Archives pour l'étiquette lycanthrope

[Lecture] La Meute du Phenix t.1: Trey Coleman [Suzanne WRIGHT]

la-meute-du-phenix,-tome-1---trey-coleman-326840-250-400

4e de Couverture:

Incapable de se transformer en louve, Taryn Warner a toujours été méprisée par sa meute malgré son puissant don de guérison. Quand son père décide de l’unir de force à Roscoe Weston un Alpha violent et dominateur qui lui promet de la briser, Taryn refuse de se soumettre. C’est alors que Trey Coleman, dangereux Alpha connu pour sa sauvagerie, lui propose un marché : s’unir temporairement – à lui. Il y gagnerait une alliance et elle sa liberté. Mais faire semblant comporte aussi des risques. D’autant que leur attirance l’un pour l’autre semble hors de contrôle.

Informations Pratiques:

  • Volume:  573 pages
  • Editeur :  Milady ( 27 septembre 2013)
  • Collection : Bit-Lit
  • Version électronique

L’avis de la croqueuse de livres:

A priori, Milady misait beaucoup sur cette nouvelle sortie et j’avoue sans peine que le résumé ainsi que la couverture plutôt bien travaillée m’ont donné très envie de le lire.
J’ai été d’autant plus… perturbée, à la lecture de ce roman…

Je ne développerai pas l’histoire, le résumé du 4e de couverture le fait très bien.
J’ai bien accroché au concept, c’est de la romance classique mais les tempéraments des personnages sont bien travaillés et l’évolution de la relation entre ces deux êtres abîmés par la vie est plutôt cohérente et bien amenée.
Le concept des âmes soeurs est bien trouvé et assez bien expliqué. J’ai aussi apprécié le fait qu’il existe diverses sortes de métamorphes et pas uniquement des loups, même si les autres espèces ne sont pas vraiment évoquées. Les jeux politiques entre les meutes auraient pu être d’avantage approfondis car l’idée me semble aussi intéressante.
En ce qui concerne les personnages secondaires, pour la plupart, je les ai trouvés suffisamment consistants pour que l’histoire prenne corps, notamment ceux de Dante et Tao, qui vont certainement être les protagonistes principaux des tomes à venir.

Passons maintenant à ce qui m’a dérangée dans ce livre et qui pourrait se résumer à deux mots: vulgarité et sexe.
Je n’ai rien contre les scènes de sexe si elles apportent quelque chose à l’histoire. Mais là en l’occurrence, non seulement cela représente 30% du volume total du livre (je dis ça à la louche, mais je ne pense pas être très éloignée de la vérité), mais en plus les scènes en question m’ont pour certaines mise assez mal à l’aise. Je n’ai aucune affinité avec le SM, pour moi la domination ressemble trop à une forme de viol pour que j’accroche. Que cela soit entendu, je comprends que certaines personnes puissent trouver leur compte là dedans, mais ce n’est pas mon cas. Et je ne m’attendais pas du tout, au vu du résumé, à une telle débauche de scènes SM, rendues encore plus crues par le langage utilisé.
Effectivement, du début à la fin du roman, la vulgarité fait sa loi.
Pour certaines scènes, j’ai trouvé que c’était plutôt sympathique et approprié, notamment les premières joutes verbales entre la grand-mère de Trey et Taryn qui m’ont faite sourire, mais la grossièreté omniprésente m’a vite fatiguée; ce que je trouve assez dommage car l’auteure écrit plutôt bien.
Je crois sincèrement qu’on aurait aussi bien pu ressentir la force de caractère de Taryn sans ce déballage continuel d’obscénités qui a aussi contribué à me rendre antipathiques des personnages sensés être des boute-en-train, à l’instar de Dominic.

