Archives pour l'étiquette XIXe Siècle

[Lecture] Steampunk Chronicles t.1 L’Etrange Pouvoir de Finley Jayne [ Kady CROSS ]

4e de Couverture:

Londres  1897,  âge  des  automates  pensants  et  du  Dr  Jekyll… Finley Jayne, 16 ans, a un sacré problème : depuis quelques mois, deux personnalités opposées cohabitent à l’intérieur d’elle ! Et son côté sombre tout à la fois l’effraie et lui joue des tours. Que lui arrive-t-il ? A qui peut-elle en parler ? Et d’où lui viennent soudain cette force et ces colères extraordinaires ? Une nuit, alors qu’elle vient d’administrer une correction à un jeune lord qui tentait d’abuser d’elle, elle fuit à toute vitesse sur son vélo et… percute de plein fouet Griffin, duc de Greythorne, qui la ramène à son manoir pour la soigner. Cette rencontre va bouleverser sa vie et la lancer dans de folles péripéties : Griffin et son petit groupe d’amis aux pouvoirs prodigieux sont en effet à la recherche du dangereux Machiniste, un inventeur mégalo assisté d’une armée d’automates, qui brigue la couronne d’Angleterre…

Informations Pratiques:

  • Volume: 448 pages
  • Editeur : Editions Harlequin (1 décembre 2012)
  • Collection : Darkiss
  • Version Electronique

L’avis de la croqueuse de livres:

Au vu de mes dernières lectures, vous vous doutez sans doute déjà que je suis dans une phase fantastique sur fond de XIXe siècle et tendances steampunk… Il est donc assez logique que je me sois décidée à commencer cette série qui me faisait de l’oeil depuis déjà un petit moment…

Ce premier opus nous conte l’histoire d’un groupe de jeunes gens aux pouvoirs hors-normes sur fond du Londres du XIXe s (fin XIXe, début XXe pour être exacte).
Le personnage principal, une jeune fille de 16 ans nommée Finley, est en proie, depuis sa puberté, à un dédoublement de personnalité assez préoccupant qui la pousse régulièrement à des accès de violence incontrôlables qui l’ont conduite à sévèrement amocher le fils de ses patrons qui avait tenté d’abuser d’elle.
Elle rencontrera le jeune duc de Greythorne et ses compagnons qui s’avèrent eux aussi avoir des dons extraordinaires.
Finley se retrouvera alors entrainée dans les investigations du petit groupe qui tente de déjouer un complot contre la couronne tout en tentant de s’intégrer à ce dernier, elle qui n’a jamais eu d’amis. Intégration qui ne sera pas facile, mais qui lui permettra également d’en apprendre plus sur ses origines et celles de son mystérieux dédoublement de personnalité.

L’histoire en elle-même est un peu cousue de fil blanc, et la fin est relativement prévisible. Ce qui m’a surtout intéressée dans ce récit ce sont les personnages, mais aussi la façon dont le steampunk est traité, mêlant habilement fantastique, science et les codes de base de ce genre littéraire (machines à vapeur, automates…).
Pour ce qui est des personnages, j’ai apprécié leur psychologie et leurs relations. Ils sont tous sur la sortie de l’adolescence, en proie à une quête d’identité d’autant plus difficile à mener qu’ils sont hors-normes. A cela s’ajoutent les problèmes « classiques » de jeune qui se respecte: les histoires de coeur.
Il y a deux triangles amoureux dans le récit, l’un des deux est un peu fade, mais l’autre est mieux mené (ça tombe bien, c’est celui qui concerne les personnages principaux. 😉 )

