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[Lecture] Les voies d’Anubis [Tim POWERS]

Note préalable: J’avais récupéré ce livre en occasion il y a déjà un certain temps et je l’avais mis dans un coin avec le projet de le lire un de ces quatre. Le fait qu’il soit réédité le 26 avril par les Editions Bragelonne dans le cadre de son « Mois du Cuivre » m’a donné envie de le sortir de ma PAL et de m’y attaquer sérieusement.
 

 4e de Couverture:

Lorsque vous êtes écrivain spécialiste de Samuel Coleridge et que l’on vous propose d’assister à une de ses conférences, résisterez-vous bien longtemps ? Et le fait que l’on soit en 1983, près d’un siècle après la mort du poète ne semble pas être un obstacle insurmontable. En effet, un savant anglais a découvert que le temps est un long fleuve sur lequel existent des brèches qu’on peut emprunter, passant de l’une à l’autre quasi instantanément. Brendan Doyle, jeune auteur américain, se retrouve en 1805 dans une Londres victorienne, flamboyante et décadente. Mais alors que son expédition devait passer inaperçue, il est enlevé par un étrange magicien aidé d’une bande de bohémiens. Il se retrouve alors plongé dans un complot à travers les âges qui vise à détruire l’Angleterre et à rétablir la puissance de l’ancienne Égypte.

Informations Pratiques:

  • Volume: 415 pages
  • Editeur : J’ai Lu (01/07/2003)
  • Collection : Science Fiction
  • Version Papier

L’avis de la croqueuse de livres:

Il m’a fallu presque 200 pages (soit la moitié du livre) pour arriver à rentrer dans l’histoire:    Peut-être est-ce dû au fait qu’il ait été écrit en 1983 et que les codes d’écriture de l’époque étaient assez différents de ce que l’on trouve aujourd’hui ou tout simplement n’ai-je plus l’habitude de lire des ouvrages mettant en scène un narrateur omniscient?
Toujours est-il que cela ne remet pas en cause la qualité de l’oeuvre, mais j’ai vraiment eu beaucoup de mal à me plonger pleinement dans l’intrigue, donc au lieu des trois jours habituels pour avaler un ouvrage de 400 pages, j’en ai mis presque quinze.

Une fois passée la barrière de l’écriture, on se rend vite compte que l’histoire est complexe… très complexe. L’auteur nous livre une intrigue où même le détail le plus insignifiant peut avoir une importance capitale dans les pages qui suivront. Pour résumer la chose: il m’a retourné le cerveau. Et j’avoue que j’ai aimé ça (mon petit coté maso sans doute 😉 )
Toujours est-il que si j’ai tout de même réussi à deviner une partie des enchaînements,  beaucoup d’autres me sont restés complètement opaques. Il est plutôt agréable de lire une histoire qui ne soit pas linéaire et qui recèle un certain nombre de surprises. Au début de l’ouvrage, j’avais une flopée de questions qui m’empêchaient de comprendre où l’auteur voulait en venir. A la fin, elles avaient presque toutes trouvé une réponse.
Presque toutes car j’avoue que j’aurais aimé d’avantage de détails sur la magie égyptienne, ses règles et le rôle des dieux dans tout cela. Car au final, cette partie reste assez obscure. Mais bon, je chipote.

Une chose que j’ai particulièrement appréciée: le traitement de la question du voyage temporel et de ses conséquences.
Non pas que je sois une adepte convaincue de la théorie du chaos, mais j’ai toujours un peu peur lorsque je commence un livre/film/série qui traite de cette question car les choses me paraissent souvent incohérentes, si bien qu’au final, je suis frustrée et je grogne contre l’auteur/scénariste qui n’a pas su rendre son histoire rationnelle.
Ici je n’ai eu aucune raison de me plaindre. Tout était bien ficelé, logique, indiscutable.

En ce qui concerne les personnages, j’ai eu à maintes reprises envie de mettre une bonne gifle à Doyle, mais au fil de l’histoire il évolue incontestablement pour devenir nettement moins pleurnichard et irritant. Les personnages de Jacky et Joe Face de Chien m’ont aussi paru fort bien travaillés. En fait, les personnages sont tous tellement complexes que je suis même un peu désappointée de ne pas avoir pu en apprendre d’avantage sur certains d’entre eux.

