Archives pour l'étiquette magie

[Lecture] Absynthes & Démons [Ambre DUBOIS]

4e de Couverture:

« Qui est réellement Lord Nermeryl ? Le diable, comme le laisse sous-entendre la rumeur ? Ou un jeune dandy un peu trop excentrique dont le passe-temps morbide est d’enquêter sur des affaires surnaturelles ?

Au fil des énigmes, en compagnie de sa fidèle compagne, la Corneille, le jeune homme goûte la saveur des âmes des êtres humains, découvrant les travers de l’humanité et y apportant sa propre justice… d’une manière bien singulière… »

Informations Pratiques:

  • Volume: 184 pages
  • Editeur : Les Editions du Riez (octobre 2011)
  • Collection : Brumes Etranges
  • Version Electronique

L’avis de la croqueuse de livres:

Cela fait un petit moment que je voulais lire ce recueil… entre la couverture d’Anne-Claire Payet qui est juste magnifique et le résumé qui est plus qu’alléchant, cet opus des Editions Du Riez ne pouvait que me faire saliver d’envie.
Aussi, quand je me suis rendue compte (j’avoue, je suis un peu longue à la détente) qu’il était disponible en version numérique pour une somme modique, je me suis jetée dessus telle une bête sauvage.
Et grand bien m’en a pris!

 Nous avons ici un recueil de 9 nouvelles. Nouvelles qui ont pour personnages principaux Lord Jorian Nermeryl, un dandy étrange qui inspire la crainte à ceux qu’il rencontre, et La Corneille, sombre et singulier volatile qui l’accompagne tant pour l’assister que pour le surveiller.
Lord Nermeryl est un enquêteur d’un genre un peu particulier dont la spécialité est de régler des affaires surnaturelles pour quiconque a reçu sa carte de visite.
Chacune des nouvelles reprend donc une enquête menée par ce binôme insolite, dans une Angleterre du XIXe siècle décrite avec finesse. Chaque texte apporte quelques informations sur le héros et nous conduit subtilement vers le dénouement final du recueil.
Au fil des récits, nous rencontrerons tour à tour fantômes, vampires, fae et anciennes divinités, toujours dans une ambiance à la fois sombre et romantique, mais sans tomber dans le sordide.
Certaines des fins m’ont surprise, d’autres moins, mais toutes étaient appropriées et finalement assez logiques.

En ce qui concerne les personnages, j’ai été séduite par les personnalités de nos deux protagonistes.
Lord Nermeryl, dandy arrogant (terme dont a peut-être un peu abusé l’auteure au fil des pages), désenchanté et en proie à des besoins charnels importants, tant pour soulager son corps que pour nourrir son âme.  Pour les personnes que cela pourrait surprendre, le monsieur est bisexuel et on le voit souvent en compagnie de jeunes éphèbes au cours du récit. Les scènes érotiques sont assez présentes dans chaque texte mais pas vulgaires, tout est décrit avec subtilité et pudeur. Au niveau du tempérament du dandy, j’ai ressenti beaucoup de mélancolie et de souffrance. C’est un personnage à la fois sans pitié, mais pas dénué de morale pour autant, malgré le maître qu’il sert. D’une certaine façon, je l’ai même trouvé plutôt attachant et j’attendais la fin de la dernière nouvelle avec impatience, pour lui.
La Corneille quant à elle recèle quelques surprises. Elle a une relation assez complexe et ambiguë avec Jorian. Elle est, tout au long des récits, tiraillée entre sa mission et les sentiments très humains que le dandy lui inspire. Il était assez cocasse au début de voir un volatile faire des crises de jalousie, telle une maîtresse blessée, à chaque incartade de son compagnon de route, mais on s’y habitue assez vite et au fil des pages, cela apparaît logique et naturel.

Certains des autres protagonistes rencontrés dans les textes sont aussi touchants, torturés, désespérément humain. J’ai aussi aimé ces personnages tout en nuances, complexes, prisonniers de leurs états d’âmes: cette âme apparaissant le plus souvent comme un fardeau que comme une bénédiction. Mention spéciale au fossoyeur de « l’Orgue » et à Lucifer.