En gros, si vous n’aimez pas les insanités et que vous n’avez aucun attrait pour le sado-masochisme, passez votre chemin, ce livre n’est clairement pas fait pour vous…
Inutile de préciser qu’il n’est pas à mettre entre toutes les mains… Une mention « interdit aux moins de 18 ans » sur la couverture ne serait pas superflue je crois…

Bilan: 

 Si l’on fait abstraction des scènes de sexe omniprésentes et du fait que les personnages jurent comme des charretiers, l’histoire est plutôt sympathique et les personnages principaux bien travaillés.
Malheureusement, pour ma part, je suis incapable de passer outre ces éléments et il me paraît assez évident que je ne lirai pas la suite.
Encore une fois, je regrette que Milady ait abandonné des séries avec une trame scénaristique fouillée pour se laisser aller à publier ce genre de choses…

Note globale: 9/20

[Lecture] Le protectorat de l’ombrelle, t:1: Sans âme [Gail CARRIGER]

4e de Couverture:

Miss Alexia Tarabotti doit composer avec quelques contraintes sociales.

Primo, elle n’a pas d’âme. Deuxio, elle est toujours célibataire. Tertio, elle vient de se faire grossièrement attaquer par un vampire qui, ne lui avait pas été présenté !
Que faire ? Rien de bien, apparemment, car Alexia tue accidentellement le vampire. Lord Maccon – beau et compliqué, écossais et loup-garou – est envoyé par la reine Victoria pour enquêter sur l’affaire.
Des vampires indésirables s’en mêlent, d’autres disparaissent, et tout le monde pense qu’Alexia est responsable. Mais que se trame -t-il réellement dans la bonne société londonienne ?

 

Informations Pratiques:

  • Volume: 324 pages
  • Editeur :  Orbit (12 janvier 2011)
  • Collection : Orbit
  • Version Electronique

L’avis de la croqueuse de livres:

Toujours dans ma lubie actuelle orientée sur l’époque victorienne, je me suis lancée dans la lecture du premier tome d’une série que je voulais lire depuis longtemps: Le Protectorat de l’Ombrelle.

Je m’attendais à quelque chose d’assez sobre (oui, malgré le résumé…) et j’ai ainsi été surprise du (gros) brin de folie dont a fait preuve Gail Carriger dans la rédaction de son récit. Effectivement, si le 19e est bien présent par de nombreux aspects, on est loin du côté un peu « coincé » qu’on retrouve généralement à cette époque. Je conçois que cela puisse perturber les puristes, ayant moi-même à mon actif quelques années sur les bancs d’une fac d’Histoire, je grince souvent des dents face aux anachronismes, fautes de langages et autres joyeusetés qui peuvent nuire à l’historicité d’un récit d’époque.
En l’occurrence, ici, cela ne m’a absolument pas dérangée tant les personnages sont truculents et l’histoire prenante.

Miss Alexia Tarrabotti, vieille fille (de 26 ans) d’origine Italienne par son père, a une fâcheuse tendance à s’attirer des ennuis. Dôtée d’une famille aussi frivole qu’envahissante, elle est dépourvue d’âme; ce qui fait que tout contact physique d’une créature surnaturelle avec la demoiselle, annule les pouvoirs de cette dernière et la rend humaine (les vampires perdent leurs crocs, les loup-garous leur fourrure…). On appelle les personnes comme Alexia des « paranaturels », ces derniers étant aussi rarissimes que craints par les « surnaturels », car ils avaient longtemps été employés comme chasseurs afin d’éradiquer les vampires et autres bêtes à poils.
Dans cet univers, les créatures surnaturelles sont connues et intégrées par les humains, du moins en Angleterre, on apprendra durant le récit que ce n’est pas le cas partout. Une institution nommé le BUR est chargée de contrôler les créatures surnaturelles (les référencer, enquêter en cas de crime les impliquant…), ce dernier est dirigé par le Comte Connal Maccon qui est accessoirement l’Alpha de la meute locale.
Alexia se trouve embarquée malgré elle (même si son sale caractère ne l’aide pas à éviter ce genre d’écueils) dans une sombre machination qui pourrait bien poser problème pour toute la communauté surnaturelle, effectivement, des vampires et des garous disparaissent sans laisser de traces. D’abord soupçonnée, Alexia prend les choses en main et enquête sur l’affaire, au grand dam de lord Maccon, un brin macho sur les bords.

