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[Lecture] Les Chroniques d’Oakwood: dans l’ombre de la Demoiselle [Marianne STERN]

La Demoiselle d'Oakwood

4e de Couverture:

Oakwood, son église, sa grange abandonnée, ses tavernes, son cimetière. Et ses sorcières, au grand dam des prêtres qui se succèdent sans parvenir à éradiquer les diableries.
Lorsque la nuit tombe, les ombres s’étirent et drapent le hameau d’un manteau de noirceur, laissant à la lune le soin d’épier les plus sombres desseins. Cruelles malédictions et engeances démoniaques arpentent alors librement les rues aux faveurs de l’obscurité ; mieux vaut ne pas s’attarder en-dehors des logis, au risque de rencontrer la Mort au détour d’une bâtisse.
Pourtant, le vieux cimetière attire bien des convoitises… Certains affirmeront avoir aperçu la lueur chétive d’une lanterne au détour d’une tombe, d’autres diront avoir entendu des hurlements déchirants briser la torpeur nocturne. Les plus folles rumeurs circulent au village, mais ses habitants s’accordent à dire qu’il ne se trame rien d’anormal.
Entre spectres, pentacles, corbeaux et cadavres, quelques téméraires se risquent toutefois à des errances en solitaire. L’un en quête de l’être aimé, l’autre animé par une vengeance inassouvie, ou tout simplement, à la recherche du repos éternel. Or tous ignorent que dans l’ombre, la demoiselle d’Oakwood veille…

Informations Pratiques:

  • Volume: 199 pages
  • Editeur : Editions du Chat noir (2 janvier 2013)
  • Collection : Griffe Noire
  • Version électronique

L’avis de la croqueuse de livres:

Après une très mauvaise lecture d’une auteure française que je vous chroniquerai un autre jour (j’attends que ma mauvaise impression décante un peu pour ne pas être trop méchante 🙂 ), ce livre a été une très agréable surprise.

Déjà par quelques choix qu’a fait l’auteure:
– L’histoire se centre sur le bourg d’Oakwood. On ne sait pas où il se trouve exactement, même si divers éléments laissent entrevoir que c’est dans une contrée anglophone, probablement en Europe étant donné que les dates correspondent aux périodes des Grandes Persécutions et de l’Inquisition Espagnole.
– L’ouvrage se présente sous forme de chroniques, à savoir des épisodes de l’histoire de la bourgade qui s’étend sur une période d’une trentaine d’années (de la fin du XVe au premier tiers du XVIe siècle pour les pointilleux 😉 ) dont le fil rouge est un personnage assez charismatique : la Demoiselle d’Oakwood. Une bonne part de l’originalité se trouve dans le fait que les différentes histoires ne se suivent pas chronologiquement (on passe de 1594 à 1620 pour revenir ensuite à 1605) mais il y a une véritable logique là dedans que je vous laisserai découvrir par vous même. C’est un peu déroutant au début, mais dès qu’on a choppé le truc, ça passe beaucoup mieux car les différentes pièces du puzzle finissent par s’emboîter harmonieusement.
– 
Il y a certes une bonne part de fantastique, mais les descriptions et pas mal d’éléments (mœurs, architecture…) sont historiquement bien renseignés (et forcément, ça parle à l’historienne qui sommeille en moi… :p ).

Ensuite, après l’écriture insipide de ma précédente lecture, ces récits ont été un véritable délice pour l’amatrice de belles lettres que je suis. Effectivement, la plume de l’auteure était pour moi aussi agréable à lire que du Pierre Pevel. C’est dire! (Ceux qui me connaissent savent à quel point j’en suis fan… ^^)
Je ne suis pas une grande fan de romans gothiques, j’ai tendance à les trouver un peu trop glauque pour la pauvre petite chose sensible que je suis, mais là, étonnement, ce côté là ne m’a pas dérangée tellement les récits étaient prenants.