Pour ce qui est des enquêtes, je vous laisserai les découvrir, mais sachez que, moi qui ai une grande réticence avec les histoires qui ne se terminent pas en « Happy End », j’ai pourtant beaucoup apprécié ce recueil ou les fins heureuses ne sont pas légion.
La façon dont les textes sont menés, avec un style fluide et maîtrisé de la part de l’auteure, sonne tellement juste et ils sont rédigés avec une telle douceur que même moi, j’ai savouré ces fins souvent cruelles.

Bilan: 

J’avais déjà été charmée par Coeurs de Loups et voici un autre coup de cœur à dédier aux Editions Du Riez qui ne fait que me convaincre de la qualité des textes publiés chez cet éditeur.
Vous aurez compris que je vous conseille mille fois cet ouvrage si les quelques détails mentionnés plus haut ne vous dérangent pas.
Pour ma part, je pense placer un autre roman de Ambre DUBOIS, les Damnés de Dana paru aux Editions du Chat Noir, un peu plus haut dans ma PAL… 

Note globale: 18/20

[Lecture] A l’ombre des pleurs [Cécile GUILLOT]

4e de Couverture:

Une poésie cruelle et délicate, des univers dans lesquels le sang et la magie s’entremêlent au cœur de récits troublants… Voici le voyage proposé par la plume de Cécile Guillot avec le recueil A l’ombre des pleurs. Sept histoires au parfum envoûtant, autant d’occasions pour s’évader aux frontières de l’imaginaire : Vampire tourmenté en proie à ses instincts, sorcelleries antiques et dangereuses, créatures à la séduction mortelle, âmes écorchées porteuses d’un message aux vivants… Les ténèbres ouvrent leur porte sur un monde où beauté et souffrance flirtent avec les rêves les plus inattendus.

Informations Pratiques:

L’avis de la croqueuse de livres:

 « Une poésie cruelle et délicate », voilà qui résume bien ce recueil.

Cécile Guillot a une plume très particulière, d’un douceur que j’ai rarement vu dans les littératures de l’imaginaire. Et quand elle met cette plume au service de nouvelles aussi tragiques que sensibles, il se dégage une atmosphère très particulière qui oscille entre le romantique (dans le sens littéraire du terme)  et le malsain.

Car ces nouvelles m’ont troublée et parfois mises très mal à l’aise tant elles étaient sordides, à l’instar de « Une petite fille si attentionnée » ou « Dans la chambre d’enfant« . D’autres, au contraire, étaient mélancoliques et cruelles mais sans vraiment choquer comme « Coeur de Cristal » ou « De larmes et de sang« .
Dans tous les cas, à aucun moment je n’ai été indifférente à l’atmosphère gothique et sombre de ces textes.
D’autant plus que dans chacun d’entre eux, l’auteure nous fait voyager à travers des facettes obscures mais tellement indissociables de la nature humaine. Dans « La fille aux barbelés » est une ôde à l’acceptation de la différence mais souligne combien l’être humain peut se montrer barbare. Dans « Rodways‘, qui démontre combien la liberté peut demander un terrible tribut, l’auteure dresse un constat malheureusement réaliste de ce qui pourrait arriver à quiconque se lancerait dans la même aventure que Lisa. Dans « Coeur de Cristal« , on voit que l’excès de confiance peut jouer le jeu de l’égoïsme et se retourner contre celui qui a tendu la main. Dans « Liberame« , on ressent le malaise de celui qui ne se sent pas à sa place dans notre société bâtie sur l’individualisme et rongée par le matérialisme. Dans « Nuit d’Obsidienne à Montego Bay« , on voit combien l’appel du pouvoir peut être supérieur à celui du coeur.
Ce recueil dans lequel le célèbre adage « ils vécurent heureux » n’a aucunement sa place, dresse un constat terrible et dérangeant sur la nature de l’Homme. C’est peut-être ce qui m’a laissé ce goût âcre et pénible sur la langue lorsque je l’ai terminé. J’aime quand les histoires se terminent sur un note positive. J’ai besoin de cela pour me sentir bien à la fin d’une lecture.
Ici ma soif de « tout est bien qui finit bien » n’a pas été étanchée.
Je ne peux cependant pas laisser un avis négatif sur ce livre. Je n’ai pas plus aimé que cela, ce sont ici mes goûts personnels qui guident mon ressenti, mais je suis obligée d’admettre que Cécile Guillot nous livre ici des textes d’une grande sensibilité, bien écrits, avec ce style gothique et délicat qui, si je m’en réfère à la lecture de « Fille d’Hécate », semble être sa marque de fabrique.