L’histoire en elle-même est sympa, mais un peu cousue de fil blanc.
Ce sont surtout les personnages qui m’ont fait accrocher à l’histoire. Je n’en citerai que quelques uns, mais honnêtement, ils valent presque tous le détour (sauf peut-être les deux demi-soeurs d’Alexia qui sont superficielles au possible).
Alexia: 26 ans, pas d’âme et toujours pas mariée car sa mère a refusé de faire des frais pour son introduction dans la bonne société londonienne, jugeant son physique trop ingrat et son caractère trop imbuvable pour que cela vaille l’investissement. On sent qu’elle est le mouton noir de sa famille, et malgré son physique certes atypique mais toutefois agréable, elle manque cruellement de confiance en elle. Cela ne l’empêche cependant pas d’être très cultivée (n’ayant pas eu à minauder comme les jeunes femmes de son âge, elle a pu se concentrer sur les études) et d’avoir un tempérament bien trempé qui la fait souvent passer outre les convenances et les conventions sociales de l’époque. Alexia est indépendante, téméraire et brillante. Pour moi c’est la femme idéale. 🙂
Lord Maccon: macho, buté, impulsif, protecteur. Je pense que ces mots pourraient résumer la personnalité de l’Alpha local de Londres. On en sait assez peu sur son passé, hormis qu’il vient d’Ecosse et qu’il est craint par tous les loups-garou. C’est un personnage néanmoins attachant à sa façon et qui forme un binôme cocasse avec son second, le Docteur Llyal (qui lui est posé, réfléchi, stoïque en toutes circonstances).
Lord Adelkama: un très vieux vampire aux mœurs… disons, dissolues. Mais qui vaut vraiment le coup d’œil.
Miss Ivy: la meilleure amie d’Alexia, qui est aussi prude que son amie est audacieuse. Ses goûts vestimentaires sont presque aussi distrayants que ceux de Lord Adelkama…

Le livre est une succession de situations drôles et cocasses qui font qu’il se lit très vite et qu’il coule tout seul. D’aucuns trouveront que c’est trop, personnellement j’ai aimé.

Bilan: 

 Un livre que je conseille à toute personne aimant l’époque victorienne qui a besoin de rire et qui aime les personnages hauts en couleurs.

Note globale: 18/20

[Lecture] Waynest t.2: Enlevée [Jess HAINES]

4e de Couverture:

Il fut un temps où le principal problème de Shiarra Waynest, détective privée, était de maintenir son agence à flot. Elle doit désormais négocier avec deux dangereux et séduisants vampires, ennemis depuis des siècles, dont elle a éveillé les convoitises. Alors que les tensions s’intensifient, les White Hats, chasseurs de vampires, pressent Shiarra de les rejoindre. Elle va alors découvrir que les apparences sont trompeuses, ce qui affectera toutes ses convictions… ainsi que ses désirs.

Informations Pratiques:

  • Volume: 456 pages
  • Editeur : Milady (29 mars 2013)
  • Collection : Bit-Lit
  • Version Electronique

L’avis de la croqueuse de livres:

J’avais fait une petite chronique sur le tome 1 il y a quelques temps et j’avais été moyennement emballée. Après « Le Mystère du Drake Mécaniste », j’avais besoin de quelques chose de « décérébrant ». J’ai donc opté pour le tome 2 de cette série purement Bit-Lit.

Nous retrouvons Shiarra, environ 6 mois /un an après les événements du tome 1. Elle s’est officiellement remise en couple avec Chaz et a accepté sa nature Lycanthrope. En parallèle, elle tente d’éviter Alec Royce comme la peste, tout comme les White Hats.
Le roman commence fort: Shiarra est en train de se faire menacer par Jack, le chef des White Hats qui n’a pas renoncé à l’intégrer dans ses rangs. Avant de la laisser, ce dernier l’informe qu’elle aurait bientôt besoin d’eux car un nouveau joueur s’apprête à rentrer dnas la partie. Et les ennuis ne tardent pas à de nouveau frapper à sa porte: un soir un vampire tente de s’introduire chez elle pour la conduire chez un certain « Max » qui s’avère être le créateur de Anastasia, la Méchante vampire du t.1 qui avait été réduite en charpie par les loups de Chaz. Elle est secourue in extremis, mais se fait bientôt enlever par Max, vampire millénaire et psychotique, et ce dernier qui a visiblement mal digéré l’exécution de sa petite protégée…