Si l’on prend les personnages de façon individuelle, j’ai surtout apprécié Finley, Griffin et Jack.
La première est en lutte perpétuelle contre elle-même, elle ne s’accepte pas et a donc du mal à concevoir que quelqu’un d’autre puisse l’accepter telle qu’elle est ou encore l’apprécier. C’est une jeune fille de classe moyenne, plutôt humble mais avec un caractère bien trempé (surtout sa « face obscure’) qui recherche avant tout des amis et le cas échéant, à protéger ces derniers. J’avoue qu’il est assez facile de d’identifier à Finley qui est à la fois fragile et forte tout en doutant en permanence de tout et de tout le monde. Je me plais à penser que l’analogie à Docteur Jekyll et Mister Hyde, qui est évidente concernant Finley, sert aussi à démontrer à quel point l’adolescence est une période compliquée durant laquelle on ne contrôle pas vraiment (ou très difficilement) ses émotions et que c’est aussi le passage à l’âge adulte qui permet de réunir ces deux « moitié » que nous avons tous eu à un moment ou un autre.
Griffin quand à lui est un jeune homme propulsé au rang de duc suite au décès de ces parents. Cette tragédie l’a profondément marqué et il oscille depuis entre envie de vengeance et nécessité de ne pas se laisser emporter par l’Ether (vous découvrirez cet intéressant concept en lisant le livre 😉 ). Contrairement à ce que son rang lui imposerait, il n’a pas hésiter à se lier d’amitié avec des jeunes gens de plus basse extraction. Griffin est un personnage intéressant dans le sens où il semble porter le poids du monde sur ses épaules, mais gère ça avec une maturité surprenante pour quelqu’un de son âge. Sa relation avec Finley est la seule chose rappelant sa jeunesse.
Et enfin Jack Dandy, le personnage que j’ai préféré, même si son accent m’a arraché les yeux (littéralement). En gros, c’est le badboy de l’histoire. Il répond donc à la plupart des clichés qu’on attend de ce type de personnage: séduisant, charmeur, un petit côté Arsène Lupin et très mystérieux. J’attends avec impatience de voir ce que l’auteur en fera dans les prochains tomes.

Les points négatifs maintenant. Le livre est bourré d’anachronisme au niveau de la façon de se comporter des personnages. Le langage est un peu plus châtié que pour un livre qui se déroulerait à notre époque, mais on est bien loin du respect des convenances inhérent à l’époque victorienne. En sus, le fait que la reine Victoria confie son avenir et celui de l’Empire Britannique tout entier à une bande d’adolescents me semble assez improbable.

Bilan: 

 Oui, l’histoire est un peu convenue. Oui, il y a des fantaisies qui la rendent peut-être inexacte d’un point de vu historique. Mais honnêtement c’est une histoire agréable à lire, avec des personnages attachants et qui, à mon humble avis, a rempli son cahier des charges d’opérer un croisement entre la Ligue des Gentlemen Extraordinaires et X-Men.

Note globale: 17/20

[Lecture] Absynthes & Démons [Ambre DUBOIS]

4e de Couverture:

« Qui est réellement Lord Nermeryl ? Le diable, comme le laisse sous-entendre la rumeur ? Ou un jeune dandy un peu trop excentrique dont le passe-temps morbide est d’enquêter sur des affaires surnaturelles ?

Au fil des énigmes, en compagnie de sa fidèle compagne, la Corneille, le jeune homme goûte la saveur des âmes des êtres humains, découvrant les travers de l’humanité et y apportant sa propre justice… d’une manière bien singulière… »

Informations Pratiques:

  • Volume: 184 pages
  • Editeur : Les Editions du Riez (octobre 2011)
  • Collection : Brumes Etranges
  • Version Electronique

L’avis de la croqueuse de livres:

Cela fait un petit moment que je voulais lire ce recueil… entre la couverture d’Anne-Claire Payet qui est juste magnifique et le résumé qui est plus qu’alléchant, cet opus des Editions Du Riez ne pouvait que me faire saliver d’envie.
Aussi, quand je me suis rendue compte (j’avoue, je suis un peu longue à la détente) qu’il était disponible en version numérique pour une somme modique, je me suis jetée dessus telle une bête sauvage.
Et grand bien m’en a pris!