En ce qui concerne l’histoire, je ne pourrai vous la détailler sous peine de spoiler une partie des intrigues, donc je m’attacherai plutôt à la trame générale et à certains protagonistes.
Pour la trame, on suit la destinée de la Demoiselle d’Oakwood, de son enfance jusqu’à 10 ans après son trépas. Pour résumer, Oakwood est une bourgade de bonne taille mais où tout le monde se connait plus ou moins et où on avait une certaine propension à crier à la sorcière au moindre aléa climatique ou virus saisonnier. Du coup, ces « braves » gens, et leur prêtre (« légèrement » fanatique) ont pris l’habitude de traquer et brûler des sorcières; en fait le plus souvent des pauvres filles qui avaient juste des mœurs dérangeant ces gens bien pensants, comme dans la réalité historique des Grandes Persécutions en somme.
A côté de cela, il y a « le Cercle ». On a très peu d’informations à son sujet, mais à priori, c’est un coven assez puissant réunissant de vrais sorciers. Dans son adolescence, Lynn, une jeune fille muette persécutée par son père, est pleinement devenue l’une d’entre eux. Depuis lors, elle s’affaire à libérer les âmes maudites par les paroles du prêtre au moment de leur trépas. Ces fameux « maudits » représentent également une bonne part des « personnages » de ces nouvelles.
En parlant des personnages, ils sont souvent torturés car soit psychopathes, soit des victimes innocentes d’une époque qui n’accorde aucune pitié aux « déviants ». Mention spéciale à John le Sanglant qui est clairement un taré abjecte mais qui malgré tout attise en moi une certaine sympathie car on le sent plus ou moins victime de ses pulsions.
Et sinon évidemment, le personnage de Lynn… finalement on la voit peu, on n’en sait pas beaucoup sur elle, mais je ne sais pas, elle a quelque chose, une fragilité qui la rend attachante.
Finalement, la plupart des protagonistes de ces récits sont des victimes. Victimes de leurs passions. Victimes de leurs vices. Victime d’une époque d’intolérance et de violence. Victimes de leur destin.

Bilan: 

 Un petit coup de cœur pour ce livre. Déjà comme dit précédemment, j’ai été enchantée par le style d’écriture. Et l’auteure a parfaitement réussi à me faire plonger dans son univers… au point même qu’elle a généré en moi une certaine frustration… j’aurais tellement aimé en apprendre plus sur Lynn et sur le Cercle… Savoir ce qu’il est advenu de l’âme de Matthew… Connaître le détail des aventures du cavalier sans visage pendant ses 10 années de pérégrinations… bref, pas mal de choses en suspend… heureusement que j’ai une imagination fertile qui me permet de boucher les trous… ^_^

En somme, un livre que je vous recommande si vous cherchez une lecture rapide, dans une ambiance gothique et très bien écrit.

Note globale: 17.5/20

[Lecture] La nuit du solstice : Tome 1 & 2 : Solstice d’hiver – Un coeur indompté [J.L. SMITH]

la-nuit-du-solstice

4e de Couverture:

Selon la légende, il y a bien longtemps, les passages reliant la Terre au Féérie Féerie ont été scellés, éloignant à jamais les humains de ce monde où les contes vivent encore. Seule la magicienne Morgana Shee détient le secret du dernier enchantement qui en ouvre les portes. On raconte que sa résidence est construite sur le dernier passage existant…La maison sur la colline est un lieu étrange. Irrésistiblement attirée par le mystère qui s’en dégage, Claudia implore sa grande sœur, Alys, ainsi que les jumeaux Charles et Janie, de l’y accompagner. Là-bas, grâce à une formule obscure qui leur permet de traverser les miroirs, ils sont transportés dans un autre univers, la Féérie. Féerie, où la magie règne. Un monde où la sorcière Morgana, gardienne des portes, a disparu. Or le solstice d’hiver approche, seul moment d’ouverture du dernier passage. Et maintenant que les portes ne sont plus gardées, le terrible mage noir Cadal prévoit de l’utiliser pour envahir et asservir les humains. Pour l’en empêcher, Claudia, Alys, Charles et Janie vont devoir libérer Morgana, retenue prisonnière par un sombre enchantement. Mais comment retrouver la sorcière protectrice dans ce monde aussi étranger qu’imprévisible? Trouver le passage ou se perdre à jamais…
 