Bilan: 

 Ce recueil ne m’a pas spécialement plu pour les raison évoquées ci-dessus, mais il ne m’a pas déplu pour autant.
Je ne peux que le conseiller à ceux que les ambiances sordides et sombres ne gênent pas, car il est vraiment bien écrit et les histoires sont bien ficelées.

Note: ce recueil, publié à la base par les Editions Cauchemar, qui ont fermé en 2011, a été repris par les éditions du Chat Noir, mais uniquement en version numérique. La version papier n’est plus disponible, sauf peut-être d’occasion.

Note globale: 16/20

[Lecture] Emma Bannon & Archibald Clare, Tome 1 : Le Mystère du drake mécaniste [Lilith SAINTCROW]

4e de Couverture:

Au service de Sa Majesté, du pays… et pour rester en vie Emma Bannon est sorcière au service médico-légal de l’Empire. Sa mission : protéger Archibald Clare, un mentaliste renégat qui travaille dans l’illégalité. Ses pouvoirs de déduction à lui sont légendaires ; quant à elle, sa sorcellerie est plus que puissante. Malheureusement, ils se détestent cordialement… Une nouvelle série de l’auteur best-seller Lilith Saintcrow en hommage à Sherlock Holmes et à Chapeau melon et bottes de cuir, dans une Angleterre victorienne empreinte de magie.

Informations Pratiques:

  • Volume: 416 pages
  • Editeur : Le Livre de Poche (12 juin 2013)
  • Collection : Fantastique
  • Version Papier

L’avis de la croqueuse de livres:

Dès que j’ai lu le résumé, je n’ai plus eu qu’une envie: l’avoir entre les mains, ce livre ayant l’air d’être un savant mélange de fantastique et de steampunk. Dans un premier temps, j’ai eu beaucoup de mal à accrocher au style d’écriture que j’ai trouvé un peu perturbant: mélange de style qui se veut XIXe siècle, narrateur omniscient qui passe d’Emma à Archibald sans crier gare… j’ai mis un moment à m’adapter, surtout que l’univers dans lequel se déroule l’histoire est assez complexe, surtout au niveau de son organisation sociale (classes de mages, types de créatures surnaturelles) et le vocabulaire inventé par l’auteure n’était pas toujours limpide. Gros reproche que je ferai (je ne sais pas si c’est dû à l’éditeur français ou si c’était déjà comme ça dans la VO), certains personnages s’expriment en italien et en allemand, et si je comprends facilement le premier, j’ai plus de mal avec la langue de Goethe. Une traduction en note de bas de page aurait été appréciée.
Ceci dit, vous êtes libres de penser que je chipote ou que mon emploi du temps surchargé de ces dernières semaines commence à me ramollir le cerveau… (ou les deux, je ne vous en voudrai pas 😉 )