 Nous avons ici un recueil de 9 nouvelles. Nouvelles qui ont pour personnages principaux Lord Jorian Nermeryl, un dandy étrange qui inspire la crainte à ceux qu’il rencontre, et La Corneille, sombre et singulier volatile qui l’accompagne tant pour l’assister que pour le surveiller.
Lord Nermeryl est un enquêteur d’un genre un peu particulier dont la spécialité est de régler des affaires surnaturelles pour quiconque a reçu sa carte de visite.
Chacune des nouvelles reprend donc une enquête menée par ce binôme insolite, dans une Angleterre du XIXe siècle décrite avec finesse. Chaque texte apporte quelques informations sur le héros et nous conduit subtilement vers le dénouement final du recueil.
Au fil des récits, nous rencontrerons tour à tour fantômes, vampires, fae et anciennes divinités, toujours dans une ambiance à la fois sombre et romantique, mais sans tomber dans le sordide.
Certaines des fins m’ont surprise, d’autres moins, mais toutes étaient appropriées et finalement assez logiques.

En ce qui concerne les personnages, j’ai été séduite par les personnalités de nos deux protagonistes.
Lord Nermeryl, dandy arrogant (terme dont a peut-être un peu abusé l’auteure au fil des pages), désenchanté et en proie à des besoins charnels importants, tant pour soulager son corps que pour nourrir son âme.  Pour les personnes que cela pourrait surprendre, le monsieur est bisexuel et on le voit souvent en compagnie de jeunes éphèbes au cours du récit. Les scènes érotiques sont assez présentes dans chaque texte mais pas vulgaires, tout est décrit avec subtilité et pudeur. Au niveau du tempérament du dandy, j’ai ressenti beaucoup de mélancolie et de souffrance. C’est un personnage à la fois sans pitié, mais pas dénué de morale pour autant, malgré le maître qu’il sert. D’une certaine façon, je l’ai même trouvé plutôt attachant et j’attendais la fin de la dernière nouvelle avec impatience, pour lui.
La Corneille quant à elle recèle quelques surprises. Elle a une relation assez complexe et ambiguë avec Jorian. Elle est, tout au long des récits, tiraillée entre sa mission et les sentiments très humains que le dandy lui inspire. Il était assez cocasse au début de voir un volatile faire des crises de jalousie, telle une maîtresse blessée, à chaque incartade de son compagnon de route, mais on s’y habitue assez vite et au fil des pages, cela apparaît logique et naturel.

Certains des autres protagonistes rencontrés dans les textes sont aussi touchants, torturés, désespérément humain. J’ai aussi aimé ces personnages tout en nuances, complexes, prisonniers de leurs états d’âmes: cette âme apparaissant le plus souvent comme un fardeau que comme une bénédiction. Mention spéciale au fossoyeur de « l’Orgue » et à Lucifer.

Pour ce qui est des enquêtes, je vous laisserai les découvrir, mais sachez que, moi qui ai une grande réticence avec les histoires qui ne se terminent pas en « Happy End », j’ai pourtant beaucoup apprécié ce recueil ou les fins heureuses ne sont pas légion.
La façon dont les textes sont menés, avec un style fluide et maîtrisé de la part de l’auteure, sonne tellement juste et ils sont rédigés avec une telle douceur que même moi, j’ai savouré ces fins souvent cruelles.

Bilan: 

J’avais déjà été charmée par Coeurs de Loups et voici un autre coup de cœur à dédier aux Editions Du Riez qui ne fait que me convaincre de la qualité des textes publiés chez cet éditeur.
Vous aurez compris que je vous conseille mille fois cet ouvrage si les quelques détails mentionnés plus haut ne vous dérangent pas.
Pour ma part, je pense placer un autre roman de Ambre DUBOIS, les Damnés de Dana paru aux Editions du Chat Noir, un peu plus haut dans ma PAL… 

Note globale: 18/20

[Lecture] Emma Bannon & Archibald Clare, Tome 1 : Le Mystère du drake mécaniste [Lilith SAINTCROW]