Informations Pratiques:

  • Volume: 488 pages
  • Editeur :  Michel Lafon (21 juin 2012)
  • Collection : /
  • Version papier

L’avis de la croqueuse de livres:

Tout d’abord, désolée de m’être faite un peu rare ces temps-ci… mais j’ai une bonne excuse, depuis quelques semaines je n’arrête pas de courir entre le travail, des oraux de concours et la reprise de mes études. Sans compter qu’avec l’arrivée de l’automne, j’ai une bonne crève qui s’éternise depuis 3 semaines…
Peu de temps pour rédiger des chroniques mais aussi pour lire. Même si j’avoue que le temps que j’ai passé à lire ce livre n’est pas uniquement dû à mon emploi du temps chargé… Effectivement, si j’ai été séduite par la couverture sublime et le 4e de couverture qui me paraissait assez sympa, j’ai eu beaucoup plus de mal à accrocher à cette histoire.

A la base de l’histoire, on fait la connaissance d’une gentille fratrie de 3 soeurs et un frère ayant tous des caractères assez disparates. Suite à un concours de circonstances et à l’intervention d’une renarde, ils découvrent que de l’autre côté d’un passage, ici figuré par une multitude de miroirs, il existe un monde étrange, celui des sorciers et des fées.
Nous les suivrons alors dans leur quête de la sorcière Morgana qui est sensée pouvoir empêcher un méchant sorcier d’envahir notre monde.

Sur le fond j’ai trouvé l’idée intéressante car je suis toujours curieuse de voir comment sont traitées les thématiques relatives aux fées, d’autant plus qu’ici le tout est mâtiné de légendes celtes et arthuriennes dont je suis friande.
Sur la forme je suis plutôt circonspecte. Il y a de bonnes idées, vraiment, mais j’ai la désagréable impression que tout est bâclé, que l’auteur n’explique pas des choses qui devraient l’être et surtout que les personnages sont creux.
Outre les enfants qui sont trop adultes à mon sens, les adultes eux au contraire sont puérils au possible. Les artefacts, tout comme les créatures féériques auraient pu être intéressants s’ils étaient expliqués, à l’instar de l’organisation du monde féérique.
Le personnage de Janie, antipathique mais brillant, est selon moi le plus intéressant… et celui de son jumeau, Charles, le plus inutile. La soeur de Morgana est aussi un personnage qui aurait pu avoir des ressources s’il avait été mieux exploité; là il apparait plus évaporé qu’autre chose.
Seul le personnage de Merlin dans le tome 2 m’a semblé un peu plus abouti que les autres mais je regrette encore une fois de ne pas en avoir su d’avantage et qu’on nous lâche des faits dans plus d’explication.

Pour les points positifs, car il y en a bien quelques uns, j’ai aimé la version de l’auteure de la légende arthurienne, elle est originale et assez cohérente. J’ai trouvé intéressante aussi la façon dont le système de magie est traité avec le système des crosses, je déplore cependant les explications trop lacunaires à ce sujet.

Bref, de bonnes idées, mais largement sous exploitées avec un style d’écriture à mon sens plus que médiocre.
Je n’ai jamais rien lu d’autre de JL Smith, même si j’ai vaguement suivi l’adaptation de ses livres en séries TV (Vampire Diaries et The Secret Circle) et j’ai cru comprendre que la Nuit du Solstice était son premier livre… ceci dit, il y a des premiers romans qui me laissent un goût beaucoup moins amer en bouche.