Pour ce qui est de l’histoire. Replaçons d’abord le contexte: ce roman est une uchronie qui se déroule au XIXe Siècle dans un Londres alternatif où les machines sont omniprésentes. La capitale britanique devient donc Londinium, capitale d’un empire dirigé par la Reine Victrix (avatar de la Reine Victoria). Cette dernière est habitée, comme tous les souverains qui l’ont précédée, par Britania: l’esprit de la nation qui doit perpétuellement affronter ceux qui veulent lui nuire.
En parallèle, cette société victorienne alternative, comporte un certain nombre de classes sociales plus ou moins inédites:
– Les Mages: classés par différents degrés de compétences qui définissent notamment leur statut social – la crème de la crème étant les Primes/Primas. Chaque Mage pratique une Discipline: Magie blanche, grise ou noire.
– Les Boucliers: des sortes de guerriers chargés de protéger les mages des dangers physiques. Il n’est pas rare qu’un Prime ait une demi-douzaine de boucliers.
– Les Mentah: sorte de supers génies obsédés par la logique et qui deviennent cinglés si leurs cerveaux ne sont pas assez stimulés. Ils supportent assez mal la magie et son illogisme.
– Des créatures fantastiques: Dragons/drakes, Griffons, fantômes…
– Les Altérés: des individus qui ont été « fusionnés » avec des éléments mécaniques par l’intermédiaire de la magie.
J’espère que ce petit « lexique », aussi basique soit-il, pourra vous aider, parce que personnellement j’ai eu un peu de mal à assimiler tout ça. ^_^

Le décor posé, nous faisons la connaissance d’une mystérieuse Prima qui n’a qu’un seul bouclier, Emma Bannon. Elle débarque chez Archibald Clare, un Mentah, afin de le recruter au service de la Couronne: quelqu’un assassine des Mentah, Clare est donc lui même menacé. Par ailleurs, on soupçonne un complot contre la Couronne.
Clare avait été relevé de ses fonctions au service de la Reine, quelques temps auparavant, après une malheureuse erreur commise lors d’une de ses missions, aussi accepte t-il avec joie cette opportunité de s’occuper étant donné qu’il commençait à devenir fou chez lui, faute d’activité stimulante.
Commence alors une série de péripéties rocambolesques qui vont entraîner les deux personnages aussi bien vers des dangers magiques que logiques. Je ne vous en dirai pas plus pour ne pas gâcher la surprise, je préciserai juste que je n’ai pas forcément compris tous les enchaînements ni les tenants et les aboutissants de certaines scènes et parties de l’intrigue tant l’histoire est complexe: chaque élément insignifiant a finalement un sens. Je crois qu’une seconde lecture ne serait pas superflue. 🙂
En tout cas, quelque chose m’a marqué. D’une part, le 4e de couverture ne ment pas: on a bien ici un mélange de Chapeau Melon & Bottes de Cuir et de Sherlock Holmes. Ceci dit, par moment, j’ajouterai quelques éléments et une ambiance qui n’étaient pas sans me rappeler Harry Potter. Mélange des genres assez hétéroclite mais qui fonctionne plutôt bien.

Au niveau des personnages, j’avoue que j’ai été charmée. Nous avons une palette de protagonistes haute en couleurs, aux passés troubles et aux personnalités piquantes.
Fait rare: tous les personnages m’ont interpellée, même les secondaires.
Je ne les détaillerai pas pour ne pas vous spoiler, mais je n’ai qu’une envie, en apprendre d’avantage sur eux; mais Lilith Saintcrow sait ménager ses effets car on en apprend assez peu sur les protagonistes tant elle distille les infos au compte-goutte – j’attends donc la suite en espérant en apprendre plus sur la nature de Mikal, l’histoire de Ludovico ou comprendre la personnalité complexe d’Emma, à la fois femme de son époque et véritable électron libre… D’ailleurs je ne suis pas la seule à être curieuse: Clare a créé un petit tiroir mental pour analyser chacun d’entre eux.
On remarque aussi à la fin de ce premier tome, que tous les personnages, très seuls et un peu « sauvages » au début du récit, finissent par nouer des liens les uns avec les autres, ce qui, personnellement, m’a fait chaud au cœur pour eux.

Bilan: 

 Vous aurez probablement compris que même si j’ai eu un peu de mal à aborder ce récit, j’ai beaucoup aimé l’univers qui nous est offert ici, heureuse combinaison de Magie et de Steampunk dans une époque victorienne délicieusement décrite par l’auteure.
J’attends avec impatience la suite afin d’apprendre à connaître d’avantage ces personnages que j’ai eu plaisir à suivre et à découvrir.