Bilan: 

Au final, un très bon livre doté d’une intrigue complexe et bien menée. Seul bémol: il est considéré comme l’un des romans fondateurs du Steampunk, or mis à part le fait que l’intrigue se déroule au XIXe siècle,  je n’ai pas retrouvé les codes connus de ce style dans l’ouvrage. Les gens s’attendant à des aéronefs sillonnant les cieux ou autres machines improbables risquent d’être déçus.
Cependant j’en recommande tout de même la lecture, et pour ma part, je pense prochainement m’atteler à la lecture de « Sur des mers plus ignorées » du même auteur. Si l’intrigue est aussi bien menée, cela me garantit le frisson de l’aventure.

Je ne résiste pas à l’envie de vous mettre une image de la superbe couverture concoctée par les éditions Bragelonne:

Note globale: 14/20

[Lecture] Les Chemins de Camelot, Tome 2 : L’honneur de Camelot [Sarah ZETTEL]

 4e de Couverture:

Elen est une jeune guérisseuse et la fille d’un chef gallois.

Elle brûle de venger le massacre des siens perpétré par Urien, l’amant de la sorcière Morgaine. Celle-ci a juré la disparition du clan de la jeune femme afin d’empêcher toute alliance avec son demi-frère, le roi Arthur. Mais Elen n’aura de cesse de réclamer justice. Et elle devra faire appel à tout son courage et à toute sa détermination si elle veut affronter la plus puissante sorcière de l’Île de Bretagne ! Heureusement, la noble demoiselle n’est pas seule: pour l’honneur de Camelot, le chevalier Geraint va voler à son secours !

Informations Pratiques:

  • Poche: 435 pages
  • Editeur : Milady (1er Janvier 2011)
  • Collection : Fantasy
  • Version numérique

L’avis de la croqueuse de livres:

Etant donné que j’ai apprécié le tome 1, j’ai aussi tôt foncé sur le tome 2 de cette quadrilogie.

C’est donc ici le deuxième tome d’une série de 4 livres reprenant tous les légendes de la Table Ronde dont les héros ne sont ni Merlin, ni Arthur ou encore Lancelot, mais les 4 Neveux d’Arthur: Gauvain, Geraint, Gareth et Agravain. Chaque tome reprend l’histoire de l’un des frères.

Ce second tome traite de l’histoire de Geraint. Chevalier un peu effacé par rapport ses deux ainés, Gauvain et Agravain, il est à la recherche de la reconnaissance de ses pairs, considérant qu’il n’a été admis à la table ronde que parce qu’il est le neveu du roi Arthur.

Alors déjà, pour commencer, le résumé correspond moyennement à l’histoire.
En effet Elen est une guérisseuse (sage-femme en fait) et fille d’UNE chef de clan. Ce qui a son importance étant donné que dans la culture de la jeune femme (des peuplades qui ne sont pas encore alliées à Camelot), il n’est pas rare que les femmes soient émancipées et gouvernent, chose parfaitement admise (j’avoue que ça a fait vibrer ma fibre féministe ^_^). Ce qui m’a un peu plus perturbée est sans doute le fait que Morgane est dénommée Morgaine dans ce second tome (sans doute une faute d’attention au niveau de la traduction. Les deux dénominations sont justes, mais j’aurais trouvé plus logique de lui conserver le même nom dans tous les tomes pour ne pas perdre le lecteur).
Désolée par avance des dimensions astronomiques de mon spoiler, mais sur ce livre il est très difficile de parler de l’histoire sans donner des informations clés tellement il y en a tout au fil de l’histoire.

[spoiler] Au début du tome, on voit un forgeron qui passe un pacte avec quelqu’un qui ressemble furieusement à un elfe. Cela se passe quelques siècles avant le récit, mais cela a son importance pour la suite).

A l’époque qui nous intéresse, la mère de la jeune Elen reçoit des émissaires du Roi Arthur qui souhaitent parlementer pour s’allier la tribu qu’elle dirige. Dans cette délégation se trouve le chevalier Geraint, mais si nos deux héros semblent troublés l’un par l’autre, ils n’ont encore aucun contact. 