Bilan: 

 Une lecture longue et difficile que je ne conseille pas malgré quelques bons côtés qui ont été mis au rebut par tous ses défauts.

Note globale: 10/20

[Lecture] Maeve Regan, t.3: La dent Longue [Marika Gallman]

4e de Couverture:

Depuis que je sais qu’il y a un traître parmi nous, ma vie n’a plus rien de facile. Je dois recruter un max de vampires pour constituer ma propre armée afin de combattre celle de mon père, qui a toujours la ferme intention de me tuer pour me voler mes pouvoirs. Rien que ça. Mais c’est une excellente motivation pour parfaire mon apprentissage de la magie, puisque l’heure de la confrontation approche. Tout ça serait déjà bien assez compliqué sans y ajouter mon imbécile de frère, qui essaie de me mettre des bâtons dans les roues. Et le fantôme de mon ancien amant, qui me poursuit. Je crois que je suis en train de devenir folle.

Informations Pratiques:

  • Volume: 476 pages
  • Editeur :  Milady (31 mai 2013)
  • Collection : Bit-Lit
  • Version Papier

L’avis de la croqueuse de livres:

J’avoue que j’avais prévu de lire ce tome 3, trouvant la série plaisante mais sans plus (certains des personnages me tapaient royalement sur le système – vous trouverez mon avis ici), cependant elle n’était pas au sommet de ma PAL. Mais après le teasing de Marika Gallman pour la sortie de la « Dent Longue » et les multiples avis que j’avais lu sur le sujet, j’ai profité de mon envie de faire une petite pause dans mon trip « steampunk et 19e » pour lire quelque chose d’un peu plus actuel.
Si vous n’avez pas lu les deux premiers tomes, passez votre chemin, il y a des références à ces derniers. Les spoils concernant le tome 3 seront cachés au cas où vous ne souhaiteriez pas les voir. 🙂

A la fin du 2e opus, nous avons quitté une Maeve complètement détruite: invasions d’araignées, prise de conscience de la présence d’un traitre dans le groupe, rencontre avec son père… et surtout, à cause de ce dernier, elle a planté un pieu dans le coeur de Lukas…
Mais pas de répit pour les braves. Notre percutante héroïne n’a pas le temps de faire son deuil: elle a une armée à monter, son père à débusquer et un traître à retrouver.
Maeve est ici à la frontière de la folie, prête à sombrer dans la démence à tous les instants. Elle doute d’avoir vraiment tué son amant, après tout, Victor est bien « Le Roi de l’Illusion » non? Et surtout, elle se méfie de tout le monde. Elle voit le traître partout, ne comptant plus que sur elle même et parfaitement consciente que ses divagations pourraient lui être fatales, aussi indestructible semble t-elle être.

Dans ce tome, on sent que le passage à l’action ne va plus tarder. Maeve s’est constitué une armée, se retrouve maître d’un château et doit composer avec un personnage déjà aperçu dans le tome 2 mais qui prend ici une toute autre dimension: Trevor. Elle doit aussi tenter de tirer les vers du nez de son adorable mais néanmoins psychopathe frangin qu’elle garde enfermé dans une geôle, ce dernier ne se montrant pas tout à fait coopératif.
Notre vindicative héroïne va aussi devoir faire face aux fantômes du passé de gens qui lui sont proches et découvrir que sa famille n’est pas aussi réduite qu’elle le pensait.
Je ne vous en dirai pas plus quand à la trame de l’histoire, mais sachez que les personnages ont, à mes yeux, tous gagné en profondeur. Même ceux qui m’agaçaient, notamment Eliot.
Je craignais au départ que l’absence de Lukas ne nuise à l’histoire, mais en fait pas du tout. Un autre personnage a permis de combler ce « manque » sans pour autant remplacer le séduisant vampire: Trévor. Si dans le tome précédent j’avais eu la méchante envie de lui planter un pieux dans le coeur, dans cet opus on apprend à mieux le connaître et j’avoue avoir eu un gros coup de… coeur, justement. Il s’avère en fait être un personnage assez complexe et son attitude lors du tome 2 et le début du 3 apparaît finalement tout à fait légitime.
Et celle qui devient petit à petit mon personnage préféré… Rosita… et pourtant j’ai la phobie des reptiles depuis l’enfance… Elle est forte M. Gallman… très forte…