Note globale: 14,5/20

[Lecture] Fille D’Avalon, t.1: Derrière le Voile [Jenna BLACK]

4e de Couverture:

« Quand ma mère s’est pointée à mon récital de chant ivre morte pour la énième fois, j’ai craqué : j’ai décidé de fuguer pour retrouver mon père – un faë très puissant – en Avalon, seul lieu au monde où le commun des mortels et les elfes peuvent cohabiter. Moi qui croyais choisir une vie meilleure, jamais je ne m’étais autant trompée. Mais bien entendu, je l’ai compris trop tard… ».

Informations Pratiques:

  • Volume: 318 pages
  • Editeur : J’ai Lu (27/02/2013)
  • Collection : Darklight
  • Version Papier

L’avis de la croqueuse de livres:

Ce qui m’a attirée dans ce livre, c’est le titre tout d’abord. Avalon. Lieu de mystères et de légendes. Férue de légendes avec un penchant pour les celtes et la table ronde, j’avoue que cela a éveillé ma curiosité. Après j’ai lu le résumé et j’ai vu qu’en plus il y avait des Fae. Outre le fait que j’apprécie ces créatures, j’ai une fâcheuse tendance à me jeter sur les livres les concernant, ça me change des sempiternels vampires.
Ce qui m’a un peu plus effrayée était l’auteure. Jenna Black est aussi à l’origine de la série Morgan Kingsley et si j’avais apprécié son style d’écriture, j’avais vachement moins accroché avec son trip pour le sado-masochisme décomplexé… Ceci dit, puisque l’héroïne de Fille d’Avalon est une toute jeune fille, j’espérais sincèrement que l’auteure se passerait de ce genre de fantaisies…
C’est donc pleine de circonspection que j’ai entamé cette lecture.

L’histoire en elle-même est sans surprise, même assez fade et prévisible. En sus, on a une héroïne assez irritante, un peu candide et complètement cœur d’artichaut qui découvre qu’elle a des pouvoirs hors-du-commun et qui devient la convoitise de pas mal de monde. Des « méchants » lisses et mégalos et certains personnages cumulant les clichés complètent le tableau.

Ceci dit il y a quand même un peu de positif:
– Le concept même d’Avalon: il s’agit d’une enclave dans laquelle le monde des fae et des humains cohabitent sans que l’une des deux ethnies ne puisse passer de l’autre côté. J’ai trouvé l’idée plutôt intéressante, même si à mon sens il aurait pu être intéressant de mieux poser les bases de l’organisation politique et sociale de la cité.
– Certains personnages secondaires semblent prometteurs: notamment Keane, Kimber et Alistair (que je n’ai pas pu m’empêcher d’associer au père de Drago Malfoy pendant toute ma lecture… des fois il ne vaut mieux pas chercher)
– La question de l’alcoolisme est évoquée avec une relative justesse.
– L’auteure a réussi à ne pas tomber dans l’éternel écueil du manichéisme en évoquant la Cour des Lumières et celle des Ténèbres. Elle a aussi posé quelques pistes intéressantes sur les Fae donc j’attends de voir l’exploitation dans les prochains tomes.

Bilan: 

Une lecture qui passe bien mais sans plus. Je n’ai pas été transcendée. J’attends donc de voir si les choses deviennent plus intéressantes dans les prochains tomes car je pense malgré tout qu’il y a du potentiel.

Note globale: 12,5/20

[Lecture] Rebecca Kean t.1: Traquée [Cassandra O’DONNELL]

4e de Couverture:

Nouvelle-Angleterre, Burlington… Pas de délinquance, élue la ville la plus paisible des Etats-Unis, bref, un petit havre de paix pour une sorcière condamnée à mort et bien décidée à vivre discrètement et clandestinement parmi les humains. Malheureusement, en arrivant ici, je me suis vite aperçue que la réalité était tout autre et qu’il y avait plus de démons, de vampires, de loups-garous et autres prédateurs que nulle part ailleurs dans ce foutu pays. Mais ça, évidemment, ce n’est pas le genre de renseignements fournis par l’office de tourisme. Maudit soit-il…

Informations Pratiques:

  • Volume: 473 pages
  • Editeur : J’ai Lu (16/03/2011)
  • Collection : Darknight
  • Version Papier

L’avis de la croqueuse de livres:

Je me suis lancée dans cette lecture pour passer le temps dans le tgv pour un petit voyage à Lille… et je l’ai fini le jour de mon retour… Donc première chose: ce livre coule tout seul.