4e de Couverture:

Au service de Sa Majesté, du pays… et pour rester en vie Emma Bannon est sorcière au service médico-légal de l’Empire. Sa mission : protéger Archibald Clare, un mentaliste renégat qui travaille dans l’illégalité. Ses pouvoirs de déduction à lui sont légendaires ; quant à elle, sa sorcellerie est plus que puissante. Malheureusement, ils se détestent cordialement… Une nouvelle série de l’auteur best-seller Lilith Saintcrow en hommage à Sherlock Holmes et à Chapeau melon et bottes de cuir, dans une Angleterre victorienne empreinte de magie.

Informations Pratiques:

  • Volume: 416 pages
  • Editeur : Le Livre de Poche (12 juin 2013)
  • Collection : Fantastique
  • Version Papier

L’avis de la croqueuse de livres:

Dès que j’ai lu le résumé, je n’ai plus eu qu’une envie: l’avoir entre les mains, ce livre ayant l’air d’être un savant mélange de fantastique et de steampunk. Dans un premier temps, j’ai eu beaucoup de mal à accrocher au style d’écriture que j’ai trouvé un peu perturbant: mélange de style qui se veut XIXe siècle, narrateur omniscient qui passe d’Emma à Archibald sans crier gare… j’ai mis un moment à m’adapter, surtout que l’univers dans lequel se déroule l’histoire est assez complexe, surtout au niveau de son organisation sociale (classes de mages, types de créatures surnaturelles) et le vocabulaire inventé par l’auteure n’était pas toujours limpide. Gros reproche que je ferai (je ne sais pas si c’est dû à l’éditeur français ou si c’était déjà comme ça dans la VO), certains personnages s’expriment en italien et en allemand, et si je comprends facilement le premier, j’ai plus de mal avec la langue de Goethe. Une traduction en note de bas de page aurait été appréciée.
Ceci dit, vous êtes libres de penser que je chipote ou que mon emploi du temps surchargé de ces dernières semaines commence à me ramollir le cerveau… (ou les deux, je ne vous en voudrai pas 😉 )

Pour ce qui est de l’histoire. Replaçons d’abord le contexte: ce roman est une uchronie qui se déroule au XIXe Siècle dans un Londres alternatif où les machines sont omniprésentes. La capitale britanique devient donc Londinium, capitale d’un empire dirigé par la Reine Victrix (avatar de la Reine Victoria). Cette dernière est habitée, comme tous les souverains qui l’ont précédée, par Britania: l’esprit de la nation qui doit perpétuellement affronter ceux qui veulent lui nuire.
En parallèle, cette société victorienne alternative, comporte un certain nombre de classes sociales plus ou moins inédites:
– Les Mages: classés par différents degrés de compétences qui définissent notamment leur statut social – la crème de la crème étant les Primes/Primas. Chaque Mage pratique une Discipline: Magie blanche, grise ou noire.
– Les Boucliers: des sortes de guerriers chargés de protéger les mages des dangers physiques. Il n’est pas rare qu’un Prime ait une demi-douzaine de boucliers.
– Les Mentah: sorte de supers génies obsédés par la logique et qui deviennent cinglés si leurs cerveaux ne sont pas assez stimulés. Ils supportent assez mal la magie et son illogisme.
– Des créatures fantastiques: Dragons/drakes, Griffons, fantômes…
– Les Altérés: des individus qui ont été « fusionnés » avec des éléments mécaniques par l’intermédiaire de la magie.
J’espère que ce petit « lexique », aussi basique soit-il, pourra vous aider, parce que personnellement j’ai eu un peu de mal à assimiler tout ça. ^_^