Pour les petits curieux, quelques spoils:

[spoiler title= »spoiler, ne cliquez pas si vous ne voulez rien savoir… » open= »0″ style= »1″]- Lala sait parler! Sisi je vous jure… ça choque! 😉
– Avant j’aimais bien Lukas… mais c’était avant de lire ce tome… maintenant, j’ai juste envie de l’embrocher… après, connaissant l’affection de l’auteure pour les rebondissements, il est possible que je change encore d’avis par la suite… mais pour le moment je n’ai pas envie que Maeve se remette avec lui… et puis franchement… Trevor quoi… <3
– Barnay, Barnay, Barnay… mon petit… un peu de savoir vivre avec belle-maman ne ferait pas de mal… (mais ceci-dit, perso j’avais supposé depuis un moment que Julian était gay… donc ça ne m’a pas surprise du tout de retrouver la langue de Barney dans sa bouche…)
– L’autre couple qui s’est formé au cours du récit ne m’a pas surprise non plus… cela a été bien amené… ^^
– J’ai trouvé la fin de Victor un peu trop rapide…. du coup je me fais déjà des nœuds au cerveau en me disant qu’il n’est peut-être pas vraiment mort? Après tout il est bien le roi de l’illusion? Raaaaaah @_@
– Je suis triste de voir qui est le traitre… je m’étais prise d’affection pour lui… mais j’ai vraiment hâte de connaître le détail de ses motivations car pour le moment ce n’est pas très clair dans ma tête…[/spoiler]

Je ne peux m’empêcher de prévenir les lecteurs avertis que vous êtes sans doute, que vous aurez probablement besoin d’un tube d’Efferalgan, voir de Prozac pendant et après la lecture de ce tome.
Effectivement, Marika Gallman, qui avait déjà torturé ses lecteurs pendant un mois avant la sortie de l’opus en bombardant un extrait par jour, a visiblement pris un malin plaisir à la perspective de supplicier encore d’avantage ses lecteurs en leur retournant le cerveau comme une crêpe…  et plusieurs fois en plus.
En gros: ne vous attachez pas trop à vos théories, ni même à vos personnages fétiches, les premières seront sans doute erronées et les seconds seront soit morts, soit félons…
C’est aussi ce qui m’a plu (oui, j’avoue que je dois aussi être maso… un peu…), il est rare qu’un livre me surprenne. Souvent, je devine la fin et là… et bien je peux dire que j’ai fini avec la mâchoire sur les genoux.

Mais l’auteure n’est pas seulement sadique, elle a aussi des références (pourries? :p) typiques de sa génération (dont je fais partie vu que nous avons le même âge) qui font que par moment je me bidonne toute seule devant ma tablette… Non mais… Docteur Quinn quoi? Sérieux?

Bilan: 

A mon sens le meilleur des trois tomes de la série pour le moment. Les personnages gagnent de la profondeur, l’intrigue aussi. Si vous étiez sceptiques après la lecture des deux premiers opus, n’hésitez pas à lire celui-ci. Je pense que vous trépignerez ensuite d’impatience pour lire le tome 4 (qui au passage mettra l’adorable Rosita en avant sur la couverture 😉 ).