Urien, chef d’une tribu voisine et amant de Morgane (franchement, je ne vois pas ce qu’une femme aussi puissante peut trouver à un animal pareil, mais bon, passons…), ne voit pas cela d’un bon œil et à peine la délégation d’Arthur partie, il décime la tribu d’Elen. 
Celle-ci en réchappe car cette nuit là, elle était dans l’autre monde en train d’aider la Reine des Elfes à accoucher. Lorsqu’elle revient chez elle, son monde s’est écroulé et elle ne pense plus qu’à une chose: la vengeance. 
En souhaitant aller retrouver Arthur pour lui demander son aide, elle fait la rencontre de Morgane qui sent que la jeune femme a un grand pouvoir. Pour l’empêcher de lui nuire, plutôt que de la tuer (ça aurait été trop simple, hein? ^^) elle lui arrache le cœur et l’abrite dans un faucon. Le destin de la jeune femme est alors désormais étroitement lié à celui de l’oiseau: quiconque possède le faucon peut imposer sa volonté à Elen – et si cette dernière s’éloigne trop du volatile, elle risque de perdre la raison.

Privée de sa liberté, mais faisant encore preuve d’une volonté sans failles, c’est alors qu’Elen fait appel au sang qui coule dans ses veines pour appeler à l’aide Merlin qui est en fait un lointain parent (oui, c’est tiré par les cheveux, j’avoue).

Merlin fait alors part de ce qu’il a appris à Arthur et ses neveux. 
Au passage on a le droit à quelques révélations sur la famille et on apprend aussi que Rhian, héroïne du tome 1 mariée avec Gauvain attend un heureux événement. 

A partir de ce moment là, Geraint décide d’aller à son secours, accompagné de l’opiniâtre Agravain (aussi appelé le « rabat-joie de service »). 

Par un concours de circonstances, Geraint et Elen se retrouvent mariés et parviennent à s’enfuir du joug de Urien, Elen ayant retrouvé une certaine autonomie en devenant maîtresse de son faucon mais devenant au fil des pages aussi sauvage que lui. 
S’en suivent un certain nombre d’aventures et puis arrive la plus grosse partie de l’histoire lorsqu’ils se retrouvent prisonniers d’un allié/ennemi de Morgaine, Le Petit Roi.
J’avoue que du début j’ai trouvé que ce gars n’était pas très net et la suite m’a plutôt donné raison.
L’histoire étant vraiment très complexe donc je ne développerai pas d’avantage, sachez juste que Elen découvrira une partie de l’étendue de ses pouvoirs, qu’elle reverra son ancêtre, et que Geraint fera ses preuves comme chevalier.

A noter au niveau des personnages:
– Elen en lutte avec les instincts prédateurs que lui insuffle le faucon
– Geraint qui craint que sa belle n’apprenne son lien de parenté avec Morgaine et ne lui tourne le dos à cause de cela. -> Cela arrivera en partie. 

Au final, tout est bien qui finit bien: les méchants (Le petit Roi et Urien) meurent, la Grande Méchante (Morgaine) rumine sa future vengeance et les héros (Geraint et Elen) sont sains et sauf et sont mariés pour de bon. 

Par contre on ne sait pas s’il retournent au palais ou s’ils restent dans le village d’Elen pour le reconstruire.. ça manque un peu d’épilogue tout ça…  [/spoiler]

Bilan: 

 Je ne sais pas ce que fume l’auteure, mais ça a l’air d’être assez costaud parce qu’elle part dans des délires parfois (souvent?) assez difficiles à suivre et a réussi à me perdre entre des détails historiographiques ou mythologiques avérés et ses propres inventions. Elle arrive à réinventer l’histoire de la table ronde avec un certain talent, mais cela reste tout de même très particulier et il est clair que tout le monde n’appréciera pas.