Le décor posé, nous faisons la connaissance d’une mystérieuse Prima qui n’a qu’un seul bouclier, Emma Bannon. Elle débarque chez Archibald Clare, un Mentah, afin de le recruter au service de la Couronne: quelqu’un assassine des Mentah, Clare est donc lui même menacé. Par ailleurs, on soupçonne un complot contre la Couronne.
Clare avait été relevé de ses fonctions au service de la Reine, quelques temps auparavant, après une malheureuse erreur commise lors d’une de ses missions, aussi accepte t-il avec joie cette opportunité de s’occuper étant donné qu’il commençait à devenir fou chez lui, faute d’activité stimulante.
Commence alors une série de péripéties rocambolesques qui vont entraîner les deux personnages aussi bien vers des dangers magiques que logiques. Je ne vous en dirai pas plus pour ne pas gâcher la surprise, je préciserai juste que je n’ai pas forcément compris tous les enchaînements ni les tenants et les aboutissants de certaines scènes et parties de l’intrigue tant l’histoire est complexe: chaque élément insignifiant a finalement un sens. Je crois qu’une seconde lecture ne serait pas superflue. 🙂
En tout cas, quelque chose m’a marqué. D’une part, le 4e de couverture ne ment pas: on a bien ici un mélange de Chapeau Melon & Bottes de Cuir et de Sherlock Holmes. Ceci dit, par moment, j’ajouterai quelques éléments et une ambiance qui n’étaient pas sans me rappeler Harry Potter. Mélange des genres assez hétéroclite mais qui fonctionne plutôt bien.

Au niveau des personnages, j’avoue que j’ai été charmée. Nous avons une palette de protagonistes haute en couleurs, aux passés troubles et aux personnalités piquantes.
Fait rare: tous les personnages m’ont interpellée, même les secondaires.
Je ne les détaillerai pas pour ne pas vous spoiler, mais je n’ai qu’une envie, en apprendre d’avantage sur eux; mais Lilith Saintcrow sait ménager ses effets car on en apprend assez peu sur les protagonistes tant elle distille les infos au compte-goutte – j’attends donc la suite en espérant en apprendre plus sur la nature de Mikal, l’histoire de Ludovico ou comprendre la personnalité complexe d’Emma, à la fois femme de son époque et véritable électron libre… D’ailleurs je ne suis pas la seule à être curieuse: Clare a créé un petit tiroir mental pour analyser chacun d’entre eux.
On remarque aussi à la fin de ce premier tome, que tous les personnages, très seuls et un peu « sauvages » au début du récit, finissent par nouer des liens les uns avec les autres, ce qui, personnellement, m’a fait chaud au cœur pour eux.

Bilan: 

 Vous aurez probablement compris que même si j’ai eu un peu de mal à aborder ce récit, j’ai beaucoup aimé l’univers qui nous est offert ici, heureuse combinaison de Magie et de Steampunk dans une époque victorienne délicieusement décrite par l’auteure.
J’attends avec impatience la suite afin d’apprendre à connaître d’avantage ces personnages que j’ai eu plaisir à suivre et à découvrir.

Note globale: 14,5/20

[Lecture] Les voies d’Anubis [Tim POWERS]

Note préalable: J’avais récupéré ce livre en occasion il y a déjà un certain temps et je l’avais mis dans un coin avec le projet de le lire un de ces quatre. Le fait qu’il soit réédité le 26 avril par les Editions Bragelonne dans le cadre de son « Mois du Cuivre » m’a donné envie de le sortir de ma PAL et de m’y attaquer sérieusement.
 

 4e de Couverture:

Lorsque vous êtes écrivain spécialiste de Samuel Coleridge et que l’on vous propose d’assister à une de ses conférences, résisterez-vous bien longtemps ? Et le fait que l’on soit en 1983, près d’un siècle après la mort du poète ne semble pas être un obstacle insurmontable. En effet, un savant anglais a découvert que le temps est un long fleuve sur lequel existent des brèches qu’on peut emprunter, passant de l’une à l’autre quasi instantanément. Brendan Doyle, jeune auteur américain, se retrouve en 1805 dans une Londres victorienne, flamboyante et décadente. Mais alors que son expédition devait passer inaperçue, il est enlevé par un étrange magicien aidé d’une bande de bohémiens. Il se retrouve alors plongé dans un complot à travers les âges qui vise à détruire l’Angleterre et à rétablir la puissance de l’ancienne Égypte.

