexe omniprésentes et du fait que les personnages jurent comme des charretiers, l’histoire est plutôt sympathique et les personnages principaux bien travaillés.
Malheureusement, pour ma part, je suis incapable de passer outre ces éléments et il me paraît assez évident que je ne lirai pas la suite.
Encore une fois, je regrette que Milady ait abandonné des séries avec une trame scénaristique fouillée pour se laisser aller à publier ce genre de choses…

Note globale: 9/20