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[Lecture] Emma Bannon & Archibald Clare, Tome 1 : Le Mystère du drake mécaniste [Lilith SAINTCROW]

4e de Couverture:

Au service de Sa Majesté, du pays… et pour rester en vie Emma Bannon est sorcière au service médico-légal de l’Empire. Sa mission : protéger Archibald Clare, un mentaliste renégat qui travaille dans l’illégalité. Ses pouvoirs de déduction à lui sont légendaires ; quant à elle, sa sorcellerie est plus que puissante. Malheureusement, ils se détestent cordialement… Une nouvelle série de l’auteur best-seller Lilith Saintcrow en hommage à Sherlock Holmes et à Chapeau melon et bottes de cuir, dans une Angleterre victorienne empreinte de magie.

Informations Pratiques:

  • Volume: 416 pages
  • Editeur : Le Livre de Poche (12 juin 2013)
  • Collection : Fantastique
  • Version Papier

L’avis de la croqueuse de livres:

Dès que j’ai lu le résumé, je n’ai plus eu qu’une envie: l’avoir entre les mains, ce livre ayant l’air d’être un savant mélange de fantastique et de steampunk. Dans un premier temps, j’ai eu beaucoup de mal à accrocher au style d’écriture que j’ai trouvé un peu perturbant: mélange de style qui se veut XIXe siècle, narrateur omniscient qui passe d’Emma à Archibald sans crier gare… j’ai mis un moment à m’adapter, surtout que l’univers dans lequel se déroule l’histoire est assez complexe, surtout au niveau de son organisation sociale (classes de mages, types de créatures surnaturelles) et le vocabulaire inventé par l’auteure n’était pas toujours limpide. Gros reproche que je ferai (je ne sais pas si c’est dû à l’éditeur français ou si c’était déjà comme ça dans la VO), certains personnages s’expriment en italien et en allemand, et si je comprends facilement le premier, j’ai plus de mal avec la langue de Goethe. Une traduction en note de bas de page aurait été appréciée.
Ceci dit, vous êtes libres de penser que je chipote ou que mon emploi du temps surchargé de ces dernières semaines commence à me ramollir le cerveau… (ou les deux, je ne vous en voudrai pas 😉 )

Pour ce qui est de l’histoire. Replaçons d’abord le contexte: ce roman est une uchronie qui se déroule au XIXe Siècle dans un Londres alternatif où les machines sont omniprésentes. La capitale britanique devient donc Londinium, capitale d’un empire dirigé par la Reine Victrix (avatar de la Reine Victoria). Cette dernière est habitée, comme tous les souverains qui l’ont précédée, par Britania: l’esprit de la nation qui doit perpétuellement affronter ceux qui veulent lui nuire.
En parallèle, cette société victorienne alternative, comporte un certain nombre de classes sociales plus ou moins inédites:
– Les Mages: classés par différents degrés de compétences qui définissent notamment leur statut social – la crème de la crème étant les Primes/Primas. Chaque Mage pratique une Discipline: Magie blanche, grise ou noire.
– Les Boucliers: des sortes de guerriers chargés de protéger les mages des dangers physiques. Il n’est pas rare qu’un Prime ait une demi-douzaine de boucliers.
– Les Mentah: sorte de supers génies obsédés par la logique et qui deviennent cinglés si leurs cerveaux ne sont pas assez stimulés. Ils supportent assez mal la magie et son illogisme.
– Des créatures fantastiques: Dragons/drakes, Griffons, fantômes…
– Les Altérés: des individus qui ont été « fusionnés » avec des éléments mécaniques par l’intermédiaire de la magie.
J’espère que ce petit « lexique », aussi basique soit-il, pourra vous aider, parce que personnellement j’ai eu un peu de mal à assimiler tout ça. ^_^