On se trouve ici dans un univers Urban Fantasy un peu particulier. Six grands groupes d’êtres surnaturels évoluent en secret dans un monde où les humains ignorent leur existence: les sorcières, les Loups-Garous, les Muteurs (ou métamorphes), les Chamans, les vampires et les démons.
Les quatre premiers groupent ont été des centaines d’années durant en guerre contre les vampires et les démons. La guerre a pris fin quelques années auparavant et cela s’est traduit par un traité fragile qui contraint tout ce petit monde à collaborer dans l’intérêt global de la communauté surnaturelle.
Notre héroïne, Rebecca est une Sorcière un peu particulière qui fuit son clan depuis des années avec sa fille de 9 ans. Elle vit caché et tente de se fondre dans la masse en évitant de se mêler aux affaires des êtres surnaturels; la seule qu’elle fréquente est son amie Beth, une louve, bras droit de l’Alpha local, qui lui fait régulièrement office de nounou.
Cependant, par un concours de circonstance, non seulement les chefs des divers clans local apprennent son existence, mais en plus ils font d’elle leur « Ayassim », sorte de super-flic surnaturel chargé de faire maintenir l’ordre sur le territoire, afin de régler une affaire délicate qui implique toutes les classes surnaturelles. Cela va l’amener à utiliser des méthodes musclées et à se frotter à l’hostilité de tous les clans.

Voilà le décor planté. Cela pourrait sembler relativement classique… Ce qui va faire l’originalité de la série, ce sont les personnages.
J’avoue qu’aucun ne m’a laissée indifférente (en bien ou en mal), ce qui est assez rare pour moi.
Rebecca déjà. Déjà, elle est française… ça me parle 😉 – Encuite, elle a gardé des séquelles visibles de sa jeunesse: une éducation violente et spartiate qui lui a laissé un coté impitoyable qu’elle essaye de ne pas laisser prendre le dessus. C’est là tout l’intérêt de ce personnage: elle est loin d’être une gentille créature qui veut sauver le monde. Non. Il s’agit d’une femme puissante, consciente de sa force qui n’a pour seul objectif que de se préserver et de protéger sa fille; et pour ce faire, la fin justifie les moyens. Elle lutte cependant contre ses propres contradiction: refus de s’attacher mais besoin de ne pas être seule, pulsions meurtrières mais scrupules à utiliser la violence. Bref, elle a une personnalité complexe et c’est le cas de presque tous les personnages de ce récit. Tous vivent dans leurs propres paradoxes, oscillant entre leur nature/éducation/devoirs et ce qu’ils veulent être ou paraître. L’auteure évoque aussi avec un certain doigté et justesse la question de la tolérance et des préjugés à travers les tensions et les vieilles rancœurs entre les différents clans.

Au niveau des points négatifs, je n’en voit pas énormément si ce n’est que:
– Rebecca mène une vie monacale depuis 10 ans et tout d’un coup elle se retrouve avec une foule de mâles en rut qui en ont après elle et qui ne la laissent pas indifférente.
– Certains des personnages me semblent un peu trop puissants… j’attends de voir comment l’auteure va gérer ça dans les tomes suivants.

Ainsi, l’auteur a posé ici les bases de plusieurs intrigues concernant le passé des différents personnages et on sent par ailleurs qu’il suffirait de pas grand chose pour que le fragile équilibre entre les communautés ne vole en éclats et qu’une nouvelle guerre explose.

Bilan: 

J’ai été franchement emballée par cette lecture. Ce livre n’est pas à mettre dans toutes les mains (on n’est pas dans un registre qui serait acceptable pour un public mineur je dirais car assez violent et contenant des scènes explicites), mais si vous aimez l’Urban Fantasy et les héroïnes qui n’ont pas froid aux yeux, je ne peux que vous le conseiller.

Note globale: 18/20