Le tableau est posé: l’héroïne se retrouve au coeur d’une lutte fratricide entre deux vamps super-puissants: l’un veut sa mort et l’autre la veut tout court.
Ceci mis à part, on retrouve un peu les mêmes clichés que dans le premier opus: elle monte sa petite brigade de surnat’ perso et compte partir à l’assaut du grand méchant.
Shiarra est un peu plus malmenée que dans le premier tome, mais une fois encore, les personnages m’ont paru creux et pleins d’incohérences. La demoiselle qui avait tant de mal à fréquenter les « Autres » dans « Traquée » se pose maintenant en donneuse de leçon, prônant le fait que ces derniers sont comme tout le monde, fourrure et crocs en plus. Sa réaction face aux injonctions de la presse est tout aussi improbable… J’ai beaucoup de mal à percevoir Chaz comme un Alpha tant il manque de contrôle quand à Royce, il est toujours retors mais je l’ai trouvé un peu trop mou…
J’espérais que dans ce tome on en découvrirait d’avantage sur Royce, Arnold et la ceinture qui transforme Shiarra en chasseuse, mais j’ai été très déçue. Au final on a beaucoup de violence et de scènes glauques pour un scénario assez creux et des personnages toujours aussi superficiels qui vivent des événements pour le moins traumatisants mais ne semblent pas en garder de séquelles.

Bref, beaucoup de mal à finir ce tome et une grosse déception à la clé.

Bilan: 

 Très déçue.
C’est dans ces cas là que je regrette que Milady ait cessé la publication d’oeuvres aussi fouillées que Kate Daniels, Les Dossiers Dresden ou Rachel Morgan pour se consacrer à des séries aussi creuses et inintéressantes…
Je ne pense pas lire le tome 3.

Note globale: 9/20

[Lecture] Coeurs de Loups [collectif dirigé par Valérie LAWSON & Charlotte BOUSQUET]

4e de Couverture:

Cœurs de loups, ce sont seize auteurs décidés à unir leurs voix dans une anthologie. Seize auteurs décidés à abolir les frontières, et brouiller les origines. Avec eux, les loups deviennent hommes et les hommes choisissent les loups, les loups content un nouveau monde, ou l’ancien qu’ils ont aimé, les fourrures et les peaux se mêlent pour créer un chant, un chant d’espoir et de cœur, pour les loups et les autres grands prédateurs.

Un livre édité en partenariat avec FERUS.
2 euros par exemplaire vendu seront reversés à l’association.

Textes de : Hélène PEDOT, David BRY, Nadia COSTE, Sophie GUTH, Manon FARGETTON, Anne FERRIER, Jean-Luc MARCASTEL, Carina ROZENFELD, Fabien CLAVEL, Sophie DABAT, Anne-Sophie SILVESTRE, Marie CAILLET, Meredith BLIXEN, Marika GALLMAN, Sandy JULIEN, Samantha BAILLY.

Informations Pratiques:

  • Volume: 168 pages
  • Editeur : Editions du Riez (22/05/2013)
  • Collection : Collection Pages Solidaires
  • Version Papier

L’avis de la croqueuse de livres:

A la base, j’ai acheté ce livre parce que la thématique m’intéressait, à cause des auteurs (j’aime le style de Marika Gallman et je connaissais d’autres des auteurs de nom comme Samantha Bailly, Fabien Clavel ou Sophie Dabat) et surtout, surtout j’ai complètement adhéré au principe de l’ouvrage: une partie des ventes est reversée à une association de protection de la faune sauvage. Je ne pouvais qu’apporter ma modeste contribution en acquérant un exemplaire.