Le décor posé, nous faisons la connaissance d’une mystérieuse Prima qui n’a qu’un seul bouclier, Emma Bannon. Elle débarque chez Archibald Clare, un Mentah, afin de le recruter au service de la Couronne: quelqu’un assassine des Mentah, Clare est donc lui même menacé. Par ailleurs, on soupçonne un complot contre la Couronne.
Clare avait été relevé de ses fonctions au service de la Reine, quelques temps auparavant, après une malheureuse erreur commise lors d’une de ses missions, aussi accepte t-il avec joie cette opportunité de s’occuper étant donné qu’il commençait à devenir fou chez lui, faute d’activité stimulante.
Commence alors une série de péripéties rocambolesques qui vont entraîner les deux personnages aussi bien vers des dangers magiques que logiques. Je ne vous en dirai pas plus pour ne pas gâcher la surprise, je préciserai juste que je n’ai pas forcément compris tous les enchaînements ni les tenants et les aboutissants de certaines scènes et parties de l’intrigue tant l’histoire est complexe: chaque élément insignifiant a finalement un sens. Je crois qu’une seconde lecture ne serait pas superflue. 🙂
En tout cas, quelque chose m’a marqué. D’une part, le 4e de couverture ne ment pas: on a bien ici un mélange de Chapeau Melon & Bottes de Cuir et de Sherlock Holmes. Ceci dit, par moment, j’ajouterai quelques éléments et une ambiance qui n’étaient pas sans me rappeler Harry Potter. Mélange des genres assez hétéroclite mais qui fonctionne plutôt bien.

Au niveau des personnages, j’avoue que j’ai été charmée. Nous avons une palette de protagonistes haute en couleurs, aux passés troubles et aux personnalités piquantes.
Fait rare: tous les personnages m’ont interpellée, même les secondaires.
Je ne les détaillerai pas pour ne pas vous spoiler, mais je n’ai qu’une envie, en apprendre d’avantage sur eux; mais Lilith Saintcrow sait ménager ses effets car on en apprend assez peu sur les protagonistes tant elle distille les infos au compte-goutte – j’attends donc la suite en espérant en apprendre plus sur la nature de Mikal, l’histoire de Ludovico ou comprendre la personnalité complexe d’Emma, à la fois femme de son époque et véritable électron libre… D’ailleurs je ne suis pas la seule à être curieuse: Clare a créé un petit tiroir mental pour analyser chacun d’entre eux.
On remarque aussi à la fin de ce premier tome, que tous les personnages, très seuls et un peu « sauvages » au début du récit, finissent par nouer des liens les uns avec les autres, ce qui, personnellement, m’a fait chaud au cœur pour eux.

Bilan: 

 Vous aurez probablement compris que même si j’ai eu un peu de mal à aborder ce récit, j’ai beaucoup aimé l’univers qui nous est offert ici, heureuse combinaison de Magie et de Steampunk dans une époque victorienne délicieusement décrite par l’auteure.
J’attends avec impatience la suite afin d’apprendre à connaître d’avantage ces personnages que j’ai eu plaisir à suivre et à découvrir.

Note globale: 14,5/20

[Lecture] Les voies d’Anubis [Tim POWERS]

Note préalable: J’avais récupéré ce livre en occasion il y a déjà un certain temps et je l’avais mis dans un coin avec le projet de le lire un de ces quatre. Le fait qu’il soit réédité le 26 avril par les Editions Bragelonne dans le cadre de son « Mois du Cuivre » m’a donné envie de le sortir de ma PAL et de m’y attaquer sérieusement.
 

 4e de Couverture:

Lorsque vous êtes écrivain spécialiste de Samuel Coleridge et que l’on vous propose d’assister à une de ses conférences, résisterez-vous bien longtemps ? Et le fait que l’on soit en 1983, près d’un siècle après la mort du poète ne semble pas être un obstacle insurmontable. En effet, un savant anglais a découvert que le temps est un long fleuve sur lequel existent des brèches qu’on peut emprunter, passant de l’une à l’autre quasi instantanément. Brendan Doyle, jeune auteur américain, se retrouve en 1805 dans une Londres victorienne, flamboyante et décadente. Mais alors que son expédition devait passer inaperçue, il est enlevé par un étrange magicien aidé d’une bande de bohémiens. Il se retrouve alors plongé dans un complot à travers les âges qui vise à détruire l’Angleterre et à rétablir la puissance de l’ancienne Égypte.