Note globale: 18/20

[Lecture] Emma Bannon & Archibald Clare, Tome 1 : Le Mystère du drake mécaniste [Lilith SAINTCROW]

4e de Couverture:

Au service de Sa Majesté, du pays… et pour rester en vie Emma Bannon est sorcière au service médico-légal de l’Empire. Sa mission : protéger Archibald Clare, un mentaliste renégat qui travaille dans l’illégalité. Ses pouvoirs de déduction à lui sont légendaires ; quant à elle, sa sorcellerie est plus que puissante. Malheureusement, ils se détestent cordialement… Une nouvelle série de l’auteur best-seller Lilith Saintcrow en hommage à Sherlock Holmes et à Chapeau melon et bottes de cuir, dans une Angleterre victorienne empreinte de magie.

Informations Pratiques:

  • Volume: 416 pages
  • Editeur : Le Livre de Poche (12 juin 2013)
  • Collection : Fantastique
  • Version Papier

L’avis de la croqueuse de livres:

Dès que j’ai lu le résumé, je n’ai plus eu qu’une envie: l’avoir entre les mains, ce livre ayant l’air d’être un savant mélange de fantastique et de steampunk. Dans un premier temps, j’ai eu beaucoup de mal à accrocher au style d’écriture que j’ai trouvé un peu perturbant: mélange de style qui se veut XIXe siècle, narrateur omniscient qui passe d’Emma à Archibald sans crier gare… j’ai mis un moment à m’adapter, surtout que l’univers dans lequel se déroule l’histoire est assez complexe, surtout au niveau de son organisation sociale (classes de mages, types de créatures surnaturelles) et le vocabulaire inventé par l’auteure n’était pas toujours limpide. Gros reproche que je ferai (je ne sais pas si c’est dû à l’éditeur français ou si c’était déjà comme ça dans la VO), certains personnages s’expriment en italien et en allemand, et si je comprends facilement le premier, j’ai plus de mal avec la langue de Goethe. Une traduction en note de bas de page aurait été appréciée.
Ceci dit, vous êtes libres de penser que je chipote ou que mon emploi du temps surchargé de ces dernières semaines commence à me ramollir le cerveau… (ou les deux, je ne vous en voudrai pas 😉 )

Pour ce qui est de l’histoire. Replaçons d’abord le contexte: ce roman est une uchronie qui se déroule au XIXe Siècle dans un Londres alternatif où les machines sont omniprésentes. La capitale britanique devient donc Londinium, capitale d’un empire dirigé par la Reine Victrix (avatar de la Reine Victoria). Cette dernière est habitée, comme tous les souverains qui l’ont précédée, par Britania: l’esprit de la nation qui doit perpétuellement affronter ceux qui veulent lui nuire.
En parallèle, cette société victorienne alternative, comporte un certain nombre de classes sociales plus ou moins inédites:
– Les Mages: classés par différents degrés de compétences qui définissent notamment leur statut social – la crème de la crème étant les Primes/Primas. Chaque Mage pratique une Discipline: Magie blanche, grise ou noire.
– Les Boucliers: des sortes de guerriers chargés de protéger les mages des dangers physiques. Il n’est pas rare qu’un Prime ait une demi-douzaine de boucliers.
– Les Mentah: sorte de supers génies obsédés par la logique et qui deviennent cinglés si leurs cerveaux ne sont pas assez stimulés. Ils supportent assez mal la magie et son illogisme.
– Des créatures fantastiques: Dragons/drakes, Griffons, fantômes…
– Les Altérés: des individus qui ont été « fusionnés » avec des éléments mécaniques par l’intermédiaire de la magie.
J’espère que ce petit « lexique », aussi basique soit-il, pourra vous aider, parce que personnellement j’ai eu un peu de mal à assimiler tout ça. ^_^