Et grand bien m’en a pris car, outre la bonne action qu’il permet de soutenir, ce livre m’a complètement retournée. Si je devais choisir deux mots pour décrire ce recueil de nouvelles je choisirais sans doute « bouleversant » et « poignant »…

Le voyage commence dès la présentation, brillamment menée par Valérie Lawson & Charlotte Bousquet, qui donne le ton pour le reste de l’ouvrage.
Ce recueil aborde de façons très différentes la thématique de la relation entre l’Homme et le Loup, tantôt abordant le point de vu de l’un, tantôt celui de autre, mais toujours de façon telle qu’on se rend compte qu’au final, le véritable « animal » n’est pas celui que l’on croit…

J’ai été mal à l’aise à certaines lectures. Non pas que les écrits étaient mauvais, bien au contraire. C’est justement cette faculté qu’ont eu ici les auteurs à nous remettre face à notre condition de prédateurs avides de contrôle sur notre environnement, quoi qu’il en coûte, qui m’a troublée. A bien des égards, je me suis sentie mal d’appartenir à cette espèce sans scrupules qu’est l’Homme.
A mon sens, c’est aussi à cela que l’on reconnait un bon livre: il nous fait réfléchir, nous fait ressentir les choses à fleur de peau, nous immerge dans un monde tout en remettant en question notre système de pensée. C’est exactement ce que fait Coeurs de Loups. Je vous avouerai que certains des textes m’ont tellement ébranlée que j’ai parfois dû laisser passer plusieurs jours entre la lecture de deux des nouvelles.
Quoi qu’il en soit, soyez assurés que l’on est bien loin du process de stigmatisation de nos compagnons lupins que les médias ont souvent tendance à faire passer et que les peurs primitives de l’humain ont tendance à amplifier. Ici, le loup est présenté tel qu’il est: un prédateur, certes, mais une créature noble qui elle aussi a ses peurs (souvent liées à nous, étrange non?), ses états d’âmes, ses besoins et par dessus tout le souhait de protéger les siens. Au final, sommes-nous tellement différents?

Mention spéciale aux textes que j’ai préférés:
– Le roi de la clairière de David Bry
– Fleur de Loup de Anne Ferrier
– Le choix de Carina Rozenfeld
– Boussole de Samantha Bailly
– Un loup pour l’homme… de Sandy Julien

Ceci dit, tous les textes sont excellents et apportent une vision saisissante de la thématique abordée.

Bilan:  

 Un livre que je ne peux que conseiller. Des textes sensibles, pleins de poésie, de peur, d’espoir.
Et aussi ne l’oublions pas, la possibilité de soutenir l’association FERUS qui oeuvre pour la protection du loup, mais aussi de l’ours et du lynx dans nos vertes contrées. Une mention spéciale aux Editions du Riez qui ont pris cette belle initiative et bien sûr aux auteurs, pour ce beau voyage.

Note globale: 19/20

Bonus: 

Parce que j’ai eu la bonne idée de le précommander, juste avant les Imaginales, j’ai eu droit à une version dédicacée par plusieurs des auteurs. Juste pour vous faire baver d’envie, je vous mets quelques photos des dites dédicaces… :p

[Lecture] Rebecca Kean t.1: Traquée [Cassandra O’DONNELL]

4e de Couverture:

Nouvelle-Angleterre, Burlington… Pas de délinquance, élue la ville la plus paisible des Etats-Unis, bref, un petit havre de paix pour une sorcière condamnée à mort et bien décidée à vivre discrètement et clandestinement parmi les humains. Malheureusement, en arrivant ici, je me suis vite aperçue que la réalité était tout autre et qu’il y avait plus de démons, de vampires, de loups-garous et autres prédateurs que nulle part ailleurs dans ce foutu pays. Mais ça, évidemment, ce n’est pas le genre de renseignements fournis par l’office de tourisme. Maudit soit-il…

Informations Pratiques:

  • Volume: 473 pages
  • Editeur : J’ai Lu (16/03/2011)
  • Collection : Darknight
  • Version Papier

L’avis de la croqueuse de livres:

Je me suis lancée dans cette lecture pour passer le temps dans le tgv pour un petit voyage à Lille… et je l’ai fini le jour de mon retour… Donc première chose: ce livre coule tout seul.