Informations Pratiques:

  • Volume: 415 pages
  • Editeur : J’ai Lu (01/07/2003)
  • Collection : Science Fiction
  • Version Papier

L’avis de la croqueuse de livres:

Il m’a fallu presque 200 pages (soit la moitié du livre) pour arriver à rentrer dans l’histoire:    Peut-être est-ce dû au fait qu’il ait été écrit en 1983 et que les codes d’écriture de l’époque étaient assez différents de ce que l’on trouve aujourd’hui ou tout simplement n’ai-je plus l’habitude de lire des ouvrages mettant en scène un narrateur omniscient?
Toujours est-il que cela ne remet pas en cause la qualité de l’oeuvre, mais j’ai vraiment eu beaucoup de mal à me plonger pleinement dans l’intrigue, donc au lieu des trois jours habituels pour avaler un ouvrage de 400 pages, j’en ai mis presque quinze.

Une fois passée la barrière de l’écriture, on se rend vite compte que l’histoire est complexe… très complexe. L’auteur nous livre une intrigue où même le détail le plus insignifiant peut avoir une importance capitale dans les pages qui suivront. Pour résumer la chose: il m’a retourné le cerveau. Et j’avoue que j’ai aimé ça (mon petit coté maso sans doute 😉 )
Toujours est-il que si j’ai tout de même réussi à deviner une partie des enchaînements,  beaucoup d’autres me sont restés complètement opaques. Il est plutôt agréable de lire une histoire qui ne soit pas linéaire et qui recèle un certain nombre de surprises. Au début de l’ouvrage, j’avais une flopée de questions qui m’empêchaient de comprendre où l’auteur voulait en venir. A la fin, elles avaient presque toutes trouvé une réponse.
Presque toutes car j’avoue que j’aurais aimé d’avantage de détails sur la magie égyptienne, ses règles et le rôle des dieux dans tout cela. Car au final, cette partie reste assez obscure. Mais bon, je chipote.

Une chose que j’ai particulièrement appréciée: le traitement de la question du voyage temporel et de ses conséquences.
Non pas que je sois une adepte convaincue de la théorie du chaos, mais j’ai toujours un peu peur lorsque je commence un livre/film/série qui traite de cette question car les choses me paraissent souvent incohérentes, si bien qu’au final, je suis frustrée et je grogne contre l’auteur/scénariste qui n’a pas su rendre son histoire rationnelle.
Ici je n’ai eu aucune raison de me plaindre. Tout était bien ficelé, logique, indiscutable.

En ce qui concerne les personnages, j’ai eu à maintes reprises envie de mettre une bonne gifle à Doyle, mais au fil de l’histoire il évolue incontestablement pour devenir nettement moins pleurnichard et irritant. Les personnages de Jacky et Joe Face de Chien m’ont aussi paru fort bien travaillés. En fait, les personnages sont tous tellement complexes que je suis même un peu désappointée de ne pas avoir pu en apprendre d’avantage sur certains d’entre eux.

Bilan: 

Au final, un très bon livre doté d’une intrigue complexe et bien menée. Seul bémol: il est considéré comme l’un des romans fondateurs du Steampunk, or mis à part le fait que l’intrigue se déroule au XIXe siècle,  je n’ai pas retrouvé les codes connus de ce style dans l’ouvrage. Les gens s’attendant à des aéronefs sillonnant les cieux ou autres machines improbables risquent d’être déçus.
Cependant j’en recommande tout de même la lecture, et pour ma part, je pense prochainement m’atteler à la lecture de « Sur des mers plus ignorées » du même auteur. Si l’intrigue est aussi bien menée, cela me garantit le frisson de l’aventure.

Je ne résiste pas à l’envie de vous mettre une image de la superbe couverture concoctée par les éditions Bragelonne:

Note globale: 14/20