Le décor posé, nous faisons la connaissance d’une mystérieuse Prima qui n’a qu’un seul bouclier, Emma Bannon. Elle débarque chez Archibald Clare, un Mentah, afin de le recruter au service de la Couronne: quelqu’un assassine des Mentah, Clare est donc lui même menacé. Par ailleurs, on soupçonne un complot contre la Couronne.
Clare avait été relevé de ses fonctions au service de la Reine, quelques temps auparavant, après une malheureuse erreur commise lors d’une de ses missions, aussi accepte t-il avec joie cette opportunité de s’occuper étant donné qu’il commençait à devenir fou chez lui, faute d’activité stimulante.
Commence alors une série de péripéties rocambolesques qui vont entraîner les deux personnages aussi bien vers des dangers magiques que logiques. Je ne vous en dirai pas plus pour ne pas gâcher la surprise, je préciserai juste que je n’ai pas forcément compris tous les enchaînements ni les tenants et les aboutissants de certaines scènes et parties de l’intrigue tant l’histoire est complexe: chaque élément insignifiant a finalement un sens. Je crois qu’une seconde lecture ne serait pas superflue. 🙂
En tout cas, quelque chose m’a marqué. D’une part, le 4e de couverture ne ment pas: on a bien ici un mélange de Chapeau Melon & Bottes de Cuir et de Sherlock Holmes. Ceci dit, par moment, j’ajouterai quelques éléments et une ambiance qui n’étaient pas sans me rappeler Harry Potter. Mélange des genres assez hétéroclite mais qui fonctionne plutôt bien.

Au niveau des personnages, j’avoue que j’ai été charmée. Nous avons une palette de protagonistes haute en couleurs, aux passés troubles et aux personnalités piquantes.
Fait rare: tous les personnages m’ont interpellée, même les secondaires.
Je ne les détaillerai pas pour ne pas vous spoiler, mais je n’ai qu’une envie, en apprendre d’avantage sur eux; mais Lilith Saintcrow sait ménager ses effets car on en apprend assez peu sur les protagonistes tant elle distille les infos au compte-goutte – j’attends donc la suite en espérant en apprendre plus sur la nature de Mikal, l’histoire de Ludovico ou comprendre la personnalité complexe d’Emma, à la fois femme de son époque et véritable électron libre… D’ailleurs je ne suis pas la seule à être curieuse: Clare a créé un petit tiroir mental pour analyser chacun d’entre eux.
On remarque aussi à la fin de ce premier tome, que tous les personnages, très seuls et un peu « sauvages » au début du récit, finissent par nouer des liens les uns avec les autres, ce qui, personnellement, m’a fait chaud au cœur pour eux.

Bilan: 

 Vous aurez probablement compris que même si j’ai eu un peu de mal à aborder ce récit, j’ai beaucoup aimé l’univers qui nous est offert ici, heureuse combinaison de Magie et de Steampunk dans une époque victorienne délicieusement décrite par l’auteure.
J’attends avec impatience la suite afin d’apprendre à connaître d’avantage ces personnages que j’ai eu plaisir à suivre et à découvrir.

Note globale: 14,5/20

[Lecture] Rebecca Kean t.1: Traquée [Cassandra O’DONNELL]

4e de Couverture:

Nouvelle-Angleterre, Burlington… Pas de délinquance, élue la ville la plus paisible des Etats-Unis, bref, un petit havre de paix pour une sorcière condamnée à mort et bien décidée à vivre discrètement et clandestinement parmi les humains. Malheureusement, en arrivant ici, je me suis vite aperçue que la réalité était tout autre et qu’il y avait plus de démons, de vampires, de loups-garous et autres prédateurs que nulle part ailleurs dans ce foutu pays. Mais ça, évidemment, ce n’est pas le genre de renseignements fournis par l’office de tourisme. Maudit soit-il…

Informations Pratiques:

  • Volume: 473 pages
  • Editeur : J’ai Lu (16/03/2011)
  • Collection : Darknight
  • Version Papier

L’avis de la croqueuse de livres:

Je me suis lancée dans cette lecture pour passer le temps dans le tgv pour un petit voyage à Lille… et je l’ai fini le jour de mon retour… Donc première chose: ce livre coule tout seul.