On se trouve ici dans un univers Urban Fantasy un peu particulier. Six grands groupes d’êtres surnaturels évoluent en secret dans un monde où les humains ignorent leur existence: les sorcières, les Loups-Garous, les Muteurs (ou métamorphes), les Chamans, les vampires et les démons.
Les quatre premiers groupent ont été des centaines d’années durant en guerre contre les vampires et les démons. La guerre a pris fin quelques années auparavant et cela s’est traduit par un traité fragile qui contraint tout ce petit monde à collaborer dans l’intérêt global de la communauté surnaturelle.
Notre héroïne, Rebecca est une Sorcière un peu particulière qui fuit son clan depuis des années avec sa fille de 9 ans. Elle vit caché et tente de se fondre dans la masse en évitant de se mêler aux affaires des êtres surnaturels; la seule qu’elle fréquente est son amie Beth, une louve, bras droit de l’Alpha local, qui lui fait régulièrement office de nounou.
Cependant, par un concours de circonstance, non seulement les chefs des divers clans local apprennent son existence, mais en plus ils font d’elle leur « Ayassim », sorte de super-flic surnaturel chargé de faire maintenir l’ordre sur le territoire, afin de régler une affaire délicate qui implique toutes les classes surnaturelles. Cela va l’amener à utiliser des méthodes musclées et à se frotter à l’hostilité de tous les clans.

Voilà le décor planté. Cela pourrait sembler relativement classique… Ce qui va faire l’originalité de la série, ce sont les personnages.
J’avoue qu’aucun ne m’a laissée indifférente (en bien ou en mal), ce qui est assez rare pour moi.
Rebecca déjà. Déjà, elle est française… ça me parle 😉 – Encuite, elle a gardé des séquelles visibles de sa jeunesse: une éducation violente et spartiate qui lui a laissé un coté impitoyable qu’elle essaye de ne pas laisser prendre le dessus. C’est là tout l’intérêt de ce personnage: elle est loin d’être une gentille créature qui veut sauver le monde. Non. Il s’agit d’une femme puissante, consciente de sa force qui n’a pour seul objectif que de se préserver et de protéger sa fille; et pour ce faire, la fin justifie les moyens. Elle lutte cependant contre ses propres contradiction: refus de s’attacher mais besoin de ne pas être seule, pulsions meurtrières mais scrupules à utiliser la violence. Bref, elle a une personnalité complexe et c’est le cas de presque tous les personnages de ce récit. Tous vivent dans leurs propres paradoxes, oscillant entre leur nature/éducation/devoirs et ce qu’ils veulent être ou paraître. L’auteure évoque aussi avec un certain doigté et justesse la question de la tolérance et des préjugés à travers les tensions et les vieilles rancœurs entre les différents clans.

Au niveau des points négatifs, je n’en voit pas énormément si ce n’est que:
– Rebecca mène une vie monacale depuis 10 ans et tout d’un coup elle se retrouve avec une foule de mâles en rut qui en ont après elle et qui ne la laissent pas indifférente.
– Certains des personnages me semblent un peu trop puissants… j’attends de voir comment l’auteure va gérer ça dans les tomes suivants.

Ainsi, l’auteur a posé ici les bases de plusieurs intrigues concernant le passé des différents personnages et on sent par ailleurs qu’il suffirait de pas grand chose pour que le fragile équilibre entre les communautés ne vole en éclats et qu’une nouvelle guerre explose.

Bilan: 

J’ai été franchement emballée par cette lecture. Ce livre n’est pas à mettre dans toutes les mains (on n’est pas dans un registre qui serait acceptable pour un public mineur je dirais car assez violent et contenant des scènes explicites), mais si vous aimez l’Urban Fantasy et les héroïnes qui n’ont pas froid aux yeux, je ne peux que vous le conseiller.

Note globale: 18/20