Informations Pratiques:

  • Volume: 415 pages
  • Editeur : J’ai Lu (01/07/2003)
  • Collection : Science Fiction
  • Version Papier

L’avis de la croqueuse de livres:

Il m’a fallu presque 200 pages (soit la moitié du livre) pour arriver à rentrer dans l’histoire:    Peut-être est-ce dû au fait qu’il ait été écrit en 1983 et que les codes d’écriture de l’époque étaient assez différents de ce que l’on trouve aujourd’hui ou tout simplement n’ai-je plus l’habitude de lire des ouvrages mettant en scène un narrateur omniscient?
Toujours est-il que cela ne remet pas en cause la qualité de l’oeuvre, mais j’ai vraiment eu beaucoup de mal à me plonger pleinement dans l’intrigue, donc au lieu des trois jours habituels pour avaler un ouvrage de 400 pages, j’en ai mis presque quinze.

Une fois passée la barrière de l’écriture, on se rend vite compte que l’histoire est complexe… très complexe. L’auteur nous livre une intrigue où même le détail le plus insignifiant peut avoir une importance capitale dans les pages qui suivront. Pour résumer la chose: il m’a retourné le cerveau. Et j’avoue que j’ai aimé ça (mon petit coté maso sans doute 😉 )
Toujours est-il que si j’ai tout de même réussi à deviner une partie des enchaînements,  beaucoup d’autres me sont restés complètement opaques. Il est plutôt agréable de lire une histoire qui ne soit pas linéaire et qui recèle un certain nombre de surprises. Au début de l’ouvrage, j’avais une flopée de questions qui m’empêchaient de comprendre où l’auteur voulait en venir. A la fin, elles avaient presque toutes trouvé une réponse.
Presque toutes car j’avoue que j’aurais aimé d’avantage de détails sur la magie égyptienne, ses règles et le rôle des dieux dans tout cela. Car au final, cette partie reste assez obscure. Mais bon, je chipote.

Une chose que j’ai particulièrement appréciée: le traitement de la question du voyage temporel et de ses conséquences.
Non pas que je sois une adepte convaincue de la théorie du chaos, mais j’ai toujours un peu peur lorsque je commence un livre/film/série qui traite de cette question car les choses me paraissent souvent incohérentes, si bien qu’au final, je suis frustrée et je grogne contre l’auteur/scénariste qui n’a pas su rendre son histoire rationnelle.
Ici je n’ai eu aucune raison de me plaindre. Tout était bien ficelé, logique, indiscutable.

En ce qui concerne les personnages, j’ai eu à maintes reprises envie de mettre une bonne gifle à Doyle, mais au fil de l’histoire il évolue incontestablement pour devenir nettement moins pleurnichard et irritant. Les personnages de Jacky et Joe Face de Chien m’ont aussi paru fort bien travaillés. En fait, les personnages sont tous tellement complexes que je suis même un peu désappointée de ne pas avoir pu en apprendre d’avantage sur certains d’entre eux.

Bilan: 

Au final, un très bon livre doté d’une intrigue complexe et bien menée. Seul bémol: il est considéré comme l’un des romans fondateurs du Steampunk, or mis à part le fait que l’intrigue se déroule au XIXe siècle,  je n’ai pas retrouvé les codes connus de ce style dans l’ouvrage. Les gens s’attendant à des aéronefs sillonnant les cieux ou autres machines improbables risquent d’être déçus.
Cependant j’en recommande tout de même la lecture, et pour ma part, je pense prochainement m’atteler à la lecture de « Sur des mers plus ignorées » du même auteur. Si l’intrigue est aussi bien menée, cela me garantit le frisson de l’aventure.