On se trouve ici dans un univers Urban Fantasy un peu particulier. Six grands groupes d’êtres surnaturels évoluent en secret dans un monde où les humains ignorent leur existence: les sorcières, les Loups-Garous, les Muteurs (ou métamorphes), les Chamans, les vampires et les démons.
Les quatre premiers groupent ont été des centaines d’années durant en guerre contre les vampires et les démons. La guerre a pris fin quelques années auparavant et cela s’est traduit par un traité fragile qui contraint tout ce petit monde à collaborer dans l’intérêt global de la communauté surnaturelle.
Notre héroïne, Rebecca est une Sorcière un peu particulière qui fuit son clan depuis des années avec sa fille de 9 ans. Elle vit caché et tente de se fondre dans la masse en évitant de se mêler aux affaires des êtres surnaturels; la seule qu’elle fréquente est son amie Beth, une louve, bras droit de l’Alpha local, qui lui fait régulièrement office de nounou.
Cependant, par un concours de circonstance, non seulement les chefs des divers clans local apprennent son existence, mais en plus ils font d’elle leur « Ayassim », sorte de super-flic surnaturel chargé de faire maintenir l’ordre sur le territoire, afin de régler une affaire délicate qui implique toutes les classes surnaturelles. Cela va l’amener à utiliser des méthodes musclées et à se frotter à l’hostilité de tous les clans.

Voilà le décor planté. Cela pourrait sembler relativement classique… Ce qui va faire l’originalité de la série, ce sont les personnages.
J’avoue qu’aucun ne m’a laissée indifférente (en bien ou en mal), ce qui est assez rare pour moi.
Rebecca déjà. Déjà, elle est française… ça me parle 😉 – Encuite, elle a gardé des séquelles visibles de sa jeunesse: une éducation violente et spartiate qui lui a laissé un coté impitoyable qu’elle essaye de ne pas laisser prendre le dessus. C’est là tout l’intérêt de ce personnage: elle est loin d’être une gentille créature qui veut sauver le monde. Non. Il s’agit d’une femme puissante, consciente de sa force qui n’a pour seul objectif que de se préserver et de protéger sa fille; et pour ce faire, la fin justifie les moyens. Elle lutte cependant contre ses propres contradiction: refus de s’attacher mais besoin de ne pas être seule, pulsions meurtrières mais scrupules à utiliser la violence. Bref, elle a une personnalité complexe et c’est le cas de presque tous les personnages de ce récit. Tous vivent dans leurs propres paradoxes, oscillant entre leur nature/éducation/devoirs et ce qu’ils veulent être ou paraître. L’auteure évoque aussi avec un certain doigté et justesse la question de la tolérance et des préjugés à travers les tensions et les vieilles rancœurs entre les différents clans.

Au niveau des points négatifs, je n’en voit pas énormément si ce n’est que:
– Rebecca mène une vie monacale depuis 10 ans et tout d’un coup elle se retrouve avec une foule de mâles en rut qui en ont après elle et qui ne la laissent pas indifférente.
– Certains des personnages me semblent un peu trop puissants… j’attends de voir comment l’auteure va gérer ça dans les tomes suivants.

Ainsi, l’auteur a posé ici les bases de plusieurs intrigues concernant le passé des différents personnages et on sent par ailleurs qu’il suffirait de pas grand chose pour que le fragile équilibre entre les communautés ne vole en éclats et qu’une nouvelle guerre explose.

Bilan: 

J’ai été franchement emballée par cette lecture. Ce livre n’est pas à mettre dans toutes les mains (on n’est pas dans un registre qui serait acceptable pour un public mineur je dirais car assez violent et contenant des scènes explicites), mais si vous aimez l’Urban Fantasy et les héroïnes qui n’ont pas froid aux yeux, je ne peux que vous le conseiller.

Note globale: 18/20