Dans ce tome, on voit un peu plus Agravain et j’avoue être assez curieuse de lire le tome qui lui sera consacré pour comprendre pourquoi il est aussi irritant.
A coté de ça, la trame avec Morgane se tisse d’avantage même si on ne voit pas de lien évident avec le premier tome. Ici elle agit beaucoup directement alors que dans le tome 1 elle le faisait via des intermédiaires, aucune trace non plus ici de son fils. Si dans le tome 1 elle était présentée comme une matriarche aimante, dans ce tome ci, c’est une amante impulsive. Au même niveau, je trouve un manque de cohérence dans son caractère. Elle semble beaucoup moins posée et calculatrice que dans le tome1.

Et comme dans le premier tome je regrette le manque d’épilogue vraiment satisfaisant où l’on voit ce qu’il advient des héros. Peut-être quelques bribes à venir dans le tome 3…

Note globale: 13,5/20

 

[Lecture] Les Chemins de Camelot, Tome 1 : L’Ombre de Camelot [Sarah ZETTEL]

Les Chemins de Camelot, Tome 1 : L'Ombre de Camelot

 4e de Couverture:

A dix-neuf ans la belle Rhian est en âge de se marier, mais aucun prétendant ne trouve grâce aux yeux de son père. Pour sauver la vie de sa mère, il l’a promise à un sorcier !

Rhian refuse d’être sacrifiée. Armée de son arc et de son courage, elle prend les rênes de son destin et s’enfuit.

Bien vite le danger surgit sur sa route. Le chevalier Gauvain, filant à bride abattue vers Camelot pour avertir son souverain des menaces de guerre, lui porte secours. Ensemble, ils se lancent à l’aventure pour sauver l’âme de Rhian… et le royaume.

Informations Pratiques:

  • Poche: 408 pages
  • Editeur : Milady (21 Aout 2009)
  • Collection : Fantasy
  • Version numérique

L’avis de la croqueuse de livres:

Je n’aurais jamais eu l’idée d’aller acheter ce livre sans une promotion de Milady sur une partie de sa collection. A cette occasion, j’en ai profité pour acheter une cinquantaine de e-book… inutile de dire que ma PAL est encore plus monstrueuse maintenant. Mais qu’importe. En ce qui concerne ce titre là, je n’ai aucun regret.

C’est ici le premier tome d’une série de 4 livres reprenant tous les légendes de la Table Ronde mais sous un angle assez intéressant. En effet, ici les héros ne sont ni Merlin, ni Arthur ou encore Lancelot, mais les 4 Neveux d’Arthur: Gauvain, Geraint, Gareth et Agravain. Chaque tome reprend l’histoire de l’un des frères.

Ce premier tome concerne Gauvain, qui est probablement le plus connu dans notre culture populaire. Mais il n’est pas seul en tête d’affiche. En effet, Sarah Zettel a visiblement pris le parti de trouver des alter-ego féminins au caractère bien trempé à ces chevaliers de légende.

Ainsi, on retrouve une héroïne qui se conforte aux stéréotypes de son époque (se marier) tout en s’insurgeant contre sa condition (elle refuse d’obéir à son père qui a promis de l’offrir à un sorcier). J’avoue que j’ai bien aimé le personnage de Rhian. Mais Gauvain n’est pas en reste en chevalier qui semble sûr de lui mais cache en fait de profondes blessures.

On découvre aussi les personnages de Agravain (j’ai hâte d’en apprendre d’avantage sur cet austère chevalier) et de Morgane la Fée qui a ici un traitement qui m’intrigue puisqu’elle apparaît comme une souveraine aimée de ses suivants alors que dans la majorité des versions de la légende, elle est un personnage relativement solitaire.

Je trouve la façon dont l’auteure a repris les légendes arthuriennes tout en les mâtinant d’un peu d’Histoire (romaine, byzantine) assez intéressante. Cependant j’aurais aimé quelques chapitres de plus car la fin est un peu brusque. Pas d’épilogue pour savoir ce qu’il advient des personnages principaux et secondaires. Pour ça je suis restée un peu sur ma faim.

Bilan: 

Au final, une histoire agréable qui reprend la mythologie arthurienne de façon intéressante. Le style de l’auteure est sans prétention, mais plutôt plaisant.

Par contre je pense qu’il est bon d’avoir quelques notions d’histoire et sur les chevaliers de la table ronde pour ne pas passer à côté de détails qui ont leur importance.

Note globale: 15/10