Je ne résiste pas à l’envie de vous mettre une image de la superbe couverture concoctée par les éditions Bragelonne:

Note globale: 14/20

[Lecture] Les Chroniques des Gardella, tome 1 : Chasseurs de vampires [Colleen GLEASON]

Les Chroniques des Gardella, tome 1 : Chasseurs de vampires

4e de Couverture:

A chaque génération, un membre de la famille Gardella doit assumer la lourde responsabilité de l’héritage familial : cette fois, c’est Victoria Gardella qui devient « Vénatore », chasseuse de vampires. Dans le Londres de l’époque victorienne, la jeune femme se révèle une redoutable adversaire des créatures des ténèbres. Jusqu’au jour où une passion dévastatrice s’en mêle.

Victoria se retrouve écartelée entre son devoir familial et le célibataire le plus en vue de la capitale, le fascinant marquis Philip de Rockley. A l’heure d’affronter le vampire le plus puissant de toute l’Histoire, Victoria va devoir choisir entre son devoir et ses sentiments…

Informations Pratiques:

  • Poche: 410 pages
  • Editeur : City Editions (6 juin 2012)
  • Collection : City poche
  • Version papier

L’avis de la croqueuse de livres:

J’avoue que j’ai été globalement assez déçue par ce livre, tant sur le fond que sur la forme.

Tout d’abord sur la forme:

A mon sens ce livre n’est pas à classer dans la littérature jeunesse (je l’ai trouvé dans le rayon littérature enfant/jeunesse chez Decitre) – même si ce n’est pas omniprésent, il y a tout de même des scènes assez crues qui pourraient choquer les plus jeunes.
L’Editeur a fait un travail excecrable: fautes en pagaille, coquilles, mise en page plus qu’approximative, erreurs de traduction… bref, catastrophique. A plusieurs reprises cela a failli m’empêcher de terminer ce livre… Cela me semble plutôt limite de la part d’un éditeur comme Hachette…

Ensuite au niveau du fond:

L’idée de base est plutôt bonne, notamment le fait que l’action se déroule à l’époque victorienne. Je regrette toutefois les descriptions un peu brouillonne. Au niveau du vocabulaire par contre on remarque de certains efforts. Cependant, je pense que la traduction a sans doute quelques lacunes car il y a de nombreuses redondances au niveau du vocabulaire, ce qui donne parfois des passages un peu lourds.
L’histoire en elle même est assez sympathique. La fin est un peu convenue mais sans doute indispensable pour l’évolution de l’héroine.
Les personnages: je trouve dommage que les personnages n’aient pas été plus travaillés. Il y a aussi des incohérences dans certaines scènes et dans les personnalités même des protagonistes. Comme Victoria qui est tantôt très mature et consciente de sa mission, tantôt futile et inconsistante. Les personnages de Eustacia et Max auraient pu être très intéressants si on en avait su un peu plus. Peut-être est-ce le cas dans les tomes suivant, mais ici on laisse trop de choses en suspend pour donner véritablement envie de lire la suite. On a aussi une différence un peu trop marquée entre ces personnages de l’ombre (le petit groupe des chasseurs de Vampires) et ceux de la haute société anglaise (la mère de Victoria et ses amies sont assez irritantes à la longue…)
Ce que j’aurais aimé: avoir plus de détails sur la communauté des Venatores et qu’on explique d’avantage ce qu’est une Vis Bulla. Je regrette aussi le fait que l’héroine n’ai pas plus de difficulté que cela à affronter des Vampires qui sont sensés être plus puissants que le vampire de base (les Gardiens) alors qu’elle n’a qu’une dizaine de ces créatures sur son tableau de chasse.

Bilan:

Au final, un livre qui se lit plutôt bien, une histoire assez agréable mais sans grande surprise. Je ne suis pas certaine de lire la suite. Surtout par crainte de retrouver un travail d’édition aussi baclé que dans ce tome 1.

Note globale: 12/20